dimanche 7 décembre 2014

Stargazer : A Merging to the Boundless

Je suis embêté : j'ai deux entames-chocs pour ce billet.
L'une fait : voilà très exactement pour quoi on écoute du metal. Et ce qui est non moins prodigieux, c'est que c'est très exactement la formule définitive et enflammée par laquelle je pourrais aussi bien entamer une chronique du dernier Primordial. Mais au fait, sont-ils si différents, eux et leur assaut sur l'auditeur ? Where Greater Men Have Fallen n'a certainement pas la même esthétique, mais question de s'en prendre plein les yeux, les dents et le palpitant, les deux se tiennent côte à côte comme des frères.
L'autre fait : l'acharnement paye ; non pas celui de Stargazer, qui sont bien au-dessus de ça, peuchère, mais le mien, à écouter chacune de leurs sorties malgré les déceptions répétées, l'incompréhension totale, la répugnance ennuyée... pour une raison pas très mystérieuse : la pochette de The Scream that Tore the Sky ; et le line-up, aussi, qui se cache discrètement derrière. Et grâce à eux, je ne suis pas passé à côté de leur ci-devant album enfin fait pour me plaire, celui qui vient me rendre la monnaie de ma pièce, de ma facétie empoisonnée d'autrefois, en présentant ci-devant peut-être bien le meilleur album que Weapon n'a jamais sorti, celui que je n'aurais même pas songé exiger d'eux.
Ou alors pourrais-je encore commencer par me demander si un groupe autre que néozède ou australien aurait pu sortir pareille... chose, parfaitement attitrée à porter pareille pochette, aux pareilles teintes gluantes, pareillement parfait pour renfermer ces morceaux tissés de vocaux gluants d'euphorie chaoticosmique à en faire verdir le dernier Inquisition lui-même, de gigue maléfique à faire frétiller d'aise Howls of Ebb, de mudmetal xénocculte typiquement des antipodes, d'élans héroïques franchissant allègrement la ligne jaune Maiden, de tricottis de basse au-delà de la pédalerie prog à petites lunettes de pédales, de rafales de blizzard venu à pied par la Norvège plutôt que la Chine, d'accès d'hystérie dignes de Rites of Thy Degringolade ou Warmarch, de tempêtes de postillons lubriques à la Absu, de golfes stellaires où l'on attend narquoisement le débarquement d'Enslaved, de trombes de munificence à la Nile...
On ne le dirait pas à lire ces mots, mais les références euphoriques manquent, pour dire quelque chose de l'étrangeté virevoltante ci-déchaînée. Comme un kata-cantique de sabre exécuté avec une exquise et mortelle expertise par un soudard gobelin. A part Cauldron Black Ram ou Misery's Omen, il y a Stargazer, et voilà - où s'arrête le haut comité de la conspiration ; et Stargazer trouve encore le moyen de s'y hisser, au moins pour cette fois, une tête au-dessus des autres ; la souillure qu'ils portent n'affichant aucun besoin de s'y rehausser dans l'indistinction, le mystère, l'obscurité, sonore et mathématique, comme au hasard Portal - puisqu'elle s'incarne, justement, lunaire, se définit dans cette blafarde et terreuse phosphorescence de sa révélation glorieuse. Sa gibbeuse splendeur. Fichtre.

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