jeudi 9 juillet 2015

Brainoil : Death of this Dry Season

La différence objective entre le premier Brainoil et celui-ci ? Il s'agit de deux disques de sludge, pardi : c'est le même. Il s'agit bien toujours de sludge le plus basique qui soit : beaucoup de Black Sabbath, un peu de blues, beaucoup de punk hardcore. Rien d'autre.
Sauf que là où le premier évoquait la navrante image d'un Weedeater boudeur, au mieux rancunier - alors que de Weedeater il ne partageait à la rigueur que le simplisme musical - Death of this Dry Season ne garderait de Weedeater que... l'essentiel, à la rigueur : le hardcore-blues. Voire pour être plus précis, cette si concentrée essence de blues, qu'elle fait passer une voix probablement classable dans le black metal dans les dimensions triviales, pour chose aussi naturelle que, tenez, la vieille toux, le feulement bouillant d'un chat sauvage sur ses vieux jours. Death of this Dry Season évoquera également un Nightslug de grands espaces, tant sa musique donne irrésistiblement l'impression d'être l’œuvre de chauffeurs-livreurs, de routiers, de gens qui passent leur vie au grand air, sur les chemins cuits par le soleil.
Le caractère majeur de Death of this Dry Season, c'est : brûlé. La musique de Brainoil cette fois ne dégage pas une contrariété pathétique, sans cible bien reconnaissable et un brin agaçante, mais la fièvre, l'exaspération - de cette foutue canicule, peut-être, à qui elle souhaite la mort ? Excusez-moi, dites : qu'en a-t-on à foutre ? Depuis quand en a-t-on à foutre de pourquoi le rock'n'roll ? Death of this Dry Season, ce n'est pas rien, est un disque de rock'n'roll qui donne envie d'à sa suite réécouter Seven Sisters of Sleep. A moins qu'on ne l'ait jamais percuté et que Seven Sisters of Sleep soient en réalité ni plus ni moins qu'un groupe de la famille sacrée du rock'n'roll. La fièvre. La brûlure. Chaque instant. Comme le fardeau éternel d'un de ces héros grecs qui avant d'être dans des bouquins, étaient des foutus soutiers et des routiers qui en chiaient par tous les pores comme vous et moi.

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