vendredi 28 août 2015

Zebras : The City Of Sun

Pourquoi ?
Pourquoi n’étaient-ils pas sur la liste ?
Ça avait cogité dans leurs petites têtes de zèbres. Créatures d’un créateur oublieux, ils se sentaient rejetés.
Normal. Pas sur la liste, non mais allô quoi.
Le mal de mer, la malbouffe, la promiscuité, l’hostilité générale, les chants du patriarche ivre en pleine nuit : tout avait conspiré à exaspérer leur aigreur et accentuer leur paranoïa.

Le scribouillard de service ne consignera pas cet épisode dans le livre des livres mais on avait d’abord soigneusement trié les animaux et débarqué les herbivores, brouteurs et autres inoffensifs. Les prédateurs furent plongés dans un coma artificiel jusqu’à ce que, leurs proies en nombre suffisant, leur subsistance puissent être assurée.
Gros cul, gros seins, oreilles décollées, l'arrière-petite-fille du soulard avait désigné, au loin, un pied de l'arc-en-ciel : là trouveraient-ils la cité du soleil. Là trouveraient-ils bonheur et prospérité, en veux-tu en voilà. Tous avaient galopé, seuls les deux flippés n’avaient pas gobé la fable ; ils errent depuis sans but en ruminant leur rancœur

jeudi 27 août 2015

Cruciamentum : Charnel Passages

Charnel Passages, ce sont des membres de Grave Miasma entre autres donc mathématiquement - et épidermiquement aussi, rassurez vous - c'est de ce death typiquement actuel, à ambiance religieuse (parlera-t-on bientôt de death orthodoxe ?) assez appuyée... mais c'est en même temps et surtout du death bestial et à l'arrache dans les virages - toutes proportions gardées, n'est-ce pas : ils sont anglais, et partant le disque dégage la folie, plutôt que d'un Dawn of Inhumanity auquel on songera fugacement s'il on est tel que bibi porté à l'hyperbole, du dernier Indesinence, dont justement ils possèdent l'ancien batteur, rien n'est dû au hasard - des premiers Morbid Angel, en moins aristocratique et pattes de mouches trempées dans le cyanure, et Deicide, en moins videur de boîte de nuit des bas quartiers de Sodome. Disons, comme en filigrane - un truc de tastevin, on vous dit, le death... allons donc, du filigrane à présent, comme si pareilles choses pouvaient n'être pas déchiré par la rustrerie colossale de cette musique grossière - le genre de démence qu'il y a dans les album de Necrovation ou Obliteration : discrète, toujours bien mise et le col boutonné juste ce qu'il faut, mais froissé çà et là, et qui de loin en loin dégueule des couleurs-lumières impossibles à la portière dans les virages - encore eux, oui, c'est que cette musique conduit à peu près aussi droit et serré que du Pulling Teeth : il s'agit bien de cela, malgré une flamboyance plus... anglaise.
Car ce qu'il y a, surtout,  de prodigieux, et non moins discret, dans Charnel Passages, c'est son attitude molosse à la limite du hardcore... jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que c'est uniquement dû au piquant fait que le hardcore, ces dernières années, a tant siphonné au death metal, Disgrace et Xibalba en tête (jusqu'à en devenir parfois... et échouer de vile manière). Cruciamentum et son aboyeur de chanteur sont autant hardcore dans leur attaque - que ce soit dit sans antiphrase aucune - que Martin Van Drunen ou John Tardy - et le batteur primatoïde va avec. Tout à fait : raffiné et gros bras à la fois, débordant de générosité slayeresque, de gourmandise rock'nroll autant que de sens tellement metal du mélodrame à base de maelstrom de mélasse à la place du ciel mourant dans l'avènement de Slanesh - ou un truc du style... Extravagant en somme. Pile ce qu'il faut, ni plus, ni moins, pour faire un disque pas tape-à-l’œil malgré son exubérance à peine contrôlée de tous les instants, un monstre ni de brutalité ni d'ambiance, mais trapu dans les deux secteurs du jeu avec bonhomie, un disque qui vient bien prestement et sans faire de boucan prendre sa place dans l'étagère - et la mémoire auditive - comme que si elle avait toujours été là, confortable mais difficilement mieux attribuée qu'à lui, à la fois tradition et forte personnalité : au bout du compte une version popote, pas difficile à satisfaire avec ce qu'il reste comme bière et comme chili au frigo un mardi soir, de la majesté douloureuse des deux derniers Incantation.
Bref : vous avez déjà deviné avec consternation et commisération ce qui fatalement se produit : les pauvres petits Dead Congregation, qui tentaient de se faire discrets dans un coin de la cour après s'être déjà fait rosser à 10 heures pour avoir leur chocolatine, se prennent une seconde raclée gratuite, sans avoir rien demandé ni vu venir. "Enfer !", comme on dit.

