samedi 28 décembre 2013

The Nihilistic Front : Procession to Annihilation

Je l'ai suffisamment claironné : l'album de Primitive Man est un (chouette) disque de hardcore. Vous en avez devant vous aujourd'hui la traduction metal. Comme dans death metal, et dans doom-death metal : du gros, du solide, de l'assez propre et carré même, genre inoxydable et astiqué, cela ne faisant qu'en renforcer l'immonde et toxique inhumanité totalitaire - qui distille déjà ce qu'elle peut trouver de plus gris et impitoyable de l'axe Napalm Death/Fall of Because/Godflesh, délicatement persillée qu'elle est de ce qu'il faut de Bolt Thrower pour se poser avec la nuance d'un colossal pavé, aussi sinistrement carré que du Evoken, de granit sinon de céramite, en méprisante proclamation de la guerre éternelle, qui confirme les ponts, également par moi claironnés, entre Funeralium et Kickback, et laisse ronronner tout l'album durant son moteur au point mort, toujours prêt à vous passer sous ses chenilles, épuisante menace aussi impavide qu'ultra-massive, univoque, uniforme, unimorne. On ne rigole pas de trop, ça non : de ce côté là, le disque s'aligne sans cesser de sourire crânement et odieusement avec tous les albums de power noise martial auxquels son double intitulé intolérant avec tout à commencer par la finesse et toutes les choses qui commencent par ambi-, peut faire association d'idées.
Allez, je vous gâche le suspens : de temps en temps, avec une abominable cruauté pâteuse et méthodique, ça se met aussi rien qu'un peu à sulfater. Juste ce qu'il faut. Humain, trop humain... tu vas prendre cher, avant de t'éteindre comme le cancrelat que tu es.

vendredi 27 décembre 2013

Pop. 1280 : Imps of Perversion

Chose promise, même à demi-mot : chose dûe.
Quid de ce joli petit disque, quelques mois après ? Eh bien justement ça : un joli et fort sympathique au demeurant petit disque de swampgoth, avec pas grand chose d'indispensable, si ce ne sont en son milieu deux sinistres carnages, très probables coupables par ailleurs de l'excès d'enthousiasme d'alors, et où leurs velléités dandy-voyouses s'accouplent pour le pire à un reste de leur affreux goût de vieil Insekt. Ils se nomment "Nailhouse" et "Human Probe II", et la plus grande qualité de l'album derrière ces deux vicieuses raclées est de m'avoir donné envie de refaire tourner The Horror - et de lui avoir ajouté du lustre.

mardi 24 décembre 2013

Ecce 2013

Une nouvelle fois, ils sont nombreux. Sans doute en partie parce que je ne sais les choisir qu'à une seule aune, celle de l'émoi que me procure la musique. Et que je n'envie que modérément ceux qui n'ont que trois places (ou cinq, ou dix) pour des émois de taille honorable, et que ramener le nombre des miens à ces proportions ne pourrait se faire qu'au prix d'absurdes concours de bites musicologiques où, c'est con, je n'entends rien. J'ai donc une nouvelle fois uniquement essayé d'en réduire le nombre dans la mesure où il pouvait être épaissi par mes excès d'enthousiasme, de gentillesse, et diluer le propos.



Ce qui s'appelle une année sexe.

Quant aux MonChéri :

Darkthrone "Leave no Cross Unturned"
Motörhead "Lost Woman Blues"
Oozing Wound "Call your Guy"
Adult. "We Will Rest"
Slava "Girl like Me"
The Horrorist "Starving for You"
Cult of Occult "Opus ad Odio"
Clutch "The Face"
Melvins "Warhead"
Pop. 1280 "Nailhouse"
Tomahawk "South Paw"
Satyricon "Phoenix"
Jex Thoth "Keep your Weeds"
Shining "Terre des Anonymes"


Sans oublier la catégorie intermittente de film de l'année :



Puis une nouvelle récompense, tiens : l'enchaînement de l'année, pour :

Nine Inch Nails "Disappointed/Everything/Satellite".


Et bien entendu, la catégorie fatidique, le vote de confiance, l'incertitude pour décider la part réelle du goût de banane, celle de l'excitation supplémentaire que fait naître le sentiment d'urgence, la catégorie en somme "on devrait cesser d'acheter des disques en octobre-novembre, ça fait trop mal à l'émotion" :


Comme toujours, elle sert surtout à me donner un rataillon de vaine crédibilité.

