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Affichage des articles du juin, 2015

Sigh : Graveward

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Grand-tante marche rapidement en te tirant par la main, tu trottes par à-coups dans son sillage. Les rues sont désertes et il fait chaud. Elle s’arrête devant un établissement, jette un regard à travers l’épaisse vitrine, vous entrez. Le salon de thé du Roi Crapaud grouille de vieilles, tu es le seul enfant. Grand-tante retrouve d’autres aïeules. Elles lui ressemblent trait pour trait et portent les mêmes vêtements. On t’assoit en bout de table sur une chaise surélevée, trois ancêtres à ta gauche, trois ancêtres à ta droite. Tu fais ainsi face au serveur en livrée blanche qui attend une pause dans la conversation. Le pauvre Pierrot est mort étouffé par un noyau de mangue. Une mangue ça s’épluche, ça se découpe avec une fourchette et un couteau, ça ne s’enfourne pas dans la bouche. Ça ne se suçote pas non plus. Tu connais déjà cette histoire. Grand-tante a commandé pour toi et bientôt dans ton œsophage s’ouvre un défilé de fantasmagories pâtissières : Caligulettes à la fraise des boi…

Mortuus : De Contemplanda Morte ; de Reverencie Laboribus ac Adorationis

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Que reste-t-il à dire du premier Mortuus une fois qu'on a parlé du second en l'y amalgamant juste un peu, comme un sagouin qui méconnaît ses propres toujours possibles éruptions de motivation, surtout un peu beurré ? Que reste-t-il à dire une fois qu'on a écouté un Mortuus, a fortiori deux - surtout un peu beurré ?
Bien déjà, qu'il se dégote aujourd'hui exclusivement à des prix indécents, mais qu'à quelque chose tel malheur est bon, puisque c'est à force d'enrager de ne pouvoir le claironner mien que j'ai redonné une chance à son successeur moins onéreux, et qui d'abord m'avait moins fait impression.
Car c'est bien de douceâtre qu'il s'agit, aussi empoisonné soit-il, avec Grape of the Vine - et assurément pas avec De Contemplanda Morte ; de Reverencie Laboribus ac Adoratioins (et son titre qu'on entendrait presque poussiéreusement prononcé par une version en décomposition bien avancée du vieux sociochopathe vilipendeur du Nom…

Hate Force : Back for More

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L'idée ne saurait être plus loin de moi, que de prétendre véritablement compléter en quoi que ce soit ce qu'en a dit mon compère il y a peu : il a dit très exactement tout ce qu'il fallait, et largement prouvé si jamais besoin était la parfaite acuité de ses sens de sommelier. Vous pouvez croire que ce cru-ci se classe très exactement où il dit.
Mon idée était juste de proposer le témoignage micro-trottoir d'un auditeur qui vient de prendre son avoine du premier contact avec le disque dont il est question.

Le chant : Henry Rollins, Paul Bearer (rien à voir avec le groupe homophone, mais alors ce qui s'appelle : rien) et un rien d'Anthony Kiedis pour la blague, hop, zou, dans la machine à Brundles (c'est comme une machine à sodas, mais avec des génotypes). Rajoute de la bière de maçon, et le pinard que l'inspiration te suggère, si t'en as pas tu te fais conseiller par le sus-nommé compère.
La batterie : totalement simienne, comme se devrait de l'…

Mortuus : Grape of the Vine

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En v'là une de catégorie rare - entendez : précieuse. Le black qui flanque la nausée. Et plus précisément ici, car je sens qu'on sent déjà venir mon sempiternel couplet (au mieux : au pire on croit que je vais parler de Peste Noire) à base de Hell Militia, accompagné de ses Aosoth et Vorkreist habituels : je ne parle pas de celle-là ; d'une autre tout aussi toxique mais douceâtre, elle ; que partagent.... eh : d'autres groupes français, Decline of the I, Obscurus Advocam, Merrimack, Ataraxie... un certain metal lettré dans sa dégénérescence, en somme.
C'est étrange, d'ailleurs, cette propension que montre le black orthodoxe - peut-être vient-ce tout simplement du fait qu'il vénère généralement Deathspell Omega - à évoquer la France, et particulièrement, quelle surprise, celle interlope de la première moitié du siècle passé. Sauf que, chez ce second Mortuus, la chose en est une bien plus pénétrante - comme une odeur de vomi - que l'étrange mais charmant…

