samedi 2 août 2014

Chelsea Wolfe, 31/07/2014, Limbus Patrum

Après une entrée sur scène dos tourné des plus furtives, Wolfe alterne des brides de chant éthéré sur deux microphones. Elle est blême, semble sous l’emprise d’une drogue puissante ou s’extraire d’un sommeil profond. Décalages, échos, surimpressions et autres effets de voix accouchent d'une electro heavenly qui ne décolle malheureusement pas. C'est lorsqu'elle se saisit d’une guitare que le concert devient enfin digeste. Plante au feuillage pourpre, poupée maltraitée, girafe trébuchante, albatros cher à Charles : sous des dehors d’abandon, de renoncement, elle impose sans subterfuges une musique hypotendue, douleur fantôme de membre amputé. Plombée par une entièreté embarrassante, une inadéquation manifeste, elle pourrait se liquéfier sur place et ses vêtements choir à sa suite qu’on ne serait guère étonné. 
Toc-toc-toc, est-ce l'amour qui frappe à ma porte ? Presque : malgré un univers trop hermétiquement féminin, fuyant, dématérialisé et asexuel, Wolfe est bien plus qu’une énième icône go-goth pour jeunes filles en fleur.

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