samedi 31 mai 2014

MayheM : Esoteric Warfare

L'ambiance de bunker et de putsch en gestation en ses boyaux viciés, tout droit débarquée du saisissant Grand Declaration of War et son sous-marin de dégénérés. Les coupures de courant intempestives aux airs de caprices de marcassin austral, branchées sur Ordo ad Chao et sa crypte plus ténébreuse qu'un épisode de Hannibal. La féline musculature de Chimera et ses réflexes redoutables. Le chanteur de De Mysteriis Dom Sathanas et ses égouts qui lui débordent d'âmes effilochées par sa bouche méprisante. Comme qui dirait l'album de la synthèse, ne dirait-on pas ?
Difficile de ne pas le constater. Ceci étant, c'est tout sauf un défaut lorsque c'est bien fait, et l'on se doute que si ça ne l'était pas, ce billet n'en serait probablement pas arrivé à tant de lignes déjà. N'entre probablement pas pour rien à cela le fait qu'il faille y compter un élément nouveau : Teloch, l'homme de Nunfuck Ritual et de Nidingr, avec ses climats ambigus, arachnides, graciles, et les coulis froids qu'ils font croire avoir rêvés dans votre col. Ésotérique ? Pour sûr, quelque chose de crypté se joue dans ces trames pas franches, dans cette tension qui couve, dans ces riffs qui capillarisent partout en chuintant. Quelque chose de glaçant, évidemment, puisque c'est bien là l'adjectif qu'on aurait pu accoler aussi bien à l'un ou l'autre des trois cités plus tôt et à Deathcrush aussi, l'adjectif qui caractérise Mayhem en toutes circonstances - quoique rampant, on le réalise tout à coup, ferait presqu'aussi parfaitement l'affaire ; ce qui caractérise ce cru-ci, en revanche, est probablement que la bête est toujours plus mystérieuse et étrangère malgré des traits que l'on distingue si nettement dans la présente lumière - pas réellement rassurante et chaleureuse, faut dire ; malgré un pouls loin d'être aussi chaotique que ce qui peut se faire ailleurs dans un sous-secteur facilement outrancier d'un style déjà outrancier. Bref, on peut tourner des heures, on ne va pas y arriver : Esoteric Warfare est un disque conspirateur de toutes les manières, et il est aussi agréable et préhensible que les courants d'air dont il est noyauté, et les regards gris qu'ils vous jettent que vous ne pouvez leur rendre.

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