samedi 8 novembre 2014

Atriarch vs The House of Capricorn

Oakland's finest contre Southern gothic : bigre, le match pour le titre d'album grouft-chic de l'année s'annonce fournaise.
On me signale que je n'ai pas encore parlé ici de The House of Capricorn, et c'est un tort. Comment vous dire toute l'affection que je voue à ce groupe qui s'enfonce toujours plus dans l'abîme éclatant de clarté... Southern gothic, que dire d'autre en vérité ? Southern car ils n'habitent pas qu'au sud du monde, mais à celui du paradis aussi bien, et en sont les desperados ; gothic car comment s'appelle, autrement, cet art de flamboyer indécemment sur les plaines célestes de l'épopée, flamberge noirâtre indécemment au vent, et pourtant de jamais descendre des hauteurs escarpées d'une morgue à couper les gorges sur le tranchant de son ton acerbe autant qu'austère ? Pour ce qui est de placer le gospel qui manque à la définition de leur art, quant à moi j'y renonce, c'est là que le grand style commence. Où limpide et terrassant ne sont pas contradictoires.
Quant à Atriarch... L'enfant prodige d'Oakland, est-on démangé de dire, ne fût-ce que pour saluer à sa juste valeur groupe qui pareillement révèle ce qu'il y a de corbeau en latence dans le génotype des vieilles carnes de Neurosis ; puis la bestialité vocale triplice desdits y mugit anarchiquement au fil de morceaux où résonnent aussi bien les brames altiers d'Asunder que les déchirants kaddish de The Gault, tandis que plane la silhouette vocale parcheminée de ce cher vieux Gavin Friday - oui, il n'est pas d'Oakland, mais à ce compte-là John McEntee non plus, pourtant c'est bien la majesté bestiale d'Incantation que l'on croit entendre se rire de nous rocailleusement, çà et là... Ni, découvré-je à l'instant sous vos yeux consternés, Atriarch eux-mêmes. J'ai eu la berlue depuis le début à ce qu'il semblerait, ébloui par leur captation de l'esprit de la côte de là-bas dès Forever the End, au point de ne pas réussir une seule fois à lire correctement le nom de Portland, mais ce coup entre tous c'est tout bonnement un baise-l'esprit, que de tenter de se dire qu'ils n'en sont pas, de ce rivage dernier et salé du monde, perchés comme des vautours vénérablement galeux au bord de l'abîme - le revoilou et c'est bien normal, car An Unending Pathway est bel et bien le jumeau séparé à la naissance de Morning Star Rise, tous deux aussi authentiquement surtubesques que faussement simples, tout en drapés d'airain à la roideur archi-classique, et tout piquetés et d'une vertigineuse dentelle de rouille et de ruine lorsqu'on s'y penche de plus près, richement, artistement grignotés par une baroque vermine.
Match il n'y aura donc pas, à dieu ne plaise. Je prends tout, merci.

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