dimanche 16 août 2015

Mefitic : Woes of Mortal Devotion

Le death metal est un plaisir de tastevin : ce n'est plus à démontrer, mais c'est toujours un bonheur de le faire néanmoins et par l'exemple.
Mefitic, c'est du death moderne, donc c'est déraisonnablement occulte, l'ambiance recèle des notes de dépravation black metal pratiquant autant que de tectonisme et de malveillance pré-humaine : Antediluvian, mais aussi Grave Miasma, dont la pochette ne sera pas la seule à évoquer le dernier et prodigieux album. Mais Mefitic, c'est du death italien, donc ça aurait du mal à vraiment donner à fond dans la théorie du chaos anti-rythmique totale à la Portal - car si ça donne bien à fond dans quelque chose, c'est droit devant, avec une voracité simple et rectiligne entre thrash, crust et rock'n'roll qui donnerait surtout envie de citer Entombed, Miasmal et Motörhead - ou, pour rester dans le death, l'Italie et le satanisme primate, les délicieux Blasphemophagher, eux dont je n'ai jamais réussi à trouver un album à la hauteur des promesses dont ils sont capables durant un morceau ou deux : on devine si Mefitic me comble, du coup, avec son death metal bien loubard, qui file droit sur des essieux bigleux, des riffs canailles qu'on en aurait presque Cop Shoot Cop qui vous brûle les lèvres, bref son death aux airs de petite frappe perverse, qui pourtant ne dissimule pas tout à fait de ça de là quelques saisissants entre-aperçus, dans ses plis, d'une malveillance discrètement mais sérieusement plus étoffée, à l'aura et l'épaisseur plus apparentée aux mythologies antiques les plus trapues et monumentales... Grave Miasma, en vérité, voilà bien de quel registre de peplum sale, cru et rustique on parle, où les spectres aux accents étrusques gutturaux se détectent aux auréoles de gras qu'ils laissent sur les fresques des murs, qu'ils écaillent et cloquent de leur haleine rêche ; et ce, sans rien devoir confier au flou artistique et à l'abus de fusain partout, ce qui serait bien dommage lorsque les détails baveux et pourrissants sont à ce point goûtus. Je pourrais encore caser facile quelques brouettées d'adjectifs affriolants, mais vous avez mieux puisque vous avez la pochette en guise de nuancier, et que somme toute, le groupe porte simplement très bien son nom. Après, c'est vous qui savez si vous aimez le pinard.

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