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Affichage des articles du mars, 2015

Lightning Bolt : Fantasy Empire

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Puisque je suis devenu un honnête homme, si pas encore tout à fait un homme honnête, je me dois d'avouer que je me suis dispensé d'écouter quelques uns de leurs albums, pour statuer que Lightning Bolt est une attraction et qu'un disque d'eux sur mes étagères remplit amplement tous les besoins - puisqu'ils ne sont pas même votre classique "groupe qu'il faut surtout voir live", en fait : en live, si vous n'êtes pas au tout premier rang et décidé à défendre ce statut dans le langage des coudes, c'est encore plus emmerdant que ce n'est sur disque, de la bouillie musicale clapotante pour de la bouillie humaine clapotante. Et sur disque, bien sûr, c'est votre habituel "groupe qui a une seule chanson" - et celle-ci comporte une seule note, frénétiquement grattée sur une seule cavalcade percussive hyper-frénétique : un jusqu'au-boutisme, qui touche au génie pendant le temps d'un disque, et au soufflé de cheddar éventé si on s…

Actress : Ghettoville

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C'est décidé : aujourd'hui était la dernière d'une longue, du moins dans la période de temps sur laquelle elle s'étala, série d'écoutes toujours stagnant dans les eaux territoriales de la dubitation.
Comme chaque fois, je pensai à Fetisch Park, à Cristian Vogel, à Khan Loco, bref à toute une parpadelle de très recommandables musiques pour faire l'amour bourré de lexomil dans le frigo ; mais celle-ci, j'ai enfin percuté que c'était surtout un autre avatar de ce machin qu'on appelle semble-t-il la bass music. Et que c'est tout aussi superbe texturalement, et tout aussi rigoureusement décoratif, que la majorité des autres que j'ai pu m'infliger dans le rayon, quelques passages d'Andy Stott faisant exception.

Disgrace : True Enemy

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Pauvres, pauvres Xibalba... Se faire mettre pareille raclée, par un groupe qui n'est même pas chicano, joue la plupart du temps à un tempo primesautier, et le pompon : comporte dans ses rangs l'autre connaud omniprésent des navrants Nails et Twitching Tongues !
Oui, mais pardon ! dans le genre groupe de hardcore qui joue tout bonnement du death metal à 300 % concentré, Disgrace eux réussissent à convoquer à la fois Asphyx, Incantation, Bolt Thrower, Obituary... tout en restant farouchement un groupe de hardcore, non pas seulement par cette invraisemblable hypertrophie testiculaire de chaque instant du disque, au point que les premières fois on jette l'éponge éreinté au bout de trois morceaux... avant de s'apercevoir tout penaud qu'ils ne durent pas trois minutes chaque - mais aussi par cette discrète, ou plutôt fourbe, mais régulièrement affirmée allégeance, jusqu'à la mort par asphyxie musculaire, au dancefloor et à un groove, parfois étrangement cisaillé et d…

Torche : Restarter

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Comment fait-on, lorsqu'on a pensé un brin sur-noter un disque ainsi qu'on lui voterait la confiance, après quelques écoutes seulement de fréquentation, et afin d'attirer un peu plus d'attention sur le pressentiment favorable où on le tenait, d'emblée... et qu'on s'aperçoit qu'on l'a en fait regrettablement sous-noté ? On patauge.
Alors voilà, c'est officiel : le post-hardcore et le metal alternatif, ces deux fringants adolescents des nineties, sont aujourd'hui des grandes personnes et ont enfin décidé d'avoir un moutard ; il est là, il a les yeux grands comme l'océan de sa maman Jane's Addiction sans le maquillage de travelo, et la douleur dedans ce jade pluvieux de Quicksand son papa, sans les crispations de mâchoire qui rendent ses mots hachés et sa démarche aussi.
Et le résultat est un grand disque. C'est comme je vous le dis. Chaque morceau sans exception, certains simplement plus gros que d'autres, est un petit bij…

