dimanche 26 octobre 2014

Zumba 4tet : Zumba 4tet

Les disques (Nooumena, Bild...) que m'envoie le type de Heart in Mouth ont un point commun, entre eux et avec Heart in Mouth : ce sont, plus que maints autres, du cinéma pour les oreilles, et pour l'imaginaire.
Celui de Zumba 4tet, de film, parle de la fête foraine ; la belle affaire : c'est indiqué à peu près clairement dedans. Oui mais il a beau voir l'apparition en son mitan de l'être humain, après avoir commencé dans la nuit, la fermeture, et le chuintement des machines au rancard qui y houspille le silence - l'on ne s'y sent certes pas tout à fait à son aise ni en sûreté - ni tout simplement en son habituel centre, lorsqu'on est être humain, dedans ; ni ne se sent rassuré pour les congénères à soi que l'on y voit baguenauder innocemment, une fois la foire ouverte, et semble voir à travers le brouillard rouilleux d'une étrange conscience de ruche, toute en poutrelles malignes, poulies grincheuses, toiles défraîchies et câbles acariâtres.
Car Zumba 4tet est un film à la première personne ; en perspective subjective, même ; mais le personnage central, auquel on est forcé si non de s'identifier du moins de confier ses perceptions des choses, est la fête foraine. Et la fête foraine semble rien moins qu'amène, envers nous autres. C'est dans les grincements amers de son esprit rumineur et rancunier que l'on est pris tel la mouche dans la toile d'araignée, collante comme est l'attente impuissante du triste sort qui constitue votre plus probable perspective, et qui finalement serait moins odieux que cette attente même, et son labyrinthe de gamberge bilieuse, qui s'aigrit encore tandis que le tintamarre grandit en fracas, et en menace chargée d'inhumain sarcasme mécanique capable des pires supplices... Suspens qu'évidemment Zumba 4tet ne résout pas, puisqu'un film pour les oreilles se porte beaucoup mieux de n'avoir pas de synopsis trop rigoureusement découpé, et encore moins de conclusion, dans tout le triste univoque de la chose. L'onirisme, tout comme la peur, en sont restés intacts à la sortie, tout comme vous-même d'ailleurs, indemne ; prêts pour le badaud suivant - vous peut-être, si vous avez le cœur d'y tenter à nouveau votre chance et vos nerfs. Un tour de manège, mon bon monsieur ?

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