vendredi 1 août 2014

Wreck of the Hesperus : The Sunken Treshold

Ah, la sempiternelle et acrobatique question du sludge : est-ce que ça doit labourer/décaper/ratatiner/whatever/papier de verre -la gueule, ou bien est-ce que la vraie essence du sludge c'est trop la louse, la merde et l'impuissance pathétique à tout prix ? Les étiquettes n'appartenant qu'au temps de bâton de parole de celui qui est au bout (du bâton), pour aujourd'hui le sludge ce sera ce disque de Wreck of the Hesperus.
Qui m'offre à personnellement moi-même la meilleure définition temporaire et en accord avec elle-même de la chose : cette allure générale du type qui tient tout juste en équilibre sur une jambe déchiquetée par un florilège de maladies vénériennes, qui vous agonit de menaces grimaçantes de toutes sortes de sévices et corrections, lesquelles il n'arrivera assurément pas à mettre à exécution, mais dont vous pouvez être désagréablement sûr par avance que dans la distance où il faudra vous en rapprocher pour lui mettre son inéluctable branlée, il va nécessairement vous mordre et vous griffer et vous refiler l'un ou l'autre ou plusieurs de ses infectieux hôtes, au gré d'une quelconque méchante coupure vicieusement située et malaisée à cicatriser. Voilà le sludge ; tel du moins et c'est parfaitement suffisant au bonheur présent, que Wreck of the Hesperus y redonne la béate foi dedans (jusqu'à la prochaine fois qu'on s'écoutera un des deux premiers Weedeater, par exemple, et que de nouveau on jurera ses grands dieux que Madeleine est revenue et que le sludge c'est le bien-être du clochard à chapeau de paille) ; et tel en même temps qu'il en donne une partition légèrement différente ici de la définition qu'il semble en proposer : la version louse rurale profonde ; la version misère totale, sociale comme génétique, d'un fin fond de cambrousse anglaise (irlandaise, on s'en fout) humidifiée à longueur de longues journées par la pluie acide, mais pas autant qu'elle est rongée par les vieilles histoires à faire peur à la veillée qui s'attachent comme une vieille chtouille à la mare sordide là-bas derrière son bois communal.

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