mercredi 30 septembre 2015

Ondskapt : Draco Sit Mihi Dux

Le black metal vampire, soyons direct : y en a pas lourd. Y a les disques d' Ebonylake, et y a ça. Le premier Ondskapt, c'est pas mal Le Bal des Vampires, nettoyé de sa pitrerie - l'impression réellement effrayante qu'il m'a laissé, au moins à moi, au moins vu môme.
Alors vous imaginez une manière de goule folle qui court, valse ou titube, on ne sait trop, un peu partout dans le noir de son vaste caveau poussiéreux en poussant des haut-le-cœur et des cris d'orfraie tandis qu'elle se cogne aux toiles d'araignées en craignant chaque fois que ce soit encore un de ces murs durs et glacés... et vous laissez la parfaite pochette et l'impeccable titre faire le reste, pour ce qui est de vous tisser tout ce qui se peut tisser autour de votre esprit recroquevillé d'excitation.
Merci.

dimanche 27 septembre 2015

Halshug : Blodets Bånd

Comprimé sécable.
Odeur d'après-rasage.
Entretien d'embauche.
Boutros Boutros-Boutros est le chef de la pègre, un clown dans une bouche d'égout le majeur chapeauté d'un dé à coudre. RH junior l'assiste. Petits seins dou-dou-di-dou-di-dam, chatte rasée blanc de poulet. Forniquons, prête-moi ton corps pour faire du sport, penses-tu, mais tu sais te tenir. Tu as déjà été au restaurant. Elle se rode, apprend les rudiments du métier. Tu réponds à ses questions bateau par des réponses bateau. Niafron interrompt la bataille navale et t'offre un collier de nouilles car, dit-il, les produits en limite de fraicheur sont à - 50%. Crève, va te faire exploser la gueule sur Mars, penses-tu, mais tu sais te tenir. Tu as déjà été au restaurant.

Défaite.
Solitude.
Tu files un melocotón, peón.

De la béquille au déambulateur.
Du déambulateur à la chaise roulante.
De la chaise roulante au lit médicalisé électrique.
Du lit médicalisé électrique au crématorium.

Ni fleurs ni couronnes, une chopine par personne.

samedi 26 septembre 2015

VI : De Praestigiis Angelorum

Je vois le malentendu, à présent : je n'avais pas correctement compris ce que c'était, que l'on appelait "le black orthodoxe". Je n'avais pas compris que, sans vouloir en revenir encore et toujours à mon analogie avec les auteurs chrétiens blacklistés façon changement de trottoir quand je te croise par la chrétienté, que sont Huysmans et Barbey, les seuls groupes que je goûte dans la famille - Ondskapt, Funeral Mist, Mortuus, Merrimack, Watain à partir du moment où ils deviennent du heavy metal mais l'assument contrairement à la plupart des groupes de black - sont un peu les moutons noirs ou les cousins perdus de vue, dans la famille.
Et que le black orthodoxe, et son fameux climat, non pas dévoué, mais dévot, voire dévotionnel, voire dévotionnaliste, ce n'est pas la ferveur bouillante (qui justement, elle, est plutôt dévouée, en toute simplicité, mais l'amateur de black éduqué dit "thrash") du nouveau Temple of Baal, pour prendre une comparaison qui s'impose aisément par la période de parution, le label, le réseau des musiciens, et disons le volontiers le nombre de morceaux écoutés jusqu'ici par l'auteur de ces lignes - mais c'est ça : VI, et toutes ces choses intelligentes, élégantes et de bon goût à la Ascension. Soit, pour citer un commentateur : "si on aime Manowar..." - mais qu'on n'aime pas bien la sueur, ni aucune forme d'effort physique (ça tombe bien, le seul exercice sportif auquel vous contraint cet album semble être de lever les bras vers le ciel et ne les plus bouger) ; si on aime les choses immodérément épiques, grandiloquentes par-delà le ridicule, mais qu'on n'aime pas bien les postillons dans la figure, l'haleine envahissante qui va avec, et généralement toutes les émanations corporelles. Si l'on aime l'emo, mais pas trop les effusions trop collé-serré, si ça ne vous dérange pas, Monsieur : satanisme oblige ; dévotion oblige.
Si l'on aime, en somme Deathspell Omega dans ce qu'ils ont de plus plat et emmerdissime - soit, certes, Paracletus, mais plus encore le fameux et incompréhensible Si Monumentum, qui passe faut-il le rappeler pour une sorte de sommet et source de toutes choses pour les orthodoxes, si je ne m'abuse - ... mais qu'on trouverait ça encore mieux si tout cela était casé dans des morceaux de Manowar - Immortal, ou Emperor, si vous préférez. Si l'on se dit qu'on aimera The Ark Work le jour où il sera entièrement repris par un vrai producteur metal ; ou Arrow in Heart le jour où il sera purifié de ses scories neurosiennes à dreadlocks coagulées au sang.