Serpent Noir : Erotomysticism

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Il est des gens qui ont toujours bon goût ; peu importe qu'il change tous les deux ans : ils l'auront ; question de condition physique ; de veille esthétique ; et de bon goût. Même dans le mauvais goût : ils ont le bon. Peu importe comment on les appelle, car cela aussi change tous les deux ans ; dans mes années tendres, c'étaient les chébrans ; aujourd'hui, j'ai cessé de vouloir y trouver mes petits ; je n'en ferai jamais partie, et ils seront toujours les mêmes, comme l'agent Smith.
Serpent Noir n'est pas pour eux ; enfin, je n'ai pas souvenir d'avoir écouté autre chose d'eux, même la dernière fois que j'ai voulu rentabiliser les frais de port sur une commande Daemon Worship, mais rien que le nom, t'as compris ; alors je fais confiance. Serpent Noir fait ici du black noyauté par la cold-wave, mais Serpent Noir ne s'adresse pas à ceux qui ne jurent que par (pour une fois, je comprends le sens de la formule : propre) The Gault. …

Hate Force : Back for more

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Evidemment, le premier truc qui saute aux yeux, c’est la pochette, on est d’accord. On a déjà vu plus vendeur, même dans le genre. Par contre, vous avez bien vu la date ? 1991. Quasiment l’année du premier Biohazard, entre autres. La mode était au bleu, faut croire. Vous l’avez compris, là on est sur de l’historique, du patrimonial. Reliure janséniste en maroquin, tranches dorées et tout le berzingue. La photo des gonzes ne trompe pas, celle de l’homme éponge en tête. Tshirts de Cro mags, Sheer terror, on est à la bonne adresse.
Une fois j’avais trouvé un pinard hallucinant à un prix débile au supermarché du coin (un leader price je crois bien). Genre le nectar des dieux. Ivre de joie (mais pas que), je fonce me réapprovisionner à la première occasion. Il n’y en a plus, et ils n’en recevront plus. Vous voyez le tableau ? Ben Hate force c’est un peu le même genre de "déception". Un cd qui sort d’on ne sait où, trouvable à un prix modique, qui botte les culs par caisse de six…

Diabolos Rising : Blood, Vampirism and Sadism

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Deux bolosses rising, ou le résultat approximatif d'un Yello Giallo au rabais - paie ton nom tropicolo et ta pochette promo de supermarché - tentant de jouer dans les mêmes boudoirs saloins que Sigillum S ; c'est à peu près aussi moche, et plus kitsch encore, que du Limbo tardif, avec ce qu'il faut de dark waverette en plastique et de riffous black métal caoutchouteux pour coller à foutrement merveille sur un p'tit boulard sataniste de série Z.
Je ne dirais certes pas si le disque est bon, mais à quoi bon quand le film se repasse sans relâche, en tout nanard sympathique à la tache dont il s'acquitte honorablement sans capuchon ni lubrifiant sur le kimono - qui a dit Urotsukidoji ?

Papy Brossard

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Regardez les enfants, qui vient pour le goûter, par l'odeur du Banga alléché... Enfin, sans doute plus par la perspective d'un arrière-goût de fruits confits dans le A'Bunadh, mais ce sera quand vous dormirez à poings fermés. Ouvrez vos oreilles, c'est Onc'Jean-Jean qui raconte...