mardi 25 août 2015

Demon Lung : A Dracula

Les noces de Farida Lemouchi et Chino Moreno, dans la plus pure tradition osmo-hermaphroditique d'Orient. Le prêtre, à la grand-paternelle libidinosité bienveillante qui sied ? Kirk Windstein, qui d'autre ?

Si si si. Parfaitement.

lundi 24 août 2015

Tragedy : Darker Days Ahead

Réessayé, va savoir pourquoi. Pour être sûr de pas avoir abordé le truc dans le mauvais sens au départ ? Parce que je ne me souvenais plus, au bout du compte. Parce que rien n'a bougé, ni lui ni moi. Darker Days Ahead fait du Bolto comme si c'était une musique pathétique. CE QU'ELLE N'EST PAS, PUTAIN, CONNASSE.
Those Once Loyal les a visiblement marqués, Those Once Loyal est noble et mélodique, mais Bolt Thrower n'est JAMAIS pathétique, et on ne veut pas voir ce que ça donne en version mélodramatique. Tragedy eux le sont tellement, pathétiques, qu'ils vont jusqu'à pomper plusieurs fois le même riff de Bolto. Et font passer au passage Primordial aussi pour une chose mièvre. Allez donc réécouter "Babel's Tower" - manque de bol, je l'ai justement fait voici quelques jours - voir si c'est mièvre et faible. Bordel.
Tant qu'à écouter du pompier, je préfère encore écouter un mauvais Integrity. Voire pourquoi pas un bon. D'ailleurs, la seule qualité qu'on trouvera à ce disque c'est son chanteur qui, y a pas de hasard, se situe assez précisément entre les qualités canines de Dwid Hellion, et celles du divin Marko Pavlovic pour The House of Capricorn. Bon, et "Power Fades" qui est craquante, mais c'est triché : c'est du Killing Joke version crust rabique.
De toutes les manières, y a pas de secret : si toute cette scène crust épique est de la chiasse, c'est bien parce que tous vénèrent Tragedy. Putain de groupe de r'n'b.
Enculés va.