Ceci dit, encore une fois, je n'ai entendu que deux morceaux du ci-devant album. C'était déjà bien assez, merci (imaginez la diarrhée que vous auriez dû lire si j'avais dû aller au bout). A présent j'ai l'envie qui me démange d'écouter un truc war metal du Tiers Monde resté en adoration devant les écrits les plus douteux de Pete Helmkamp. Je ne vous félicite pas.



P.S : mais aussi, j'aurais dû m'en douter ; autant que Dead Congregation nous a cuisamment rappelé qu'il était inutile d'attendre quoi que ce soit d'un album dont le titre comportait le mot "promulgation", autant ici l'affaire était plié au mot "prestige" - il s'agit bien de ça...

mercredi 23 septembre 2015

Deiphago : Into the Eye of Satan

J'aurais pu dire qu'on a la vague impression d'écouter Angelcorpse et Abscess en même temps...
Mais à ce niveau-ci, de barbarie, il n'y en a véritablement pas des masses. Bellum Omnium Contra Omnes, dont Deiphago rappelle ici la démence belliciste inspiratrice d'un étourdissant sentiment de malaise, de peur et de souillure - et la violence pathologique insane de Genesis of a Satanic Race, pathétique, grotesque, et non moins pour autant terrifiante et salissante.

Et c'est tout ce que vous avez besoin de savoir.

samedi 19 septembre 2015

Chelsea Wolfe : Abyss

Un papillon de nuit flottait à la surface
D'un bol de café froid sur une table oublié
Confondu par l’avancée de l’aube abhorrée
La sagesse dévoyée par une funeste angoisse
Au cœur de l'astre noir le gris-de-poudre avait cru
Trouver refuge au jour et planche de salut

Les ailes détrempées de leur long déployées
Fondues comme hosties sur langues de bigotes
Confirmaient l'axiome qu'aux malheureux ptérygotes
La brasse papillon est fort loin d'être innée

jeudi 17 septembre 2015

Valborg : Romantik

Mes braves petits Valborg. Leur inimitable machin commençait à tourner un peu en rond ; ce qui était d'autant plus triste : on sentait bien que ledit machin ne pourrait jamais, par essence, verser dans le mauvais goût ni le mauvais tout court - et que pourtant l'on n'en allait pas moins, aussi triste fût-il, finir par s'emmerder, pour le dire de façon un peu moins exquise que leurs manières. Ils sont donc sorti du bois, avec un audacieux album du nom de Necromachin que je ne retiens toujours pas - et d'une abominablement plate vulgarité. Un grand courage, qui leur aura par ailleurs été salutaire, puisqu'il leur aura donc permis d'aller en quête - réussie ici-même - de leur inspiration et de retrouver leur bon goût et leur impossible élégance, ailleurs que dans leur mystérieuse et sombre futaie natale.
Ici, c'est avec un Romantik - toujours les albums concepts massifs, vous ferez vous-mêmes les blagues épaisses à base de consonnes contondantes sur le Germain, je suis assez peu doué pour l'exercice - en forme d'improbable et idéal équilibre somnambule entre Rammstein, tout ce qu'ils peuvent avoir de beau et de solennel, et rien que ce qu'ils peuvent avoir de beau et de solennel - et de la new wave bien érotomédicamenteuse ; moyennant quoi, dans cette sous-catégorie libidineuse de la sous-catégorie hybride que l'on nomme dark-metal, ils mettent une délicate et dolente raclée à tous les - louables mais toujours désastreusement maladroits à un moment ou à un autre - efforts de Tiamat, Moonspell, Tryptikon... Tout cet inéluctable et si gothique sentimentalisme pressant qui vient avec le vampirique thème du disque, se mariant avec une harmonie confondante - tout ce blanc, bon sang... - avec l'austère, sévère âpreté de chœurs montagnards dans la façon d'Ekpyrosis, et signant une bande-son parfaitement évocatrice, non pas du sempiternel Nosferatu de Murnau - vous l'avez vu, vous ? moi pas - mais du narcotique climat de celui de Herzog... dont il montre d'éclatante façon un cousinage qu'on n'avait jamais eu l'heur de remarquer avec l'ambiance non moins stupéfiante et assommante de 2001 - que de blanc, sacré nom ! - en en transposant ainsi sans douleur la vieilloterie grinçante et poussiéreuse dans un futur non moins vieillot, grinçant, et neurotoxique ; sans oublier au passage de faire resplendir la sublime lumière  de la grandiose nunucherie laiteuse de Vangelis... et d'en faire enfin voir et ressortir dans le même temps le livide teint de maladie et de morbidité, digne d'un Anna-Varney subitement doté d'une virilité impérieuse non moins qu'exquise de délicatesse ouatée. Laquelle tout comme l'album vous gagne peu à peu, vous envahit tout en insidieuse et doucreuse suavité, vous imbibe, vous infiltre, vous contamine de son effrayante douceur.
Triomphal, rien moins.