Baroness - Yellow & Green

Gratte gratte... Oui bon... je peux la faire cette intro choupinoute qui sert à rien... C'est tout moi, et ça ne sera que la crème à ton contact, calme-toi... Mais oui je t'aime, bordel ! Je te dédicace le tube imparablement patacouffin qui suit en piste deux - je leur laisse mes os, qu'ils les emmènent loin, je les ai polis avec amour... Eh tu vois, je pense encore à tes rêves bleus ; contente ? Baba-au-Roness il te dit qu'il ne veut plus jamais percer ses chicots comme sur Gencives Album (red pour les intimes, "font, leurs, dents" pour les slowendiens, oublié pour bibi) et qu'il fera jamais dans le slipquenotte et dans …

Ende : The God's Rejects

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Est-ce qu'on a l'impression de savoir ce qu'Ende cherche à faire, avec sa démo ? Non. Est-ce qu'on en a quoi que ce soit à foutre lorsque c'est aussi bien fait ? Enfer non.
Ce que fait Ende, c'est du black metal. Le black metal, c'est la forêt la nuit. Tu m'étonnes que tu comprends pas tout. Mais on s'en fout. On s'en fout que sur la même cassette cohabitent des vocalises rituelles réminiscentes de Reverence (bon sang ne saurait mentir), et des titubations entre punk'n'roll et doom'n'roll, réminiscentes sans rougir d'un quart de poil givré du Darkthrone magique et malade de Hate Them, Sardonic Wrath et The Cult is Alive - ouais : excusez du peu.
Ce que ne cherche absolument pas - à moins que si... - mais réussit Ende, c'est nous perdre ; dans une futaie aux abords du sinistre temple de la jaquette sans doute - sinistre autant qu'il est menacé, déjà, par le regard mal intentionné qui l'épie de sous les frondaisons,…

Cave of Swimmers : Reflection

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Le heavy est une musique qui fait rire, lorsque c'est mal fait. Le heavy est une musique que l'on peut aimer à écouter - bourré par exemple - lorsqu'on veut se prouver avec une mâle vigueur que l'on est capable de prendre son plaisir sans fausse pudeur même lorsqu'on se sait en posture risible - ne l'est-on pas d'ailleurs toujours dans le plaisir, dans son abandon ?
Mais quelquefois, le heavy est juste de la musique qui fait mal. Oui, tout juste comme un disque d'Oxbow ; un disque de Danzig ; un disque de Motörhead ; un disque de Cure. De la musique pesante et de la musique qui s'écoute seul. C'est une vérité empiriquement prouvée, figurez vous : j'ai écouté Reflection bourré et accompagné - de la plus idéale et idoine des façons, du reste, par quelqu'un de tout aussi candide que moi, et réceptif à cette évidence qu'est la totale absence de second ou troisième degré chez Cave of Swimmers ;  cela ne fonctionne juste pas ; on sourit, …

The Order of Israfel : Wisdom

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C'est un homme : il ressemble trait pour trait à Christ. Il a l'allure générale d'un berger des montagnes, svelte et bien découplé, son poil est blond et fleuri, il sent bon le sable, le miel et l'encens. Son sourire est large et accueillant. Ses yeux sont rieurs et bons. Ses bras s'ouvrent paraissant chargés de promesses célestes. Les mots qui s'écoulent de sa bouche charnue sont pareils à la fleur d'oranger, et semblent un chant dans l'aurore du monde.
Mais ce n'est pas Christ ; il est monté sur une Harley Davidson brillante de la pompe et du lustre de tous ses Saints Chromes, dans les sacoches de laquelle une sono à faire tomber à nouveau le Mur de Jéricho claironne du Reverend Bizarre et du Kanye West, et dans sa main est une chaîne de vélo toute plaquée d'or blanc. Et il est en route pour faire avaler toutes ses dents au Nazaréen.


The Gates of Slumber en charge d'un porno sixties scénarisé, casté et réalisé par Tim Willocks, si vous vo…