samedi 22 août 2015

Creeping : Revenant

Creeping, c'est du black, à ce qu'il paraît. Et malgré qu'il m'en coûte, je dois bien admettre que par langoureuses fulgurances, Revenant me mettrait presque en tête... Satyricon. Si Satyricon, que j'aime beaucoup, étaient mutilés d'une très large portion de ce qui fait que Satyricon sont Satyricon et personne d'autre. D'ailleurs et pour pousser les raisonnements absurdes jusqu'au bout, si Creeping joue du black metal comme Satyricon, Watain et Primordial, il y a effectivement, à l'instar des derniers albums de tous ces derniers, une ballade, sur Revenant ; en cherchant bien. V'là la ballade. "Cold Soil", quoi. Digression gratuite et nonsensique qui me permet miraculeusement de revenir où j'en étais : Revenant, à l'image de "Cold Soil", cet "interlude" maudit, qui fait partie des morceaux les plus terrifiants de l'album et ce sans même comporter la voix de cadavre patibulaire de Marko Pavlovic, sent la mort, la charogne, le charnier comme bien peu de disques ; et s'il a quelque chose du groove de Satyricon, ce serait décharné de tout, à commencer bien sûr par toute la bogossitude qui va avec... la vie, tout simplement. Revenant, ma foi, est un disque qui porte bien son nom. Revenant est un revenant à l'haleine bien ignoble, et l'élocution et la locomotion sont, si je puis me permettre, à l'avenant. Et, merveille renouvelée des transitions et du verbe qui vit sa vie sans me demander mon avis, c'est là qu'on en vient à la fameuse histoire - que Creeping, en fait, quand bien même ils ont rampé bien loin de l'un brin appliqué mélange de southern sludge et de black de leurs démos - jouent toujours une musique qui tient principalement - à mes yeux au moins pour lesquels c'est toujours le principal - du doom. Du doom pas cool pour un belin, évidemment : c'est encore mieux. Du doom gluant comme peut l'être le black gluant dont j'ai déposé l'appellation - mais, on tourne en rond décidément, dépouillé au couteau à éplucher les noix de coco et les cadavres tout raidis, de tout ce qui fait du black metal cette musique à jabot, si moderne soit-il - certains portent très bien le jabot, tâché de vin, ce n'est pas sale si vous me passez l'expression, en général ils ont un certain A.K. dans leur liste du personnel - où à grande cape, éventuellement mitée ; disons pour me faire mieux comprendre, que ce que je disais sur Creeping marche très bien en remplaçant Satyricon par Aosoth : oui, Creeping fait passer les derniers Aosoth (Arrow in Heart, vous me direz, ce n'est pas difficile) pour Satyricon et son cabotinage tout tartiné de rimmel ; enfin, le black metal dans à peu près tous les cas de figure rêve de courir, et s'il n'y arrive pas s'ouvre les veines et se badigeonne de sa merde en croassant à propos de courir ; et de faire l'amour à des arbres. L'a-t-on compris ? Creeping ne souhaite pas faire l'amour à des arbres majestueux. Creeping, déjà, souhaiterait plutôt réussir à se déterrer d'entre les racines de ces putains d'arbres qui lui serpentent dans la bouche et à travers les orbites ; ensuite, il souhaiterait vous énucléer, et vous gober les yeux avec une sauce aux asticots pour faire descendre ; en soufflant tout le long d'un souffle pénible, tuberculeux mais non moins liurd de la Bête dedans. Creeping - l'a-t-on compris ? - sent la mort, l'humus, la terre souillée, la décomposition, la sale louse sordide au fond des bois, et Revenant si c'était du black ce serait celui que pourrait jouer le pater familias dans Texas Chainsaw Massacre. Du black metal de racaille des bois bonne-à-rien et dévitalisée, mais dont il vaut mieux pas se laisser agrafer les basques par les vieux crocs fourbement ébréchés. Le seul album de black qui se rapprocherait vaguement de Revenant serait Void, ce disque fait d'intoxication alimentaire et de torve délinquance lunaire - mais Revenant est plus direct encore, et ne s'embarasse pas de l'amour de Celtic Frost. Du black ? mais alors celui qui te met à terre, pour commencer à te grailler sitôt tombé, pas de compte de trois mon pote. En te soufflant sa putain d'haleine de charnier à la gueule, ce qui te tourne les sens et te retourne les boyaux de toutes les manières. Le disque de doom qui croque des Kickback et des Arkhon Infaustus au petit déjeuner - avant de passer des heures à les dégobiller péniblement, en longues quintes acides, parce que ça faisait trois-cents ans au bas mot que son estomac n'avait pas été rempli par quoi que ce soit, que le vent gelé et aride. Le disque de doom, à la classe molossoïde taiseuse, au goût de cendre et de vin et de sang, pour les cadavres tough guy qui puent de la gueule ? Ouais.

