dimanche 26 janvier 2014

Lie in Ruins : Towards Divine Death

Vous avez des yeux. Vous avez saisi. Il ne sera question que de gris. Mais - la vache !... On croirait que The Nihilistic Front a réussi à passer la troisième ; que Diocletian a décidé de jouer en langage death "popote" son fracas de la tôle et de la guerre totale - mais avec autant d'optimisme, d'allant, de faculté innée à positiver que Bolt Thrower, en résultant les mêmes affreux torrents interminables de boue épique sinistroïde que leurs disciples  templiers de Desolate Shrine. Le truc sans une oncelette d'originalité, et qui vous met une gifle d'une heure de long, bien tassée. En somme un authentique plaisir de gourmet, tel que seul le death metal peut en offrir. Cette dernière phrase peut sembler consister en deux formules toutes faites ; aucune n'en est une : à bon entendeur salut.

jeudi 23 janvier 2014

Evangelista : In Animal Tongue

D'accord, donc c'est sur ce disque-ci que Carla Bozulich se décide enfin à obéir (presque) en continu à l'injonction fameuse entre toutes mais surtout entre moi et moi-même, de "arrête donc voir un peu de pousser des soupirs beatniks si pleins de mystère, t'as une voix déchirante : fais-moi mal".
Fort bien.

lundi 20 janvier 2014

Calvaiire, 18/01/14, Le Black Sheep, Montpellier

...Oui, car quand bien même il faut un début à tout et qu'en l'occurence c'était Stuntman qui pour la première fois ne me passait pas cent mille au-dessus, mais commençait de me titiller l'attention du feeling reptilien à l’œuvre dans ses riffs et de la sauvagerie d'une voix jamais encore si bien entendue - c'est bien Calvaiire qui m'a mis la raclée de la soirée.
Oui, on peut continuer et à juste raison de le dire à la moindre occasion : Calvaiire c'est comme Converge. Juste en mieux. Parce que Converge n'est pas près de rejouer dans des salles de ce gabarit, certes, ni surtout avec une violence artisanale de cette frénésie, maintenant que ces messieurs font dans l'émotion héroïque ; parce que Calvaiire ne fait pas que se concentrer avec un rigorisme (mdrrrr) tout à fait admirable sur le meilleur de Converge à mon sens, à savoir les ébréchures lugubres de You Fail Me et l'immondice macabre de When Forever Comes Crashing : Calvaiire commence déjà également à montrer une très encourageante, sinon maîtrise, du moins belle envie, dans un domaine qu'en France on sait après tout pas trop mal cultiver : le délicieux mariage de la dissonance maladive et de la répétition insane - et puis qu'il ne s'agirait pas d'oublier que, au registre boucherie stroboscopique, ce petit taureau rusé de Matthias n'est pas que fan de Converge, dans la vie : c'est aussi quelqu'un qui sait donner à Robinson l'importance qu'il a, et donc à quelle aune on doit soi-même se mesurer, lorsqu'on est dans cette partie.
Il est pas qu'un peu bien accompagné, aussi, et sous leurs airs juvéniles ses sbires sont pas trop gentils sur le grind.

On me permettra de ne rien dire de Direwolves, ce n'est vraiment pas pour moi (oui, je vieillis, hein ?).

Minsk : With Echoes in the Movement of Stone

Qu'on est bien, loin, très loin de Pachydermie... Minsk réussit à emmener des riffs et des rythmes d'une musique où tout appartient à Neurosis, là où, a-t-on la langue qui démange de dire, Neurosis n'a jamais su les emmener : dans les nuées.
Alors oui mais sauf que The Eye of Every Storm.
Alors nous dirons que ce Minsk lave lesdits altiers paysages de tout sentiment de la mort omniprésente, pour en faire à nouveau des champs d'exploration, de jeu, de griserie, d'enfance.

