samedi 20 septembre 2014

Code Orange : I am King

Blackened, blackened, blackened on vous dit. Aujourd'hui, tout doit être plus blackened que le café d'Olivier Marchal, le péplum et les superhéros comme le hardcore.
Voyez : Même Limp Bizkit s'y est mis.

vendredi 19 septembre 2014

Ministry : Twelve Inch Singles 1981-1984 (expanded edition)

En fait la trajectoire de Ministry, c'est l'histoire d'une longue mais sûre chute ; un vrai film de De Palma ; une sorte de leçon pour les jeunes cœurs intrépides, sur ce qui leur pend au nez s'il leur prend la témérité de s'écarter du saint chemin de la new-wave ; toujours plus bas : aucune horreur ne sera abîme trop profond pour les y voir perdus corps et âmes...

Bien ; j'imagine que pour la compilation Twelve Inch Singles, je devais être un des rares pimpins à ne pas encore être dans la confidence (et je compte à ce propos poursuivre One Love en justice, pour avoir failli grièvement à son devoir), mais pour ce qui est de cette édition augmentée d'un second disque : que voulez-vous dire, par cet "Unreleased" que je lis partout ? Attendez : vous voulez dire que vous avez là facile une nouvelle fournée de morceaux à ajouter au panthéon de Ministry, y inclus un morceau de vigilante-wave mitigé Stranglers nommé "Overkill", une fournée qui si elle avait été rassemblée sur un long avec lesdits singles aurait établi avec l'autre fameux album les bases terrifiantes d'un groupe faramineux - et ils n'ont jamais été édités ?
Non Stop Erotic Cabaret, Seventeen Seconds, Oomph!, Gashed Senses & Crossifre, We Care a Lot, Scarface, tout était là, au creux de sa main, et... From Beer to Eternity, quoi.

mercredi 17 septembre 2014

The Deathtrip : Deep Drone Master

On peut dire qu'on l'aura attendu. Le retour d'Aldrahn sur autre chose que des démos introuvables et inécoutables. Ce qui fait déjà, si mes comptes sont exacts, un bon paquet de raisons de s'attendre à du spectaculaire - y compris justement le fait que lesdites démos étaient spectaculairement crues, hermétiques et érémitiques. Ça en fait suffisamment d'être déçu de ne pas en trouver, de spectaculaire. Au moins la première fois.
Parce que quand bien même il s'agit de toute évidence de true black norvégien rigoureux et concentré sur l'atmosphère, il s'agit de tout de même pas n'importe quel Norvégien. Aldrahn : l'atmosphère-même aura du mal à se retenir de l'être, spectaculaire ; spectaculairement expressive, plus précisément. Le riffeur, un cochon d'Anglais mais après tout on sait comment Nouveau Gloaming au hasard sonnait plus astralement norvégien que bien des Norvégiens natifs, Host donc pour le nommer n'y est probablement pas pour rien, dans ce tableau saisissant, lupin, âpre, boréal, ce rêve chamanique aux couleurs de western sistersofmercien et de traque tragique dans la toundra enneigée, sous le soleil glacial et la lune graveleuse du Grand Nord du pays de l'esprit - si c'est trop mystique pour vous, vous n'avez qu'à vous figurer Transilvanian Hunger, Void et Unravel habitant la même famélique enveloppe corporelle.
C'en serait presque à se poser des questions journalistiques sur le processus de composition, devant la miraculeuse osmose entre ces riffs et cette voix - dont vous pouvez me croire qu'elle vous fait bien vite oublier la semi-déception obligatoire, et trompeuse, de ne pas trouver ici de décadentes descentes à la 666 Intl. - pareillement efflanquées et bien garnies en longs crocs avides, et qui pareillement vous découpent en exquises tranches de Parme ; c'en serait presque à dire mal gré qu'on en ait des méchancetés flutées au sujet d'Ekpyrosis ou Azrael Rising, dieu sait pourtant s'ils me sont chers, mais dans le genre froid qui broie les poumons c'est le niveau où l'on se situe ici, à cette différence qu'Ekpyrosis scrute le sol depuis l'altitude du rapace ; tandis que The Deathtrip, le nez au ras du sol dans sa course affamée, se grise et se nourrit de l'odeur du sang, comme l'on fait d'un bourgogne.
Eh oui, on était bien sot de croire qu'on pourrait écouter un récital d'Aldrahn, même le plus respectueux des anciennes traditions, et échapper à l'ivresse rouge, à ses vertiges, à ses sauvages et rabelaisiennes embardées, à Das Ich, et à tous les autres tours de cet ogre au charme ravageur qui fait des outrances d'un tango ivre et de la sévérité ritualisée d'un kata de sabre une seule et même cérémonielle choserie. Alors on s'incline bien bas et on savoure en toute servilité heureuse sa joie de voir Monsieur revenu, en bredouillant des formules d'adoration où la saison de norge spiritual peut reprendre, l'astre majeur ayant fait sa réapparition au firmament, gothique as fuck et true as hell, et autres fadaises trébuchantes et grelottantes.