Askeregn : Monumenter

Imaginez une manière de black metal qui partage son temps - succint - entre punk - tracez une belle droite bien hachurée par la caillette et la misanthropie et qui relie Darkthrone à Ende - et moments d'amertume en suspension hallucinée dignes d'Ekpyrosis.
Transformez la chose en un disque qui est un concentré de sensation d'avoir une longue marche devant soi sous la pluie drue, pour une destination incertaine, les frusques qui prennent l'eau - et surtout les pompes ; le plus hallucinant avec Monumenter c'est avec quelle acuité il retranscrit la sensation des chaussettes trempées, des orteils gelés et des chaussettes qui pataugent sur la semelle qui se décolle. Et le décalage inconfortable, l'inadéquation dont cela contamine peu à peu toute perception de la réalité, du temps et de votre sort.
A sa manière, on fait difficilement plus black metal que ça. La pochette de la chose elle-même, peut-être ? si divinement pure de toute opérette à épaulettes - toujours plutôt anti-les-autres qu'anti-humanité - pour petite vendeuse d'allumettes. Ils sont Norvégiens, les jeunes mecs, et ça se sent. Le pays de Trelldom, d'Enslaved, d'Aldrahn, vous savez...
Mais jouer sur une corde et demi, ça aide aussi.

dimanche 16 août 2015

Mefitic : Woes of Mortal Devotion

Le death metal est un plaisir de tastevin : ce n'est plus à démontrer, mais c'est toujours un bonheur de le faire néanmoins et par l'exemple.
Mefitic, c'est du death moderne, donc c'est déraisonnablement occulte, l'ambiance recèle des notes de dépravation black metal pratiquant autant que de tectonisme et de malveillance pré-humaine : Antediluvian, mais aussi Grave Miasma, dont la pochette ne sera pas la seule à évoquer le dernier et prodigieux album. Mais Mefitic, c'est du death italien, donc ça aurait du mal à vraiment donner à fond dans la théorie du chaos anti-rythmique totale à la Portal - car si ça donne bien à fond dans quelque chose, c'est droit devant, avec une voracité simple et rectiligne entre thrash, crust et rock'n'roll qui donnerait surtout envie de citer Entombed, Miasmal et Motörhead - ou, pour rester dans le death, l'Italie et le satanisme primate, les délicieux Blasphemophagher, eux dont je n'ai jamais réussi à trouver un album à la hauteur des promesses dont ils sont capables durant un morceau ou deux : on devine si Mefitic me comble, du coup, avec son death metal bien loubard, qui file droit sur des essieux bigleux, des riffs canailles qu'on en aurait presque Cop Shoot Cop qui vous brûle les lèvres, bref son death aux airs de petite frappe perverse, qui pourtant ne dissimule pas tout à fait de ça de là quelques saisissants entre-aperçus, dans ses plis, d'une malveillance discrètement mais sérieusement plus étoffée, à l'aura et l'épaisseur plus apparentée aux mythologies antiques les plus trapues et monumentales... Grave Miasma, en vérité, voilà bien de quel registre de peplum sale, cru et rustique on parle, où les spectres aux accents étrusques gutturaux se détectent aux auréoles de gras qu'ils laissent sur les fresques des murs, qu'ils écaillent et cloquent de leur haleine rêche ; et ce, sans rien devoir confier au flou artistique et à l'abus de fusain partout, ce qui serait bien dommage lorsque les détails baveux et pourrissants sont à ce point goûtus. Je pourrais encore caser facile quelques brouettées d'adjectifs affriolants, mais vous avez mieux puisque vous avez la pochette en guise de nuancier, et que somme toute, le groupe porte simplement très bien son nom. Après, c'est vous qui savez si vous aimez le pinard.