Volition : Wreck Among Ruin

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Vous n'imaginez pas la chierie que c'est de parler de Volition sur un site spécialisé, et un où il faut classifier avec des étiquettes. Est-ce donc du sludge ? du doom death ? ou du tradoom ?
WAR, c'est probablement juste du pur doom, seulement chaque riff est un tombereau de terre qui vous est versé dessus par une pelleteuse arthritique, et peu lui importe à elle qu'elle soulève quelques poutrelles enterrées avec chaque bouchée ; WAR c'est du Warhorse mais alors d'ouvrier agricole en fin de droits au chômage ; chaque morceau de WAR fait honneur à sa riante pochette pétillante de ruralité anglaise florissante et printanière, est un bloc d'horizon noir bien bouché, avec dedans chaque un morceau de vitrail en bave d'escargot séché qui est un foutu solo comme vous en avez rarement entendu d'aussi toxique pour le moral, qui tiennent autant du vieux Cure que du prolo-Darkthrone récent ; des solos pisseux et d'une lividité cadavérique qui sont le petit…

zZz : Juggernaut

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J'ai un problème. Je reconnais, pas d'erreur, la fureur sous-jacente - ici, du moins - du groupe auteur du bouillant album de rock doorso-suicidien où l'on trouvait la terrassante "House of Sin", la même que l'on sentait sans aucun raisonnable doute possible même sur les ballades cold-wave brûlantes comme l'azote et l'amour, du suivant.
Mais pas moyen de me sortir de la tête l'image d'Antoine De Caunes tortillant son zouk guindé-décalé comme devant l'un énième de leurs groupes, là-bas, qui sont tous la même version chébran - oui, j'ai bien dit chébran et c'est le seul terme qui convienne - de U2.
En même temps, je ne l'ai écouté qu'une fois. Mais avouez que ce n'est pas là le type de vision qui encourage à retenter l'expérience.

Imperial Triumphant : Abysmal Gods

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Roooh, bah voilà où ils s'étaient cachés, les coquinous de Portal ! Bien joué les crapulettes, sûr qu'on serait jamais allé vous chercher, sous cette vilaine jaquette.
Vauriens en vérité, qui profitent d'être ainsi passés en dessous des radars pour organiser une putain d'invasion de blattes dans la belle baraque de Deathspell Omega, elles y cavalent partout dans un horrible fracas de petites pattes chitineuses à t'en donner - comme de juste - des airs férocement death metal à tout le merdier ; et peur à De Magia Veterum même, avec cet affreux crépitement de mandibules affairées... Mais eh ! on parle tout de même du papa d'Aevangelist, pas vrai ?
Comme toujours, on croit les reconnaître et commencer d'être blasé, au début, avant de remarquer tous les mignards petits détails nouveaux, les nouvelles voix arrivées et engluées comme dans une toile d'araignées dans leur chorale-tempête d'âmes volées ; l'organe du choryphée lui-même s'est quelque p…

Dismember : Death metal

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Bon là mes petites couilles de canard en sucre, vous pourrez pas dire que vous saviez pas, comme les trois cons de singes là qui ont rien vu/rien entendu/rien jaqueté. Je veux dire, merde quoi, ce disque s’appelle Death metal ! Non mais la pochette les mecs ! Un gros putain de machin héraldique en plein milieu, avec des flammes et des lames en plus du logo baveux ! Ça vous donne pas des envies d’Ivanhoé, de warhammer, de boue qui colle aux pompes et de bière aromatisée à la saucisse fumée ? Ok, j’avoue que je préfère le dégueulis de dragon du premier album ou l’exploration thoracique du second. Sans parler du Battroid valkyrie version hétéro du troisième. Mais bon quand même, un disque qui s’appelle Death metal, si personne en parle, la vie vaut pas la peine d’être vécue. Meilleur moment pour écouter le disque : ta fête d’anniversaire.

Decline of the I : Rebellion

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Je crois bien avoir lu comparer Decline of the I à Diapsiquir, quelque part dans le merdier numérique. J'aimerais que ce soit une blague même si je comprends, hélas, trop bien qu'on puisse le faire ; parce que commencer à jouer à Pif et Hercule avec ces deux-là risque à mon sens de tourner désagréablement et promptement au désavantage de Diapsiquir, et que j'aime beaucoup ANTI.
En effet, à ce petit jeu de chicanerie, Decline of the I est un peu à Diapsiquir ce que Cowards est à Kickback. Car, n'est-ce pas, on se carre un peu totalement de savoir qui est né dans la tess' et qui dans les beaux quartiers, voire - horreur ! non trve-itude gangsta ! - en province : aujourd'hui tous ces putatifs b-boys et rois du Tacchini sont des gens très avertis et cultivés en toutes choses déviantes et raffinées.
Decline of the I a pour sa part le mérite de l'assumer, son érudition, sa culture, sa cérébralité, et ce n'est pas une question d'attitude dont je parle, ch…