dimanche 28 juin 2015

Hate Force : Back for More

L'idée ne saurait être plus loin de moi, que de prétendre véritablement compléter en quoi que ce soit ce qu'en a dit mon compère il y a peu : il a dit très exactement tout ce qu'il fallait, et largement prouvé si jamais besoin était la parfaite acuité de ses sens de sommelier. Vous pouvez croire que ce cru-ci se classe très exactement où il dit.
Mon idée était juste de proposer le témoignage micro-trottoir d'un auditeur qui vient de prendre son avoine du premier contact avec le disque dont il est question.

Le chant : Henry Rollins, Paul Bearer (rien à voir avec le groupe homophone, mais alors ce qui s'appelle : rien) et un rien d'Anthony Kiedis pour la blague, hop, zou, dans la machine à Brundles (c'est comme une machine à sodas, mais avec des génotypes). Rajoute de la bière de maçon, et le pinard que l'inspiration te suggère, si t'en as pas tu te fais conseiller par le sus-nommé compère.
La batterie : totalement simienne, comme se devrait de l'être tout batteur, sauf lorsqu'elle est complètement au fraises électrocutée par sa propre frénésie, comme se devrait de l'être tout batteur ; le cousin béarnais (sic) de Rich Hoak, un peu.
Les guitares : nineties. A savoir vaguement indus, moitié parce que c'est voulu, que c'était l'époque (froideur, désabus, World Demise, Napalm Death...), moitié parce que c'est même pas voulu, que c'était l'époque (Helmet, Starkweather, Snapcase, la dureté du tranchant...). Hardcore pour le groove gorillesque. Metal pour le meilleur - l'evilness du veau axe Venom-Slayer-Biohazard en filigrane, genre All Out War tout en alu, le rock à la AC/DC/Motörhead mais version oï, école Slapshot. Plus punk, tu meurs. Brillantes, dans tous les sens du terme.
Limite, ça aurait mérité ne l'écouter qu'une fois, en hommage à la métaphore de notre sommelier au nez coupant, et de rester sur cet éblouissement. Mais bon, faut pas déconner : on va se le choper et le faire tourner régulièrement.

Le verdict du collectionneur : double win, pour qui voit son étagère hardcore old-school comme un club très élitiste : peu peuplée, que du beau linge - Killing Floor, Rollins Band, Slapshot, deux Black Flag seulement... - et pour qui est toujours enthousiaste à l'idée d'élargir, avec parcimonie toujours, la petite famille des psychopathes de New York : Sheer Terror, Cro-Mags, Type O, Life O...
Mais surtout, des fourmis dans les jambes comme rarement. Il paraît que le hardcore est plus du sport que de la musique. J'entends ce petit album, je donnerais presque raison au mange-merde qui a un jour pondu ça comme son plus bel œuf, parce ce petit album me rappelle comme mon petit corps a eu envie de rire aux éclats le jour où je me suis mis à courir comme ça, pour rien, en allant chercher le pain. Du sport avec un petit ballon de blanc bien frais.

2 commentaires:

Little-Axe a dit…

Pour completer, tu peux aussi checker les demos, quand le groupe s'appelait encore uncle slam. Et si ma mémoire est bonne, spontex a aussi joué dans un truc plus barré qui devait s'appeler Pantin malhabile, je crois.

Veni Vidi Peni a dit…

Oncle Slam, haaa oui, je les avait vu avec Dezerter. Personne n’osait trop s’approcher, ni ne savait trop comment appréhender l’truc (bouger ? pas bouger ?), le chant provenant de derrière la batterie y était sûrement pour quelque chose. Leur mini-LP est très bon, ils avaient un carton d’avance sur le reste du HC français. M’en vais checker celui-ci, tiens…