jeudi 17 juillet 2014

Monarch! : Sabbracadaver

Si l'on a eu tendance à survoler ou croiser les derniers disques de Monarch! avec quelque chose qui tenait de l'usure et la désinvolture des vieux couples, le changement que l'on constatera sur Sabbracadaver peut frapper rien qu'un peu.
Ainsi donc, Monarch! aujourd'hui joue Profound Lore, Monarch! joue metal... Bon. Monarch! reste surtout Monarch! quel que soit le chemin qu'ils aient choisi de prendre, et c'est avec la crudité qui leur est propre que résonnent dans un fracas contondant qui froisse le ciel hivernal ces riffs funeral si étonnants, pensivement patriciens qu'ils sont, de prime abord, c'est avec leur impudeur et leur insolence punk que chuintent les murmures d'Eurogirl qu'on commence par trouver plus pro dans le registre si codifié et pro par définition de la sirène fatale... au commencement. Et vous pouvez en dire autant pour les cris de hyène.
Non, Monarch! est toujours un groupe qui sent son insistant bouquet de sueur et de hardcore, même dans les brumes de Nouvelle Angleterre qu'on peut croire y voir se lever, ou bien avoir rêvées. Non, Monarch! n'est pas près de plaire au vrai métalleux du doom ; à la rigueur au fan de Hellhammer ou Darkthrone qui est prêt à entendre son metal de la bête des âges farouches joué par une manière d'étrange orchestre de chambre en redingotes fatiguées et enrubannées de toiles d'araignées : on voit si le specimen est répandu...
Nonobstant ces considérations finalement évidentes - on n'a finalement pas tant changé que cela, puisque déjà "Winter Bride" évoquait Darkthrone la nuit de Noël - l'émerveillement qui est à cueillir ici tel le fruit délicieux qu'il est, c'est que cette façon non pareille de jouer les choses a le don - c'est un peu logique aussi - de restaurer une dose massive et directe d'émotion émotionnante et secouante - ainsi qu'on fait des pruniers ou dans une collision - dans un genre autrement si compassé et obséquieux - lequel du reste l'infuse bien un peu en retour de sa part d'emphatique émotion frissonnante, ce crust-drone de sauvageons... Le jeu des deux, sac, ressac... on fait plus que le deviner déjà : c'est beau. Splendide même. Les cauchemars sont toujours là, et l'enfantine naïveté de même, et , miracle, ils se marient comme s'ils étaient faits pour à ce digne fatalisme stoïque digne de Warning. Monarch! est devenu une vrai horde, Monarch! sillonne le globe et rencontre les grands noms et les grandes personnes - et Monarch! continue de les interpeller  par sa seule existence, par sa candeur brute, et les mettre impudemment à l'amende par paquets de douze.
De toutes les manières, il n'y a que les cons pour abandonner leur couple au seul ridicule motif qu'il est vieux, alors que c'est quand justement il prend en profondeur. Ou les gens pressés, mais en principe ceux-là n'écoutent pas Monarch!.

Aucun commentaire: