samedi 24 janvier 2015

The Soft Moon : Deeper

Je lisais une chronique d'un album antérieur à Deeper, l'autre jour sur Rateyourmusic, ça disait que la musique - l'écriture, un truc comme ça - de The Soft Moon n'était pas fondée sur les chansons. Hin hin - tu m'étonnes - c'est le moins qu'on puisse dire - et on continuerait comme ça des heures, c'est si bon d'être mesquin et méchant.
Alors, je suis désolé pour ceux qui aimaient The Soft Moon - la chronique en question faisait de ce constat sien le fondement d'une certaine adulation - et leur probable désamour à venir pour le groupe. Moi, on se doute, ça m'arrange. Surtout quand, en guise de modèles de chansons, on prend Koi No Yokan et Pretty Hate Machine, en y remplaçant toutes les guitares par celles qu'on a coutume d'utiliser, à savoir celles qu'on a volées à Robert S.
The Soft Moon est donc devenu bon ? Tout doux... Être passé du stade où on utilise telle quelle et brute comme morceau une idée sur laquelle de plus talentueux construisent le départ, les accidents, les détours ou la trame d'une chanson, au stade où on bâtit soi-même des chansons, vous fait simplement entrer directement, linéairement en concurrence avec ceux-là-mêmes... périlleux business, pas vrai ? On parle de Robert, de Chino, de Trent, du gonze de Discouraged Ones. Ou même, pour se confronter à figures moins imposantes, aux diversement talentueux et audacieux zozos de Chemlab, Haloblack et consorts. Et face à eux, le type de The Soft Moon a toujours une conception du morceau de musique pop qui tient plutôt du gadget conçu pour se vendre comme des petits pains : sans autres audaces que sous formes d'arômes synthétiques. Certains de ses gadgets sont assez attachants, plus chiadés comme les voici. Certains sont pathétiques, telle la fin du morceau de fin, genre bruitiste industriel tavu, qui donnerait presque envie d'acheter le dernier Okkultokrati, qui dans la catégorie "mignon" s'en sort beaucoup mieux sur ses pistes chambre froide. Tous, comme tout gadget, ne performent qu'une tâche, rudimentaire et sans nécessité.
Mais un jour, peut-être.

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