jeudi 5 juin 2014

Rudimentary Peni : Death Church

Poussez…poussez…allez-y…poussez…allez-y…vous êtes basque, non ?, poussez quand même…voi-…voi-làààà…c’est un garçon, toutes mes félicitations !…c’est bon, coupez le cordon…Rhhhhhhooo, mais qu’est-ce qu’il gueule, insupportable, scotchez-lui la bouche…il est à vous, prenez-le…on vous donne aussi ce p’tit livret, là, vous n’avez qu’à suivre les instructions, rien de bien sorcier, votre mère avait le même. Quant à toi petit, en piste et file droit !
Au cœur d’une forêt-continent, à la clarté d’une gibbeuse bicéphale, le père pète-sec prêche au ceinturon la peur, l'obéissance et le goût du sang. Des yeux-matons aux paupières d’écorce surveillent les homoncules d'argile que son sermon façonne.
L’escadron du blasphème s'est nourrit de la haine du pape aux apophtegmes de poussière.
L’escadron du blasphème tord, rompt, retourne les doigts-procureurs ensuqués de bourbe patriarcale pointés sur lui.
L’escadron du blasphème soulève les pierres scellées du signe de la croix pour en déloger les scolopendres gluantes de bigoterie.

Lorsque tout fut mis à bas et qu’il se dissout chacun se retrouva seul, une pierre à la place du cœur. La douleur doit cesser, elle mange en moi.

Aucun commentaire: