samedi 9 novembre 2013

Ihsahn : Das Seelenbrechen

Il y a des jours, je comprends un tout petit peu le désespoir qui a fauché tant et tant de ceux qui essayèrent de comprendre mes goûts - pourquoi croyez-vous que moi-même je m'en garde bien ? Pas si bête ! Il faut avouer que ce disque-ci a tout pour me passer à trois mille au-dessus - pensez donc : un ex-type d'un groupe de black qui n'a jamais su faire autre chose que de la merde en pâte à tartiner, se met à faire du Opeth... Opeth, j'aime, mais la moitié du temps, grosso modo ; le reste, je déteste. Enfin, je dis Opeth... certains passages kitschouillants rappellent vaguement les penaudes et attendrissantes quasi-pattonneries en jupette grecque de Watershed ; mais on pense plus loin carrément à Foetus, dans le genre shebam-pow-blop-wiz!... avant de tout à coup vriller en piqué dans un morceau de black qui ne pourra guère être affilié qu'à Ordo ab Chao, dans une interprétation forcément plus aristocratique, ou alors évidemment au Shining qui ne joue pas de beumeu ; on songe surtout à toutes sortes d'effleurements inouïs et indicibles, entre plume et électricité virtuose ; une poussée de fièvre symphonique survoltée, et méditative, un genre de Batman tourné par Fritz Lang après un visionnage de Ghost in the Shell, enguirlandé d'électronique guindée et pointillée ; un périple septentrional, dont la neige tantôt tombe douce et mélancolique, en pétales de cerisier, tantôt tourbillonne et mitraille en furie crépitante, en micro-tempêtes chirurgicales de bruit blanc, tantôt se met à remonter vers les nuées, en psaume futuriste ; avant de se poser en silence, pour laisser grincer et cliqueter les osselets de quelque macabre partie mentale. En somme une de ces valses au clair de lune qui ne s'imite ni ne s'oublie.
Alors, par pitié, qu'on ne vienne pas me parler d'un quelconque Canadien demi-chauve, au motif qu'il aurait quoi que ce soit à me dire d'intéressant. Les miracles se définissent par leur singularité.

PS : faites vous une faveur et prenez vous l'édition limitée ; ces deux morceaux d'ambient-glitch anxieux sont bien mieux à la fin de cet album qu'à celle du pompier single.

5 commentaires:

KPM a dit…

C'est pas très gentil pour l'Empereur ça. Et si on ne peut même plus se balader sur des petits blogs perdus sans tomber sur ce foutu nom d'Opeth, c'est bien le signe qu'il faut que j'aille fourrer mes esgourdes dedans. Accompagné de cet Isahn là pour tout saisir évidemment.

gulo gulo a dit…

Watershed et Morningrise, oui, il faut.

rafi a dit…

En effet des airs du "The true Shining", le singe saxophoniste aryen Munkeby joue dedans, et ce n'est pas rien

Sheol a dit…

Pas encore osé l'écouter celui-ci, je suis traumatisé à l'envers par tout ce qu'Ihsahn a commis depuis Prometheus included. Si, réflexion faite, j'ai beaucoup aimé un morceau qui concluait un de ses récents albums avec le saxo traînant et neptunien de Munkeby justement.

gulo gulo a dit…

J'avais beaucoup aimé un seul morceau, sur le blanc à tâche rose, un avec ledit saxo, mais c'était dans le début du disque... Ceci dit, tu dis traînant, j'ai envie de te conseiller d'autant plus le Seelenbrechen, ça languit et ça cotonne à qui mieux-mieux (sans exclure les moments carnivores non plus).