jeudi 5 mars 2015

Imperial Triumphant : Abysmal Gods

Roooh, bah voilà où ils s'étaient cachés, les coquinous de Portal ! Bien joué les crapulettes, sûr qu'on serait jamais allé vous chercher, sous cette vilaine jaquette.
Vauriens en vérité, qui profitent d'être ainsi passés en dessous des radars pour organiser une putain d'invasion de blattes dans la belle baraque de Deathspell Omega, elles y cavalent partout dans un horrible fracas de petites pattes chitineuses à t'en donner - comme de juste - des airs férocement death metal à tout le merdier ; et peur à De Magia Veterum même, avec cet affreux crépitement de mandibules affairées... Mais eh ! on parle tout de même du papa d'Aevangelist, pas vrai ?
Comme toujours, on croit les reconnaître et commencer d'être blasé, au début, avant de remarquer tous les mignards petits détails nouveaux, les nouvelles voix arrivées et engluées comme dans une toile d'araignées dans leur chorale-tempête d'âmes volées ; l'organe du choryphée lui-même s'est quelque peu avancé sur la voix de l'humanité ; la santé mentale eût préféré qu'il ne le fît point après tout ; ils vont te rajouter des intrusions de cette basse goudronneuse qu'on commence à entendre un peu partout dernièrement mais qui pour l'instant est toujours irrésistible ; ils vont te chercher de la guitare couleur de maladie non pas chez Blut aus Nord mais directement à la source : les vieux Swans ; ils vont te chamailler à Baring Teeth le titre de seul groupe qui a réellement pigé quelque chose de fertile au cours magistral de Gorguts, c'est à dire forcément qu'ils vont s'adonner plus extravagamment à une démence qu'on ne trouve, autrement, nulle part ailleurs que chez Psyopus voire Robinson, sans pour autant - juste ciel ! - négliger une certaine forme d'élégance quasi-hongroise, des entrechats en redingote par une nuit sans lune, des fantaisies évidemment russes sur un morceau nommé "Krokodil"... on se laisse en un mot happer peu à peu par le vertige de cette musique-tournis, auquel on avait juré de ne plus se faire reprendre, merci bien messieurs, vous n'êtes pas des vrais extra-terrestres, restons civilisés et brisons là ; on se dit même qu'après tout cette pochette elle est... non pas belle, oh pauvre ! mais appropriée, voire très, et réussie, bientôt on y verrait du Nick Blinko en clignant un œil, et du Eric Harrison en clignant des deux en alternant très vite : bref, je vais pas vous refaire tout le tableau, vous le connaissez. Pas de doute, ce sont bien eux. On ne les avait même pas vus aussi grouillants et égrillards depuis Outre. Et, la vérité ! ça fait plaisir.

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