samedi 10 mai 2014

Serpentine Path : Emanations

Lettre ouverte à un ami avec qui je partage plus ou moins un sismo-encéphalographe musical en copro' :

Il est amusant, cher ventricule droit, que tu aies choisi précisément le mot "[toujours aussi] vide" pour qualifier ce disque-ci. Car je le trouve quant à moi justement, ce que n'était assurément pas son prédécesseur, tout plein de choses. Oh, rien que de très logique à ce qu'il contient ; une odeur death carnassière à tomber ; une atmosphère doom de nuit terrible où les étoiles s'alignent ; un vice black particulièrement baveux ; des fantômes urbains irradiés. Rien donc qui ne s'explique, en deux-deux, par l'effectif mobilisé, fait des new-yorkais d'Unearthly Trance, dont je garderai toujours imprimé sur la rétine l'évidence qu'il y avait à voir Pascal Pastore danser un two-step gourmand sur la musique ; de leurs loisirs dans Thralldom ; de leur chanteur qui a plus que fait ses preuves en bestialité sinon dans le reste ; et d'un ex-Ramesses et ElWiz, à qui l'on peut donc placer toute confiance pour les atmosphères cauchemardesques hallucinées, autant que pour une plus que généreuse dose supplémentaire de lycanthropie crassouille. Il reste un ancien Winter, madame, je vous le mets aussi ?
Tout ce qu'en somme il y avait déjà à exploiter dans le premier album, me diras-tu ? Certes ; à l'exception me semble-t-il du ciel rouge peint avec les pots périmés du fond du cagibi de Ramesses. Est-ce cela seul qui suffit à expliquer que l'on pense cette fois à toute une pagaille de choses : Elitist, Xibalba, Lvcifyre, Hell Militia, Craft, The Nihilistic Front... mais surtout Eibon et Bolt Thrower - pendant qu'en écoutant le premier on ne pensait à rien, et surtout pas à Serpentine Path ? Peut-être bien. Cela, et les fugaces poussées de hardcore dégénérescent empâté dedans : les preuves laissées dans le règne du visible, qu'il s'est passé cette fois la chose toute simple qui n'avait pas eu lieu lors d'un premier album emprunté comme peuvent être les premières minutes embarrassées après présentations, serrage des louches respectives et réponses aux "sinon tu fais quoi dans la vie ?" réciproques. Quelques verres ou peu importe quoi plus tard, les rictus obligatoires se sont ramollis et, ce n'était pas gagné mais ça s'est fait, chacun s'est exprimé dans une assez belle séance d'action-painting à plusieurs, y compris du caca et du sang ; comme dans un genre de soirée parallèle à celle du dernier Coffinworm, mais avec ici des litres et des litres de très mauvais vin rouge ; comme en somme ce que je rêve d'entendre et échoue à trouver chaque fois que je réécoute In the Red. Il fallait simplement leur laisser le temps, à ce qu'il apparaît.
Je te laisse donc soin de le prendre pour coaguler, bien cher ventricule d'en face.

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