jeudi 17 septembre 2015

Valborg : Romantik

Mes braves petits Valborg. Leur inimitable machin commençait à tourner un peu en rond ; ce qui était d'autant plus triste : on sentait bien que ledit machin ne pourrait jamais, par essence, verser dans le mauvais goût ni le mauvais tout court - et que pourtant l'on n'en allait pas moins, aussi triste fût-il, finir par s'emmerder, pour le dire de façon un peu moins exquise que leurs manières. Ils sont donc sorti du bois, avec un audacieux album du nom de Necromachin que je ne retiens toujours pas - et d'une abominablement plate vulgarité. Un grand courage, qui leur aura par ailleurs été salutaire, puisqu'il leur aura donc permis d'aller en quête - réussie ici-même - de leur inspiration et de retrouver leur bon goût et leur impossible élégance, ailleurs que dans leur mystérieuse et sombre futaie natale.
Ici, c'est avec un Romantik - toujours les albums concepts massifs, vous ferez vous-mêmes les blagues épaisses à base de consonnes contondantes sur le Germain, je suis assez peu doué pour l'exercice - en forme d'improbable et idéal équilibre somnambule entre Rammstein, tout ce qu'ils peuvent avoir de beau et de solennel, et rien que ce qu'ils peuvent avoir de beau et de solennel - et de la new wave bien érotomédicamenteuse ; moyennant quoi, dans cette sous-catégorie libidineuse de la sous-catégorie hybride que l'on nomme dark-metal, ils mettent une délicate et dolente raclée à tous les - louables mais toujours désastreusement maladroits à un moment ou à un autre - efforts de Tiamat, Moonspell, Tryptikon... Tout cet inéluctable et si gothique sentimentalisme pressant qui vient avec le vampirique thème du disque, se mariant avec une harmonie confondante - tout ce blanc, bon sang... - avec l'austère, sévère âpreté de chœurs montagnards dans la façon d'Ekpyrosis, et signant une bande-son parfaitement évocatrice, non pas du sempiternel Nosferatu de Murnau - vous l'avez vu, vous ? moi pas - mais du narcotique climat de celui de Herzog... dont il montre d'éclatante façon un cousinage qu'on n'avait jamais eu l'heur de remarquer avec l'ambiance non moins stupéfiante et assommante de 2001 - que de blanc, sacré nom ! - en en transposant ainsi sans douleur la vieilloterie grinçante et poussiéreuse dans un futur non moins vieillot, grinçant, et neurotoxique ; sans oublier au passage de faire resplendir la sublime lumière  de la grandiose nunucherie laiteuse de Vangelis... et d'en faire enfin voir et ressortir dans le même temps le livide teint de maladie et de morbidité, digne d'un Anna-Varney subitement doté d'une virilité impérieuse non moins qu'exquise de délicatesse ouatée. Laquelle tout comme l'album vous gagne peu à peu, vous envahit tout en insidieuse et doucreuse suavité, vous imbibe, vous infiltre, vous contamine de son effrayante douceur.
Triomphal, rien moins.

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