mardi 16 septembre 2014

Moodie Black : Nausea

Ne fais pas comme bibi. Ne pense pas gros homme noir maussade, cafard, breakbeats, guitares déchiquetées, grondements industriels : doublon de Dälek. Récolte directement ici le bénéfice de son écoute ravisée. Pense : The Klinik. Pense Skinny Puppy et Download ; et Converter, aussi ; si tu dois absolument penser à quelque chose ; imagine même Winter in the Belly of Bigg Jus Finding Candace ; le disque se chargera de te faire tout oublier.
Parce que Moodie Black tient pour sûr mieux que dignement sa place au milieu des Dälek, des Octavius et des Rubberoom, avec son flow désincarné et dur à la fois, son timbre de cendres, ses reflets de cold wave et de mercure, ses échos de western minéral, sa pochette qui ne rappelle pas pour des nèfles The Downward Spiral, ses lichens et ses délicates larmes d'acide...
Parce que si vous y tenez, Nausea ne serait peut-être pas là sans Absence et Audio Noir, mais il est là, et maintenant qu'il est devant vous il n'a pas cette dominante hip-hop qu'ont Dälek, ni cette dominante electronica qu'a Octavius : il n'est rien de véritablement déjà connu pour tout dire. Moodie Black est un extra-terrestre, la dimension inquiétante y compris. Et la dimension départ.
Alors, vraiment, si vous devez penser à quelque chose, pensez The Klinik ; ne fût-ce que pour prévoir la vigilance en conséquence.

lundi 15 septembre 2014

Cocksure : TVMALSV

Je me devais de me le payer ; pour le principe. Parce que Chris Connelly, sauf son respect, je l'attendais patiemment mais sûrement, il vient bien sagement compléter la triplette magique des petits malins suffisants qui méprisent avec effarement ceux qui les ont aimé, avant de retourner leur veste de la plus foireuse des manières.
Justin K. Broadrick a déclaré voici quelques années qu'il ne pourrait plus faire du Godflesh, qu'il avait grandi, eu un enfant, déménagé à la campagne, tout ça, m'voyez, et qu'il ne pourrait plus se mettre dans cet état de rage adolescente si approximative et insatisfaisante créativement parlant. Michael Gira a déclaré qu'il faisait désormais de la musique joyeuse, mais lui s'exprime, le rusé, d'une façon suffisamment sibylline pour qu'on ne puisse jamais le prendre en flagrant délit de propos programmatique et explicite. Et Chris Connelly répondait à la question de savoir s'il envisageait de rejouer pour Revolting Cocks, qu'il avait le même embarras à écouter ses disques avec eux qu'on en éprouve à regarder ses photos d'ado looké, coupes de cheveux improbables et t-shirts grotesques à l'avenant. Monsieur aime Scott Walker et Bowie par-dessus tout, voyez vous ? Tous trois sont mêmement confus et désolés pour nous autres primates qui continuons à barboter dans la soupe primordiale de leurs balbutiements musicaux, lorsqu'ils étaient eux aussi des avortons cérébraux ; mais ils ne peuvent rien pour nous, ils ne sont plus capables de redevenir idiots.
Aujourd'hui, Justin a reformé Godflesh (déclarant au passage que c'était dans son ADN, nananinana, arrête tout de suite Ju, Gad Elmaleh a déjà eu le job), Michael Gira joue religieux, concassant et martelé ses morceaux de Devandra Banhart danois lorsqu'il est devant ses nouvellement nombreux fans ; et Chris Connelly joue de l'electronic body music fourmillante et foutraque-machin, television the drug of a nation, tout ça. Attention : avec un mec de Acumen Nation - excusez-moi pendant que je m'étouffe de rire. Chacun son tour pour la pitié, pas vrai Chris ?

Je devrais me le payer en beauté. Obligé. Mais pour cela il faudrait que je parvienne à écouter le disque et à lâcher le bouton avance rapide. Et puis je n'ai pas de survêtement en polyester pour le faire dans de bonnes conditions.

Pédé, va.

vendredi 12 septembre 2014

Barbarian Swords : Hunting Rats

A défaut de Dune, il semblerait qu'Alejandro Jororowsky ait pondu un petit film assez libre sur les songeries du Baron Vladimir Harkonnen. Et que ce soit Skitliv qui ait décroché la bande-son.

samedi 6 septembre 2014

Whitehorse : 2007-2012

Chacun pour soi, j'imagine, mais dans un genre musical à ce point intoxiqué à Neurosis, trouver, horriblement vivants, un bout de vrai Neurosis tout sanguinolent - en l'occurrence cet impossible alliage d'animalité et de rituel - ça colle toujours (façon de parler, vu la fréquence) un frisson violent. D'autant qu'il est vraiment heureux pour Neurosis qu'ils soient aussi indiscutablement les aînés de l'histoire, sans quoi ils seraient restés le groupe qui fait du Whitehorse en plus hominidé. Et Diocletian aussi peuvent s'estimer veinards, que Whitehorse attire plutôt les gens qui aiment leur musique lente.