vendredi 14 août 2015

Jesus Cry Stalin : Democccrasp

Jesus Cry Stalin, comme son nom probablement l'indique, c'est du punk français. A ce stade, cependant, je me dois de dire le nom que j'ai en tête sans y avoir mon mot à dire, dès l'instant que je pense "punk français" : Void Paradigm. Les deux groupes n'ont pas grand chose d'autre à voir, vu que JCS ne jouent pas du metal et sont Parisiens - mais les deux restent du punk français, dans la même vision de la chose : caniveau, et lettres chevillées au scrotum. Une gouaille acide, sentant la pisse, et pourtant également une odeur d'aristocratie trouble et pénétrante, comme une cuite à l'Eau de Cologne.
JCS, eux, jouent, pour une fois que c'est pas moi qui le dis tu penses si on va se priver ! - du "crasse-goth". Je prends la référence à l'anarcho-gueux, et je prends évidemment le goth - toughgoth, pour être précis, ou thuggoth, les deux orthographes sont acceptées - dans le sens où, l'auditeur aura tôt fait de le découvrir, l'imagerie de cette pochette et de ce site ne sont pas juste là pour faire cool... On parle de punk rock médiéval germé dans les visions rabelaisiennes cauchemardesques d'une intoxication au goût de plantes d'apothicaire défroqué et d'aigre dégueulis, on parle de trousser une gueuse-squelette à figure d'épidémie, on parle de danse macabre sur les cendres rances de la fin du monde quotidienne... On parle d'une musique qui sent, qui exsude toutes sortes de phéromones bestiales musquées ; on parle d'une chose qui rapidement vous infecte le cerveau et vous obsède de ses comptines aux airs de figures mythologiques inquiétantes, déglinguées comme des vieilles guimbardes et qui pourtant foncent à tombeau ouvert sur les routes d'un nouvel âge d'obscurantisme post-mort de l'écosystème dont on ne revient qu'à regret, tant on s'y sent gaillard et tout bourré de vie.

mercredi 12 août 2015

Tribulation : Children of the Night

Je suis très perméable aux suggestions encloses dans le visuel des disques ET très enclin à voir le gothique partout, les deux de façon aussi notoire. Une vraie marie-couche-toi-là.

Mais LA, faut peut-être pas déconner, non ? Y a tarpin de groupes qui prouvent la consanguinité entre heavy et deathrock, The Wizar'd et Venomous Maximus en tête ; mais du Watain en encore plus heavy, n'a absolument rien de gothique. Remarquez, pour paraphraser un autre vieux con : une génération à laquelle on a vendu In Solitude et Beastmilk mérite sans doute Tribulation.

dimanche 2 août 2015

Nibiru : Netrayoni

Le psychédoom comme film pornographique. Enfin, j'imagine qu'on peut débattre de savoir s'il ne s'agirait pas plutôt de documentaire, ou de Projet Blair Witch à [trouvez vous-mêmes où la photo ci-contre a pu être prise].
Mais on parle tout de même de vous introduire et vous enfoncer dans le k-hole de quelqu'un d'autre ; de vous y sentir comme fusionné avec ses parois-mêmes, en cet endroit, plus paroxystique et libre que l'Oeil de la Terreur, où la réalité est la plus crue et toxique, où la seule texture de l'écorce ou la peau est la plus puissante et redoutable des divinités primordiales, et où toutes formes de bien-être ont l'odeur de la viande.

samedi 1 août 2015

In The Nursery : Anatomy of a Poet

Une fin d’après-midi ensoleillée, un match de football dans un parc. Je garde les buts. Une passe mal dosée, une interception, des coéquipiers qui se replient trop lentement et c’est le duel, le face à face. L’attaquant est sur son pied d’appui, je lis parfaitement sa frappe : il va tirer sur la gauche. Il faut assurer, surtout ne pas se trouer. Instinctivement je plonge. J’ai bien anticipé, un vrai chat, mon mouvement est parfait… ma trajectoire impeccable… sauf qu’au moment fatidique aucune main, aucun pied n’est idéalement placé, mon corps est trop bien centré et il ne reste qu’une option : arrêter le ballon du bas-ventre. J’ai juste le temps de penser  "c’est bon, je l’ai !" avant d’être frappé par la douleur. Paf le chien. Blum le Léon. Grelin-grelinette. Je reste au sol. Quelqu’un se marre, c’est mon fils. Je voulais qu’il voie comment son père joue bien. On lui explique qu’il n’aura probablement plus de petit frère ou de petite sœur.

Je voudrais sortir mais il n’y a pas de remplaçants.