dimanche 11 mai 2014

Eyehategod : Eyehategod

Eyehategod, c'est pas un groupe d'enculés - je vous vois venir, vous allez me dire avec un large sourire de satisfaction que c'est parfaitement hypra-sludge d'être des enculés - c'est un groupe enculé. Eyehategod c'est le Bachelor.
Les mecs tout le monde passe son temps à les pomper, et plus particulièrement dans l'un des sens du terme que je vous laisse deviner, tout le monde passe son temps à essayer d'y être comparé pour une raison ou pour une autre, on ne compte pas le nombre de groupes de NOLA qui font jouer du kazoo ou du triangle à l'autre peintre de Bower sur leur disque parce que il a trop la patte louisianaise au kazoo, quand ils se gourent de routage sur une tournée comme des grosses patates gavées aux cartes de la France diffusées sur Fox News on les pompe encore plus profond comme des dieux du sludge et de la déglingue ; ah pour ça ils sont mauvais garçons hein... Vous savez qui préfère toujours les mauvais garçons et les mufles ? Les gonzesses. Et non mais vous avez déjà lu une interview de Mike Williams ? Vous avez entendu ses judicieuses interventions sur le disque de Correction House ? Quand j'y repense à cet album presque sympathique, je me demande si ce n'est pas ce con-là qui tue dans l’œuf à intervalles suffisants tous les débuts d'affection que la chose, sous ses traits étranges, peut faire naître.
Et tout ça en vertu de quels services rendus ? Les mecs ont sorti un bon album. Un. Sur cinq. Un très bon, c'est entendu, mais c'est pas comme s'ils étaient les seuls non plus à avoir accompli cet exploit. Je veux dire, combien de groupes de bras cassés ont fait germer les espoirs les plus fous avec un premier album d'une indécence extravagante, et ne sont-ils pas passés sans être regrettés plus de six mois par pertes et profits, pour s'être vautrés rapidement comme des grosses merdes sans endurance un an après ? Je veux dire, quel groupe de sludge n'a pas une discographie plus fruitée qu'Eyehategod ? Presque aucun. Et pourtant ils passent pour de gentils Poulidors, les pauvres Crowbar et Grief, les premiers : mais bordel, il faut reprendre vos cahiers de mathématiques du CP, mes bien chers tous. Où avez-vous donc vu que "l'éternel second" est celui qui a plus de la moitié de son œuvre au minimum dans le rayon bueno, le reste au molto bonnardo - et le roi de la discipline celui qui n'a fait jouir qu'une fois dans sa carrière ? Croyez-vous que j'écris ceci en écoutant Eyehategod ? J'écris ceci en écoutant Sever the Wicked Hand, que j'avais snobé à sa sortie parce que je suis autant qu'un autre sujet aux hallucinations collectives si je n'y prends garde - et il est bien meilleur que les quatre cinquièmes de la discographie des autres chèvres.
Vous voulez écouter du sludge ? C'est pourtant pas comme le post-truc, c'est pas le choix qui manque. Écoutez Crowbar, écoutez Grief, écoutez Toadliquor, écoutez Soilent Green, Shallow North Dakota, Seven Sisters of Sleep, Charger, Witchden, Acid Bath, Birds of Prey, Hail!Hornet, Dystopia, Fistula, Okus, Karcavul, Laudanum, Loinen, Potop... Enfin, écoutez surtout Crowbar et Witchden si votre disponibilité est restreinte.
En fait, dans la conception où il n'y a rien de plus sludge qu'être une merde médiocre et satisfaite avec ça, il n'y a aucun mystère à ce qu'Eyehategod soit considéré comme le patron incontesté du sludge, et visiblement pas décidé à céder la place.
Allez, viens tonton Kirk on s'en va ; je te promets d'écouter Symmetry in Black sans désinvolture, et même si ça te fait plaisir je boirai du bourbon avec toi.

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