30,000 Monkies : Somewhere over the Painbow

Le présent mini me donne envie de ressortir pour être sûr (hélas les fichiers de) Mob Wheel, histoire de changer, pour une fois bien méritée, des sempiternelles références à Unsane et 16, dès qu'il est question de sharp-blues ascendant patibulaire. C'est donc déjà très bon signe, dès les premières notes. Surtout lorsqu'on s'avance ainsi sous le couvert d'une pochette pouvant paraître mieux taillée pour à la rigueur Big Business, si on veut rester dans le registre vigoureux - et d'ailleurs on n'en est pas nécessairement loin, puisque tout comme Häshcut, auxquels la désaltérante palette ci-contre me renvoie songer, 30,000 Monkies ne ressentent pas le besoin de se donner des airs patibulaires pour fracturer les crânes par le seul effet de la très haute et réfrigérante teneur en azote de ses riffs tombés du plus raréfié des cieux himalayens, pas davantage qu'un Harvey Milk, tiens, qu'ils comptent aussi dans les rangs de leur famille, avec ces accès de folie imprévisible, somnambulifiant entre élégie lunaire et assommoir à bestiaux - en permanence un pied dans chaque, tout bien considéré, chacun affermissant encore le robuste aplomb de l'autre. On pourrait encore ici glisser une mention de Helms Alee/Harkonen, assurément, pour cette pareillement surnaturelle façon de distribuer le coup de tronc d'arbre avec une fluidité impossible - et d'en faire jaillir de votre crâne comme d'une coquille de noisette ces paresseuses rivières de couleurs désaltérantes et insaisissables... Et c'est assez je pense, de cette salve de noms prestigieux ; on aura compris que ce petit disque n'est pas exactement l’œuvre de n'importe quel petit groupe. On se prend à rêver d'un plus grand, et de pouvoir s'installer chez eux.

vendredi 10 janvier 2014

Stabat Mater : Stabat Mater

Brighter Death Now, Kickback et Pornography. Ce ne sont pas vraiment des références funeral doom qui viennent à l'esprit en écoutant un album de funeral doom au pareillement abominable goût de cendres et de coup de hache dans les dents.
Et l'épouvantable Stabat Mater de Pergolèse, évidemment, dont il ne vole pas l'abondante utilisation qu'il fait, en guise d'apothéose finale à sa barbarie froide comme la pierre qui casse les crânes.

La neige est vraiment pas bonne pour l'organisme, en Finlande.

mercredi 8 janvier 2014

Ignivomous : Contragenesis

Morbid Angel, qui ne sont pas gens à faire deux fois le même disque, n'ont donné qu'un seul Covenant. C'est ennuyeux, néanmoins ; mais heureusement il y a Contragenesis.
A ce point de ressemblance au palais, on peut juger que c'est scandaleux - ça devient du tir de très haute précision, pour viser aussi serré entre le susnommé et The Calling Depths, avec une sécheresse de frappe digne d'Angelcorpse - ou alors décider que faire un faux jumeau au fauve Covenant, c'est déjà carrément pas donné à tout le monde - en sus d'être toujours bien venu. Puis après tout Ignivomous n'a pas seulement un blase qui pète sa mère, il a également été doté d'une pochette bien plus accorte que l'Aîné. En outre, en terrain mormétal, faire penser à une légion Astartes bien précise est toujours bon signe. Excellent album Word Bearer, donc.
En revanche, et malgré un très solennel morceau de conclusion qui sublime les couleurs empyréennes de Contragenesis, il n'y aura toujours qu'un seul "God of Emptiness", et c'est très bien comme ça.

vendredi 3 janvier 2014

The Body : Christs Redeemers

Ce qui arrive quand on a cueilli les mauvais champignons pour la soupe cérémoniale du proche solstice d'hiver : Déchaînement panique et Valhalla uprising ; un chaos tel qu'on en distingue à grand peine le détail, écume grise sur masques de paille, reflets écarlates sur lame sacrificielle, sang noir sur toge blanche, tripes fumantes sur oracle en furie, coulées de flammes vives sur idoles de bois flotté ; et pour le tableau d'ensemble, des entrelacs de chairs dans la masse qui évoque à s'y méprendre l'effigie colossale d'un serpent avalant à pleine goulée sa propre queue.
Au centre de toute cette belle pagaille païenne, le Stonehenge n'est à présent plus qu'un misérable tas de poussière céleste, qui, par l'un ou l'autre souffle divin, s'en va petit à petit recouvrir les cadavres de toute sa poudreuse et blanche soie.