mardi 7 avril 2015

Big Business : Battlefields Forever

Et si finalement une fois de plus tout était dit dans le titre - en l'occurrence ce qu'il fallait pour, à la faveur d'une miraculeuse idée de rééditer un album très dispendieux à trouver jusqu'ici, par Solar Flare Records, gens qui méritent plus qu'amplement qu'on les cite - enfin percuter comment, après tout, cet album de Big Business ne serait pas condamné  rester leur seul dont je ne sois pas amoureux à l'exemple de mon collègue Lucas ? En cas de doute, toujours faire confiance à Lucas...
Dans ce titre qui évoque à la fois, pour la blague on dira Kickback, mais pour la vérité de notre propos ce sera plutôt Bolt Thrower - et... enfin, vous savez bien, quel groupe a-t-on automatiquement en tête, pour qui les "...fields are Forever" ? Bon, mis à part pour fournir une punchline d'entrée en matière punchy à souhait, est-ce que c'est autre chose qu'une très excessive approximation, de dire que ce Big Business est le croisement de Those Once Loyal et Magical Mystery Tour ? Je ne vais pas me départir aujourd'hui de mon éternelle flemme (tu l'as captée, celle-ci ?) à démontrer, mais je trouve que c'est pas si nigaud que ça, et pas qu'à cause de la pochette qui à y regarder disait bien aussi la même chose.
Épique, voilà ce qu'est l'album ; probablement pas aussi doux ni aussi amer que Mind the Drift, et pourtant guère beaucoup moins pop finalement et enivrant mélodiquement ; probablement pas aussi tueur et galvanisant hymniquement que Here Come the Waterworks, et pourtant guère moins incandescent ; Battlefields Forever, voilà bien nos bizarres larrons, est à la fois leur album épique, et celui qu'il faut regarder du plus près pour en voir la beauté à poil dont on les sait coutumiers ; progressif, dirait-on si c'était là autre chose qu'un terme cache-sexe pour désigner les disques un peu moins rudimentaires que l'ordinaire ; tourmenté, au sens le plus nature et universel de la chose : en ce sens, c'est effectivement leur disque le plus metal, habité qu'il est de la dimension héroïque qu'il se peut trouver en toute chose, même la plus quotidienne - et les Beatles, me direz-vous ? Battlefields Forever est ce disque de metal, que sans trêve pourchassent et peaufinent tous les Baroness, les Minsk et les Mastodon du monde - mais s'il était réussi par un groupe de pop, un vrai : un qui possède le sens noble de la mélodie. Ou tout simplement par des enfants ; qui mieux encore que n'importe quel métalleux sont en contact permanent avec la dimension héroïque de chaque jour de vie ; Battlefields Forever est le disque d'un Minsk de huit ans tout mouillé qui décide de suivre les grands troisièmes de Torche sur un genre de skate médiéval bricolé avec des bouts de machins trouvé dans un terrain vague - doux Jésus, la mélodie de "Aurum", digne d'un Metallica touché par les anges... ou du Darkthrone de "Valkyrie" tout bonnement ! mon dieu ces envolées dignes de Europe ou Status Quo sur "Battlefields" ! Il est bien question de routiers barbus tels que Minsk ou Mastodon, tiens... Ce sacré bout d'album flanque la rossée à de fiers moustachus de la trempe de Bathory et Enslaved, oui !
Alors pour ce qui est de Torche, je sais pas comment ils gestionnent le truc et s'ils sont en danger d'entorse imminente à mouliner à toutes pattes pour essayer de garder de l'avance sur les terrifiants minots et leurs ogres d'yeux émerveillés ; mais pour ma part j'ai honte, très honte, lorsque je mange aujourd'hui ces morceaux comme une grosse gifle franche et aimante en travers de la bouche, et je cuis et cramoisis. Sans mentir, cet album à plus d'un titre est douloureux à écouter.

1 commentaire:

Raven a dit…

Merci... L'orgie de noms évoqués est juste, et je me permets d'y ajouter Primordial. Je crois que vais tâcher de l'avoir dès que possible... Cette pochette, superbe au demeurant, ne me semblait pas idéale pour un Big Business (elle vendrait du rêve pour un Todd par exemple, mais pour BB je sais pas pourquoi, je préfère l'emballage façon 33 tours des années 70), et pourtant...