dimanche 5 octobre 2014

Reverorum Ib Malacht : De Mysteriis Dom Christii

On pourrait - on devrait même, j'imagine - commencer ce billet sur la précision que Reverorum Ib Malacht sont chrétiens. On le fera, du reste, ne serait-ce que par la gourmandise de ce que cela permet de les apparenter à Huysmans et Barbey d'Aurevilly, ces auteurs chrétiens auxquels l’Église demandait de faire moins publicité de leur foi, embarrassée qu'elle était de leurs façons sulfureuses de la démontrer et propager.
Mais on entend un peu trop relever ce fait à propos du groupe par supposé sensationnalisme, rapport à une appartenance à la famille black metal qui, si vous voulez mon avis, est au final tout aussi putative ; malgré les apostrophes patentes du titre, et de l'illustration concomitante. Car enfin : où sont les guitares ? Il y en a peut-être, hein, ne venez pas me répondre en commentaires, je m'en tape, et s'il y en a c'est encore plus merveilleux tant on ne les reconnaît pas, dans le genre même les pires ignominies de Blut aus Nord sont enterrées - et l'on sait à quel point MoRT par exemple peut susciter de rixes au sujet de son appartenance ou pas à la famille panda, justement. Le black metal commence-t-il avec le blast ? A la rigueur, on peut qualifier ce disque de death industrial blasté - puisque Cold Meat Industry dans le temps a réservé le terme de black industrial aux ogresques MZ. 412, dont on est loin ici au demeurant. Et puis, rapport à ce qu'on disait tantôt... white industrial ? White comme peut l'être la ouate sous-marine de Lurker of Chalice, certes, comme la neige sale du Nom de la Rose, et ses tout aussi sales marmottements malédicteurs de moines déments ; white comme pourrait l'être du Raison d'Être en bonne voix de décomposition, à force de somnoler tout nu l'hiver dans les cimetières, ou du Kriegsmaschine exorcisé de son insanité par la technique odontologique de la dévitalisation. Aussi blanc en somme que peut l'être cette pochette que vous voyez là, et qui figure bien comment ce disque peut vous inonder de sueurs gluantes et gelées, tout en vous y faisant nager ainsi que dans de la soie. Ce qui s'appelle entrer - très physiquement - en religion, peut-être.

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