lundi 15 septembre 2014

Cocksure : TVMALSV

Je me devais de me le payer ; pour le principe. Parce que Chris Connelly, sauf son respect, je l'attendais patiemment mais sûrement, il vient bien sagement compléter la triplette magique des petits malins suffisants qui méprisent avec effarement ceux qui les ont aimé, avant de retourner leur veste de la plus foireuse des manières.
Justin K. Broadrick a déclaré voici quelques années qu'il ne pourrait plus faire du Godflesh, qu'il avait grandi, eu un enfant, déménagé à la campagne, tout ça, m'voyez, et qu'il ne pourrait plus se mettre dans cet état de rage adolescente si approximative et insatisfaisante créativement parlant. Michael Gira a déclaré qu'il faisait désormais de la musique joyeuse, mais lui s'exprime, le rusé, d'une façon suffisamment sibylline pour qu'on ne puisse jamais le prendre en flagrant délit de propos programmatique et explicite. Et Chris Connelly répondait à la question de savoir s'il envisageait de rejouer pour Revolting Cocks, qu'il avait le même embarras à écouter ses disques avec eux qu'on en éprouve à regarder ses photos d'ado looké, coupes de cheveux improbables et t-shirts grotesques à l'avenant. Monsieur aime Scott Walker et Bowie par-dessus tout, voyez vous ? Tous trois sont mêmement confus et désolés pour nous autres primates qui continuons à barboter dans la soupe primordiale de leurs balbutiements musicaux, lorsqu'ils étaient eux aussi des avortons cérébraux ; mais ils ne peuvent rien pour nous, ils ne sont plus capables de redevenir idiots.
Aujourd'hui, Justin a reformé Godflesh (déclarant au passage que c'était dans son ADN, nananinana, arrête tout de suite Ju, Gad Elmaleh a déjà eu le job), Michael Gira joue religieux, concassant et martelé ses morceaux de Devandra Banhart danois lorsqu'il est devant ses nouvellement nombreux fans ; et Chris Connelly joue de l'electronic body music fourmillante et foutraque-machin, television the drug of a nation, tout ça. Attention : avec un mec de Acumen Nation - excusez-moi pendant que je m'étouffe de rire. Chacun son tour pour la pitié, pas vrai Chris ?

Je devrais me le payer en beauté. Obligé. Mais pour cela il faudrait que je parvienne à écouter le disque et à lâcher le bouton avance rapide. Et puis je n'ai pas de survêtement en polyester pour le faire dans de bonnes conditions.

Pédé, va.