Et puis comme un réveillon on a pas envie que ça se termine, pas sans une petite tournée des fonds de verre, des fois que quelqu'un ait laissé un peu de chablis,  la pochette de l'année :


Et le disque pas de 2013 de l'année :



mercredi 11 décembre 2013

Cancer Spreading : The Age of Desolation

Bolt Thrower ; certes ; difficile de ne pas le dire, ce nom révéré et plein de pouvoir. Mais alors en une version totalement écorchée à la hachette, de toute la chevalerie des originaux, qui dois-je le rappeler sont anglais - dois-je également rappeler la définition du rugby ? Cancer Spreading sont italiens, on y verra le rapport qu'on peut mais de la machinerie Bolt Thrower ils sont une version dont tous les rivets et autres ajointements métalliques aussi massifs que divers, dégoulinent d'une bave rabique rosie de sang non stop, tels les dents crispées du forcené sur le point d'exploser dont le grincement apoplectique crisse avec la portée d'un larsen particulièrement sauvage. La reprise de "Cenotaph" à l'approche de la fin du disque en devient, non pas tant logique, que limpidement, c'est le cas de le dire, exemplaire : du potentiel machin inutile resucé d'un groupe viscéralement unique, on tire une interprétation viscéralement unique d'un groupe indispensable. Peut-être aussi parce que The Age of Desolation est parfait pour visualiser un concert crust dans l'arrière-salle d'un bar-tabac, avec des mares de sang pour remplacer la bière qui se doit d'y lubrifier le carrelage des débats. Du hardcore de pleine lune préhistorique. Beau comme du Ringworm.



Et j'ai réussi à ne pas être excluant pour les non-lecteurs de Warhammer 40,000.

The Impalers : Self Titled


Je ne sais pas chez vous, mais ici les studs and spikes sont définitivement passés dans le domaine public, moultes jeunes et jolies princesses de mercerie personnalisent à qui mieux mieux bottines, vestes et sacs à main. Les playlists de leurs iPôds m’intriguent… je soupçonne leurs contenus de sérieusement trancher avec l’audacieuse coquetterie vestimentaire de leurs propriétaires… ça me chagrine car enfin, pourquoi ne s’encanailler qu’à moitié ?… alors si l’une de ces victimes de la mode tombe sur ces lignes, je me permets de lui recommander ce skeud (idée shopping !) car oui, j’aime bien rendre service.
Tu aimes les clous ?
Tu aimes les pics ?
Tu aimeras les pieux : ils en veulent à ton fondement et viennent du Texas, les Impalers jouent un D-beat relativement frais, sans à-coups qui fouettent le sang ni rage excessive, après tout, pourquoi se casser l’tronc :  une voie délicieusement pâteuse, une lampée de Motörhead dans la pétroleuse, et ce p’tit solo-là qui tombe, sans faux-pli, juste quand tu l’attends… exactement, perspicace jeune pousse, c’est comme se gaver de croquembouches crème pâtissière avec du cambouis plein les doigts.
Les autres lecteurs éviteront ce disque à cause de titres comme "church bitch" parce que bon, quand on n’est pas joli, faut être poli.

lundi 2 décembre 2013

Hexvessel : No Holier Temple

Arrêtez de le sucer il va fondre : mieux encore qu'à l'impayable dernier disque de Mark Lanegan, la formule s'applique à merveille à l'ensemble de l’œuvre de Khvost depuis que le bon monsieur a décidé qu'il était too cool for school, et trop précieux pour le metal. N'est-il pas finlandais après tout, ou tout comme : n'a-t-il pas son propre bouclard pour esthètes à bouclettes, à Helsinki ?
La chose, tout comme pour tant d'autres, ne me poserait d'ailleurs aucun problème, qu'on n'en doute pas une seconde, l'attitude n'est jamais un problème, jusqu'à ce qu'il manque le reste.
Et en l’occurrence, le brin de voix opalescent de McNerney était assurément parfait pour les disques de metal où il venait se poser - et d'ailleurs ce n'était pas qu'un peu grâce aussi aux qualités, s'il permet, des groupes qu'il honorait de son auguste participation - mais pour le coup, que ce soit dans Hexvessel ou dans Beastmilk, le petit marquis Matthew est allé se frotter à autrement plus forte partie ; devant laquelle son propre art de la mélodie et de l'atmosphère, ainsi dénudé, se recroqueville au gabarit d'un petit talent de faiseur, pas loin d'embarrassant. Le metal, ce n'est pas sale, jeune homme. Laisse le "post-punk" où il est (d'autres jouvenceaux se chargent déjà bien assez d'avilir son nom, et d'autres encore de le faire étinceler plus que jamais), et pour le coup tu seras bon comme le bon pain.

dimanche 1 décembre 2013

Nausea : Extinction The Second Coming

Depuis que le père de son père s’est sédentarisé devant cette église bas-de-plafond aux vitraux rectangulaires, le descendant du chasseur-cueilleur barre en sucette. Embouché à une corne d’abondance virtuelle, à genoux sur le prie-Dieu, un flot à sens unique de fadaises en guirlandes et d’idées bien dressées dévale ses synapses. Peu de rétention, le lait lui pisse des narines, le miel lui dégouline des oreilles. Réceptacle sans réflectivité en proie au jacquadisme, les revendeurs de sophismes dévorent son foie malade. Appauvrissement dans le monde réel, une paire de tong et un sac de riz. Nombril bunkerisé ; alors que l’extinction programmée ronronne ses tâches planifiées de petits disques jaunes bornent ses humeurs de dromeur jovien ; vous avez plus d’amis que vous ne le pensez mais veuillez crever hors de mon réseau social.
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