jeudi 30 octobre 2014

Art 238 : Atavism

Damien Luce est un homme qui aime Red Harvest : cela se voit lorsqu'on le côtoie numériquement, et cela s'entend lorsqu'on se penche dans Art 238, car ce n'est pas là chose dont il se cache ou se défende - et pour quoi faire d'abord ? Damien Luce est un homme qui aime Red Harvest d'amour vrai ; ou bien, pour le dire de manière moins figurée, pourrait-on utiliser le terme peut-être d'engouement, et d'enthousiasme, en tous les cas un qui ne suggère pas le si navrant rapport de fanatisme ou d'obédience qui tient le plus souvent lieu de celui d'influence artistique.
Le rôle du pédagogue étant de répéter, on le répètera : comme encore récemment démontré par Process of Guilt, la priorité à se donner lorsqu'on veut parler aux gens sensibles n'est pas de trompetter et tambouriner une personnalité à tout prix non pareille, comme chacun de nous au pu le faire à la poussée de ses premiers poils au menton et au moment où de sa vie il aura eu les plus grotesques moyens vocaux à sa disposition, pour exprimer des certitudes vigoureuses et guère moins bouffonnes ; c'est perte d'énergie, et se vouer à de sévères lendemains qui déchantent dans la honte.
La priorité est de s'exprimer tel qu'on est vraiment ; ni plus, ni moins. Et Damien Luce aime également la science-fiction ; c'est l'évidence à l'entendre comme Art 238 évoque ce qu'il y a de commun entre Red Harvest, donc, et Darkspace - il aime aussi - ou plutôt, puisque pour ma part je n'aime pas tant, leur meilleure part à savoir Sun of the Blind, dont on sait de quelles dantesques visions SF elle est synonyme, et du coup on est obligé de se rappeler que la compilation de son label (Cold Dark Matter.. quand on vous dit qu'il a le goût sûr), à paraître prochainement, pratique la référence ouverte à Dune et plus spécifiquement la Maison Harkonnen. Ce qui, pour boucler en toute pédagogie son propos, atteste en soi plus que suffisamment à quel point l'homme est réceptif à ce qui fait Red Harvest, et donc très bien placé pour conduire un projetqui en développe le propos interrompu et l'idiome ; voire l'air de rien de donner sa version d'un qui marie Godflesh et beumeu pour un toujours-mieux-disant inhumain.
Parler du disque ? Mais n'est-ce pas ce que je viens de faire ? Si vous voulez de la spéculation : je gage que Monsieur doit également, en voilà du non-vérifié, doit aimer Napalm Death, et pouvoir prêter une oreille favorable aux arguments selon lesquels Shane Embury pourrait en faire un groupe bien plus indus et grandiose et terrifiant, s'il s'en donnait la peine... Damien, lui, mériterait de se donner une plus longue durée pour y dérouler tout son univers, aussi présent, vivifiant et attachant malgré, ou grâce à, son absence de tremolos, de poses tragiques et de grands moyens sans guère de fin, que, pour rester dans le cinéma SF et la spéculation risquée quant aux goûts de l'auteur, la série des Riddick.

Aucun commentaire: