mercredi 23 juillet 2014

Got A Girl : I love you, but I must drive off this cliff now

Danny Nakamura revient avec une nouvelle souris. Le premier qui prononce les mots Lana Del Rey sort sans autorisation de retour. En revanche on est un peu obligé, même si on est pas aveugle et qu'on a bien compris que c'était ni le même film ni la suite, de comparer avec Music to make love to your old lady by, d'autant que la parenté de timbre est frappante sur le morceau d'ouverture. Après, elle l'est moins - et de prime abord ce n'est pas de bon augure.
Parce qu'on ne peut s'empêcher de penser à Jenny, et qu'à côté elle est bien mimi Mary Elizabeth mais elle a un peu beaucoup le genre Anne-Cécile... Et puis, peu à peu, vous comprenez ce qu'une mélodie peut avoir qui porte à la qualifier de suggestive ; les siennes suggèrent d'autres plus anciennes inscrites au patrimoine inconscient, ou peut-être d'autres qu'elles auraient pu être mais que leur naturelle réserve et modestie les retient d'être... et le reste de ce qu'on peut suggérer, bien entendu. Elle finit par vous avoir, la garce timide et diaphane avec ses écharpes molles et ses volutes de mousseline partout qui en font comme un nuage de lait, comme un salopard de voile de buée sur la vitre d'un train dans laquelle on s'esquinte les yeux à la distinguer. Car aussi sûr que dans le film de Bond dont Lovage était le scénario, le fauve sexuel qui sévissait et maraudait dans les couloirs de l'Orient Express était Jennifer bien plutôt que Mike, dans celui de Got A Girl Mary Elizabeth est quant à elle la chose vulnérable pâmée dans le compartiment couchette, petit animal qui halète et pantèle de crainte et de désir de se dérober à la façon de ses timides lignes de chant aussi fermes que de la crème chantilly... ou bien est-ce vraiment le cas ? Est-elle tellement moins prédatrice que l'autre, la fourbe fleur carnivore écroulée sur sa fragile tige ? Le sens-tu pas, le tragique qui grimpe au fil du disque tel un ignoble lierre qui t'étouffe, le venin hitchcockien pas loin d'être aussi pénétrant que, pour rester entre films de mantes religieuses tropéziennes aux haleines bouffées de concupiscence, dans A Bird on a Poire ? Regarde comme bientot débarque Maître Patton en personne, par le vertige alléché. As-tu vraiment cru que le mordant spirituel du titre était une forme de blague ? As-tu cru que tu n'étais pas dans la voiture, impuissant sur le siège passager ? Le comprends-tu, à présent qu'un morceau avant la fin le masque lâche, et qu'une minute durant tu entends comme elle se rit de toi aux éclats, te rappelant avec horreur que la porcelaine peut aussi se briser, et couper sévèrement ? avant d'une ultime fois te caresser à même le nerf avec sa plume sans poids ?
Salope.

1 commentaire:

JJ a dit…

tentant... le Dan, ce qui me dépaisait je crois sur music to était ses interférences, qui cassaient -dans mon souvenir- la moiteur du précédent en sonnant aussi parasite qu'une radio allumée sur france inter pendant une partie fine...en ésperant qu'il sonne moins hip-hop sur celui-ci, donc...