vendredi 6 juin 2014

Vuyvr : Incinerated Gods

Et pourquoi on ne pourrait pas faire, après tout, du true en Suisse : ont-ils pas au moins autant inventé le black là-bas que Venom ? Et ont-ils pas aussi, surtout dans cet équipe-ci, plus que le quota suffisant de savoir-faire emocore pour y mettre le quotient épique requis ?
Tout cela n'est que rhétorique et de peu d'importance : la vraie question vitale (comme la fonction du même nom) qu'on se pose au contact d' Incinerated Gods c'est : et pourquoi après tout on n'écouterait pas un disque de black mélodique ? - et ça c'est pas un petit exploit, on en convient. Même si, évidemment, Incinerated Gods est un peu plus que cela... aussi. Car tout ce qu'il peut amener d'autre, d'étranger dans son negro-spiritual, Vuyvr le fait avec une discrétion presque rageante de nonchalance, dans des queues de morceaux par exemple qu'on aimerait voir durer plus et partir divaguer sans fin programmée ; mais non : tout cela est fait sans insister, sans désir particulier d'être vu - un peu comme chez Elizabeth, tenez, pour une coïncidence... Et du coup, la teneur en âpre feu hardcore qui me manquait cruellement sur Eiskalt (qui va bien entendu être minutieusement réécouté très prochainement), je la trouve ici sans pour autant que c'en fasse, d'Incinerated Gods, un disque moins fervent et sincère en metal que ne l'était ledit prédécesseur.
Wolves in the Throne Room avec des couilles (râpeuses) au cul et pas grand chose dans sa gamelle ? Oui, et puis une basse aussi feulante qu'efflanquée, et surtout une toute nouvelle fluidité dans la foulée qui est simplement irrésistible.
Tandis que - attention spoiler et prolepse - Eiskalt est un chemin de croix engourdi, et qui est en train de m'humilier à retardement - un de plus, mais c'est toujours avec joie - avec sa douloureuse beauté trébuchante sur ses orteils en glace pilée... N'allons pas plus loin, on tâchera d'y revenir.

Aucun commentaire: