lundi 29 décembre 2014

Primordial : Where Greater Men Have Fallen

Pourquoi repiquer à Primordial, lorsqu'on est sûr qu'on connaît son Averill par cœur, et que les riffs épiques tourbillonnants vous épuisent rien que de vous y préparer ? Mais, voyons, parce qu'y a-t-il photo, entre devoir se fader les lunettes trois dé et les scènes qui leur obéissent le petit doigt sur la couture jusque chez Tolkien, et un album qui n'a besoin d'aucune image pour charrier un torrent d'émotions puissantes comme on n'en trouvera pas même en se tapant toute la filmographie de Mel Gibson dans la nuit - et des autrement plus équivoques, pour le coup, et carnivores - un disque capable de vous mettre une pareille amende en vous démontrant comment un batteur à lui seul peut raconter des histoires, et au souffle plus long, s'il vous plaît, qu'un vent qui vous arriverait directement sans obstacles des Hébrides (pas la peine de me signaler qu'ils sont Irlandais), et aussi chargé de grain et d'iode, au point que la basse qui racle le sol avec l'élégance d'une pelle bientôt brandie, en semble presque une extension, une odeur fauve - comme si déjà ne suffisait déjà pas le douloureux rappel qu'un solo de guitare peut vous fiche la chair de poule, le cœur en marmelade et le couteau dans les boyaux ? Parce que depuis Hammerheart on n'avait pas fait aussi beau, mais qu'on le voit aujourd'hui, la gaucherie de primitif n'en est pas condition indispensable.

Aucun commentaire: