lundi 26 octobre 2015

Hangman's Chair : Hope///Dope///Rope

Ça y est, bravo les gars : j'ai de nouveau seize ans. J'ai envie de mourir, j'écoute le même album trois fois dans la journée, et je me sens plus délicieusement exhibitionniste à chaque.
Et en même temps on est toujours en 2015 ce qui n'est pas plus mal : en 2015 je connais Arkangel, entre autres, et puis à 16 ans, en dehors du final de "Hurt" il n'y avait à peu près rien en musique qui me laminait réellement, assez physiquement, pour me fiche la chair de poule - et encore, en ne tirant pas trop sur la corde en me la passant trop souvent. Quelle connerie, "c'était mieux avant" ! Aujourd'hui je suis devenu une vraie sentimentale, et j'ai encore plus la chair de poule à la troisième fois de suite que j'écoute... on ne va pas les citer, parce que au fur et à mesure que je le fréquente ce sont à peu près tous les morceaux, dans Hope///Dope///Rope, qui me filent un brusque coup de froid le long des veines et de l'épine dorsale. Y compris le foutu putain d'instrumental holy terror de conclusion... terrifiant : pas mal, faut avouer, pour un groupe dont la voix est tellement indécente et miroitante de charge émotionnelle, qu'on pourrait craindre qu'elle suscite une quelconque forme d'indulgence ou d'aveuglement au reste... Non, rien n'est ostensible chez Hangman's Chair - pas même le chant, qui n'est que ce qu'il peut, de toutes ses forces éperdues : ni plus, ni moins - et c'est sans faire de bruit, ainsi qu'on va vérifier sur la pointe des pieds le sommeil de bébé, que le moindre détail est douloureusement impeccable, de façon innée, sans jamais chercher à faire ce qui fait bien ou qui va bien ; si on regarde, Hangman's Chair sont bien toujours les mêmes supposés beaufs - les hommes simples, comme dirait la dédicace de certain disque de Cowards... - de Es La Guerilla, qui ont simplement arrêté de parler de la supposée guerre urbaine, ou d'une certaine forme de celle-ci à tout le moins, pour se décider à parler de leurs défaites intimes, et surtout de nous ouvrir leur cœur sur ce qui le fait sincèrement panteler. De nous ouvrir leur poitrail, avec une générosité brusque et un peu mélodramatique de fort de foire, et de nous montrer les émotions sanguinolentes et nourrissantes qu'ils ont en-dedans, pour nous. Si un truc vous résumera impeccablement Hangman's Chair, c'est ce batteur, avec ses frappes aussi souples que lourdes, tout à la fois Vinnie Signorelli gominé de PMU de Rungis (ou Montgeron, directement), et velours riche et patiné par les années bien caché au fond d'une échoppe poussiéreuse et taciturne de Saint Ouen, ne sautant aux yeux que des connaisseurs à l’œil hanté par la soif inextinguible, capables de voir ce que révèle sa couleur mate dans la demi-obscurité complaisante : à lui seul avec la patte de gros matou blessé et au poil épais qu'il met sur des breaks à liquéfier les intestins de maint groupe de beatdown ost-germanique ou cockney, il pourrait résumer le groupe à lui seul, avec sa trogne à s'appeler Francis, au point que je pensais qu'il était le chanteur sur les photos promos, avant de savoir qui était qui dessus ; lui dont le jeu lourd et caressant contient autant de la beau-gosserie du chanteur et de son impudeur belle à tomber digne de Keith Caputo seul, que de la patibulaire menace des riffs les plus enrobés et ras-du-caniveau dont sont capables ses compères guitaristes, en somme le même air de souffrance et de déception de Harvey Keitel alors qu'il vous démonterait méthodiquement les dents...
Parce qu'enfin, je pourrais encore tourner autour du pot de miel longtemps, ce serait vain et je ne me lasserais jamais pour autant, tellement le groupe délie la langue et libère le gosier et le cœur ainsi qu'un bon verre de scotch sur une soif de plusieurs heures, ou une lampée de mauvais blend tout aussi bien d'ailleurs - mais il suffit de se figurer que les mecs sont juste un peu les rois du breakdown de porc - River Runs Red n'est tombé dans l'oreille ni de sourds ni de mous du ciboulot - au milieu d'un morceau emo-déchirant titubant à la lisière du lyrisme suicidaire - River Runs Red n'est... - de porc, mais émouvant aussi - le breakdown, figurez vous bien, enfin... disons, qui fait plus mal que le simple poids brut du parpaing lancé dans le foie en tir tendu ; figurez vous. Du rhythm'n'blues beatdown, quoi.
Bon, bref : vous l'écoutez, c'est tout.






P.S : Quant à toi, mon vieux poteau, là-bas où que tu sois, je ne sais pas si tu as eu l'occasion de connaître certains des auteurs de celui-ci, mais je crois que vous auriez pu bien vous entendre, et pour ma part je ne peux m'empêcher de penser à toi chaque fois que j'entends la voix du psychopathe mystique loin là-bas sur le toît du monde, en introduction de la dernière piste, et de t'imaginer te régaler à soulever des types par le fond de la culotte dans un pit en écoutant les grandioses riffs de celle-ci.

jeudi 15 octobre 2015

Ende : The Rebirth of I

La pureté. Telle est la notion qui se dégage  et se ressent le plus au contact de Rebirth of I. La pureté de l'intention, la même que sur leur vieille démo récemment venue au jour et qui pour sa part creusait plutôt du côté vandalisme rustaud de la chose en question - le true black, que croyiez-vous d'autre ?
La pureté est telle chez Ende qu'elle est la même, à vous fendre comme le gel, qu'ils chantent en français, en anglais ou en norvégien - mais oui : lorsque l'intention est pure, les ridicule est quant à lui notion hors de propos. Ende a le true black chevillé au corps, qui lui engourdit les moelles et la fibre musculaire, et vous avec, de sorte que rien n'y est déplacé ni de trop, chaque chose à sa juste place légitime et à la plénitude de son bouquet - les cris des loups, ceux des corbeaux, les mugissements hantés du vent, dégageant toute leur menace et leur beauté, sauvage, originelle....
On lit souvent  et alternativement le beumeu défini comme une forme de punk rock renouvelé et rajeuni dans sa radicalité, de nihilisme profanateur - et une d'exaltation de la nature, de la pureté, de l'innocence. Ende vous prouve que l'alternative entre les deux écoles, au moins par la grâce de son disque le temps qu'il dure, n'a pas lieu d'être, vous montre l'unité entre les deux fibres où s'enracine le genre, vous montre où elles se peuvent joindre à nouveau, loin des chapelles en forme de niches commerciales où il s'est cloîtré depuis - lui qui fondamentalement à tellement à faire, des unes comme de l'autre, chapelles et enfermement bien cloisonné... Plutôt, en vérité, à la source que dans le passé (le temps après tout est un vicelard dont on sait à quel point il faut se fier à ses ophidiens méandres), qu' Ende semble certes atteindre mais sans effort ni fanatisme, par pente uniquement naturelle de sa forme d'esprit, la source où les solides et volubiles charpentes rythmiques et la richesse d'expression n'excluent jamais l'âpreté des riffs et de leurs abruptes bourrasques, où les ataviques accents médiévaux subtilement compassés n'infirment jamais les aboiements gueux de hardos moderne, ni le Silmarillion les 120 Journées de Salo, ni l'aspect documentaire du genre sa fonction rituelle - toutes choses qui, on le voit en le disant, n'ont après tout jamais rien eu d'irréconciliablement contradictoire, pas davantage que l'acide et l'aigre. La sorcellerie et le perfecto. Le rock de chiens errants et le temps d'antan. Ende vit dans un passé à ciel ouvert (et, pour paraphraser Charles M'Bouss, "n'en fait pas tout un boucan", contrairement à d'autres déjà bien assez bruyants tout seuls avec leur saucisson, et qu'il n'est donc pas utile de nommer ici). Allez les y voir, tantôt.

Enfin, depuis le temps, vous savez lire une pochette aussi bien que moi, non ?

mardi 13 octobre 2015

Killing Joke : Pylon

Très gogoth. Très aerobic-metal. Très déjà entendu et auto-citateur. D'une oreille juste un peu distraite, Pylon passerait même pour un album légèrement naze.
Oui mais, voilà : mélodiquement, Jaz Coleman est en TRÈS grande forme, à la limite du grade "A-Ha" ; et ce sacré bon sang de batteur est prodigieux, à insuffler ainsi une impossible nervosité friponne à des morceaux autrement dangereusement au bord de verser dans le pire de Killing Joke - à savoir : Pandemonium - et à donner des rêves fous de ce que le clown jaune aurait pu être, avec lui à la place de l'autre Grohl, dont il a un vague air du style char d'assaut... simplement en incomparablement plus humain, joueur, grisant, bondissant.
Ce qui suffit certes à évacuer proprement tout le faux air de Rammstein que possédait Pandemonium (je vous jure, quelle horreur que de se décider à la sortie de celui-ci entre tous, à enfin essayer Killing Joke, trompeusement encouragé par le carnage "Exorcism" entendu chez Bernard Lenoir...) ; mais pas, loin de là, les marottes Dongeons & Dragons Tout en Kahrthôn de Coleman. Qui, pour autant que je sois strictement concerné, ne saurait passer s'agissant de donner l'éclairage à des morceaux à la rocailleuse simplicité comme est le ton ici - et à la longueur roborative, faut-il préciser.
Un mélange de Night Time et Hosannas from the Basements of Hell, était-ce bien judicieux ? Un album baptisé Pylon avait-il la moindre chance avec moi ? Une pochette aussi catastrophique lorsque l'on est pas un groupe d'electro-dark-trance allemand de cinquième zone, est-ce seulement pensable - hormis, bien sûr, si l'on est déjà auteur de Pandemonium ? Épuisant, cet album m'épuise. A ne même plus savoir si j'espère que "Euphoria" sorte en single... ou que, connaissant le même destin que "In Cythera" sur MMXII, elle voit ses charmes tapageurs et simplistes rapidement s'éventer, pour laisser d'autre obtenir mes faveurs... mais les candidats paraissent timides : "Autonomous Zone" et "New Jerusalem", en étant magnanime - mais quoi d'autre ? "Big Buzz", si seulement je parvenais à dés-entendre ce que dit le refrain - à savoir : Big Buzz ? Un doute m'habite... Un rap ? sérieux, vous voulez vous mesurez sur ce terrain-là à votre fils le plus brillant ? "Big Buzz" ce sera donc - et rien d'autre : des lignes de synthé comme celle de "Euphoria", j'en ai plein mes étagères, merci, j'écoute de la new wave. Il y a autre chose que cette ligne de synthé sous ce refrain, dans ce morceau ?
On ne fait pas un album avec trois refrains, Monsieur, même des en or comme ceux dont on parle. Pas avec des morceaux aussi... cyberkitsch. Pas chez moi, Monsieur.

dimanche 11 octobre 2015

Hangman's Chair : This Is Not Supposed To Be Positive

Les groupes de metal qui sont restés scotchés au plafond sur Alice in Chains c'est pas ce qui manque. Les groupes en revanche qui ont... bah ! je ne trouve pas la façon de le dire qui ne donne pas l'air d'un concours de biscottos ou de cylindrée, alors allons-y gaiement : le niveau d'Alice in Chains, et de Life of Agony aussi tant qu'à faire - vous avez déjà compris ou comprendrez bien vite en les écoutant, qu'il y a deux groupes qu'on ne peut simplement pas éviter de citer concernant Hangman's Chair, sans que ç'ait rien d'insultant, pour aucun des trois : beaucoup moins fréquent ; pas à trouver sous le pas d'un cheval.
Il ne faut pas craindre de le dire : les mélodies de Hangman's Chair, arrivés à leur ci-devant dernier album, sont plus belles que celles d'Alice in Chains. Ça n'enlève rien aux blessures à vie que sont Dirt et Facelift, avec cette maladie qui leur suinte de partout, ce venin, cette saveur blette et musquée, mais c'est un fait, et c'est peu ou prou valable - on ne va pas non plus passer la nuit sur les détails puisqu' après tout il est question de Hangman's Chair, ici - de même pour Life of Agony, mais c'est un fait : c'est peut-être là justement, encore plus que les fameuses guitares aux accents d'eau croupie, ce que cet album a retenu de la cold wave, lui qui n'est en rien un album cold wave, en tout un album de hardcore doom et un album froid comme la mort qui vient, ou le petit matin, c'est pareil : la beauté ; même pas d'ailleurs une beauté purement cold transplantée chez eux, puisqu'il s'agit encore d'autre chose, et que les à peine soutenables mélodies de Hangman's Chair méritent bien le rose barbe à papa qui leur sert de somptueux paravent. On pourrait imaginer le Pearl Jam du premier album - tiens, au fait, dites, maintenant que j'y pense, de quelle couleur est sa pochette, à ce con-là ? - et tout spécialement ses morceaux les plus troue-le-bide, je pense à "Black" avant tout et souvent pendant l'album des Parisiens, dans une interprétation de tough guy toujours impeccablement mis question brillantine, et toujours dans le coin du regard cette humide étincelle de tragédie, qui ne donne envie que de citer des Jean Gabin, des Depardieu de dix-huit ans, et tous ces bonshommes à l'ancienne auxquels renvoient autant la mouille du batteur que sa frappe de mule avec un chien invraisemblable ; ou bien on pourrait imaginer un Dax Riggs qui aurait réussi sa reconversion - parce que, faites excuse mais tant qu'on est dans la discussion à bâtons rompus, d'homme à homme et sans se ménager, avec les classiques et les illustres vieilles gâchettes, qu'a-t-il réussi de vraiment tuant qui ne reste pas sur l'estomac comme un pudding mais le troue comme l'acide, en dehors d'Acid Bath, le beau gosse : un album de Deadboy qui est potable, et puis ? combien de disques saturés de roucoulades trop surchargées et hystériques pour toucher réellement, au-delà d'un timbre donné par les dieux ? Le chanteur de Hangman's Chair non seulement sait incomparablement mieux en faire juste ce qu'il faut et pas un fiévreux frémissement de plus, mais en plus il s'appuie sur un groupe qui est tout sauf un faire-valoir, et dont la sensibilité extrême lui parle d'égal à égal.
"De la pop", ai-je pu lire à propos du disque ; et quand bien même ? Ne rêve-t-on pas tous, nous autres gens aux goûts aussi exigeants que tourmentés, d'en écouter, d'en trouver de la faite pour soi, exigeante et tourmentée, de la musique aussi riche, caressante et glucidique que la pop ? En voilà ; ce n'est même pas de la pop dark, ou je ne sais quelle connerie : ça s'appelle les nineties. Comme qui dirait qu'en musique aussi, il faudrait envisager le concept de décroisssance soutenable - et ce en quoi il n'y est justement pas question de décroissance de l'émotion ; comme qui dirait qu'on a perdu quelque chose en route, dans le flou du paysage dont le défilement s'accélérait avec l'extrémisation de l'extrême et du mélangisme forcené qui s'auto-digère en temps réel à la façon d'une chaîne d'infos en continu. Et puis, qui a besoin d'étiquettes, que ce soit doom ou pop ? Vous avez déjà vu une étiquette qui convienne véritablement, à The Cure ou Alice in Chains ?
Hangman's Chair sont là, heureusement : ceux-là n'ont très visiblement - si on va les regarder : eux ne viendront jamais faire des saltos pour personne, rien à foutre, très simplement - jamais eu cure de faire ce qu'il fallait, de mettre en avant et en valeur ni leur mauvais ni leur bon goût. Regardez donc leurs dégaines, et écoutez l'extrême sensitivité assumée de leur musique ; et puis aussi écoutez les parler de Vladimir Cosma, et le morceau en question sur le disque. Ils sont qui ils sont et font leur truc, et cela fait juste une bonne vingtaine d'années que celui-ci vit son bonhomme de maturation en eux. Alors, quand on débouche, forcément... ça peut faire tourner des têtes, assez violemment. Qui a besoin d'étiquettes, lorsqu'il y a des chansons aussi indélébiles que "Save Yourself", "Cut Up Kids" ou "Flashback" ? Sérieusement ?

vendredi 9 octobre 2015

Hangman's Chair : (A Lament for...) The Addicts

Un juvénile gang de thugs stoner parigots qui vit sa vie comme un film de Scorsese... dans une totale crédibilité, qui vous force la main comme l'haleine puante de whisky d'épicerie d'un pote vous enrôle irrésistiblement dans une nuit de connerie.
Hangman's Chair, premier disque, avec toutes les gaffes que cela suppose, et déjà profondément à part de la foule.


















P.S : Mon Franck, je crois que tu as connu un de ses auteurs, je ne sais pas si tu as connu le disque, mais il t'aurait plu je pense, et par bien des aspects il te ressemble.

jeudi 8 octobre 2015

Kylesa : Exhausting Fire

Je n'ai pas de problème avec le "metal-post-punk".
J'ai un problème avec Beastmilk, et In Solitude, et consorts puisque hélas consorts il y a ou aura incessamment sous peu en nombre trop grand, lequel problème un musicien des sûrement non moins horribles (on comprendra aussitôt pourquoi j'ai eu la sage précaution de n'en entendre pas la première note) Publicist UK a résumé avec une éloquence sublime dans tout ce qu'elle sous-entend, a fortiori lorsqu'on sait qu'il n'a pour sa part jamais entendu une note des deux autres :"Non, mais sérieusement, quand des gens nous comparent à Beastmilk ou In Solitude, ils veulent dire par là qu'on ressemble à The Cult. Et The Cult sont les meilleurs, donc ça me va !".
Or voyez-vous, The Cult, c'est de la merde en branches. Et accessoirement, ce n'est pas mon rock gothique universel et fédérateur, puisque visiblement il s'agit de ce type d'effet dont il est question. Mon rock gothique universel, c'est Killing Joke et The Cure.
Alors forcément, Kylesa... ça ne posera jamais aucun problème.
Pour le détail, vous voyez ici.

mercredi 7 octobre 2015

Wederganger : Halfvergaan Ontwaakt

... Et le beumeu, c'est aussi cela.
Une voix d'ogre en pourpoint de soie riche, une autre de harpie en robes de sang serties de caillots, toutes deux ruisselantes de l'alcoolisme d'un Urfaust ramené dans les terres de la civilisation par le biais de l'éducation la plus aristocratique - et qui s'en va exercer ses prédations par les salons.
Un conte de fées pour adultes, on expurgé des viols et des rivières d'hémoglobines. Une gravure de Gustave Doré animée et parée des plus profondes couleurs pourpre, bronze et mordor. A vus donner la sensation d'avoir les yeux qui brillent aussi fort que ceux d'un loup-garou.

mardi 6 octobre 2015

(Dolch) : I + II

N'écoutant que ma légendaire inconscience, et ne supportant plus ce suspens,
j'ai réécouté la chose.

Le pire c'est que j'aime, en général, lorsque les métalleux mêlent de la cold ou du goth à leur langage. Ils y mettent une fraîcheur très souvent fort judicieuse et expressive.
Le problème de (Dolch) vient peut-être de ce que, tout comme chez Hexvessel, il n'y a ici aucune trace de metal.

Du coup, fatalement...

#windhand #gothpourhellfest #libérezl'apérovampire #néant #deuxballes

dimanche 4 octobre 2015

(Dolch) : I + II

#menaceruine #tropicofcancer #subrosa #instagaze #gothgaze
#metalgaze #salutçagaze? #gothfog #teutonicwave #derblutharsch #brouillardnihiliste #tulasensmagrisegrisaille? #tasvulapochetteestgrise? #postpunkistkrieg #mêmelabelqu'urfaust #reverbman #ladarkfolkçacraintplusd'enécouter #maisuncouteaunazipourêtresûrçamangepasdepain #puisc'estmoinsunivoquequ'unetotenkopf #martial #europa #ritualistic #cult #occult #toocoolforschool #zolajesus #postzolajesus #whosthatbitchfreyaaswynnanyway? #vousaveztousoubliérudolfhess #vivreavecsontemps #autaquetmoderne #viteuf #uneidéeungroupe #unmorceaugothc'estunemélodiequisonnegothetbasta #onaqu'àdirequ'onesthypnotiques #plusderéverb #gothdeouf #occultedeouf #sondeouf #unpeuderab'deréverb?

#notinmyname #adnauseam #i'msotired #rozzwilliams #oùserezvousdanstroisans?

#c #est #pasfondamentalementmauvais #voire #gentil #et #pasmalparfois #mais #j #y #arrive #plus #et #pourtant #je #suis #goth




Y a pas à dire : ça soulage. Quand on en a trop sur l'estomac, de toutes manières, faut fourrer trois doigts et dégobiller. Maintenant, je vais peut-être réussir à écouter le disque sans accélérer les morceaux. Et à en accepter les éventuelles qualités. "Suspension d'incrédulité", qu'ils disaient.

samedi 3 octobre 2015

Vortex of End : Fvlgvr.Lvx.Terror

Une autre version du black metal ; tout aussi impérieuse que récemment celle de Temple of Baal. Vous me direz, tu m'étonnes  que c'est autre : Temple of Baal, ce groupe qui semble bien parti pour me remettre en selle pour une phase black en règle telle qu'il ne m'en était pas arrivée depuis un moment, c'est du black avec beaucoup de death. Dame ! Et Vortex of End, non ? Le son dur et tranchant de ces riffs est au moins pour autant que la méchanceté de ces obsédantes harmoniques sifflées, dans l'analogie dont je ne peux me défendre entre Fvlgvr.Lvx.Terror et les deux derniers albums de S.A.S. Incantation.
Vortex of End est méchant comme Incantation, voilà l'affaire. Vortex of End est black, à coup sûr, et Vortex of End n'a rien oublié de ce que le black doit à l'ancêtre death - à commencer par Obituary : le respect des parents, c'est important ; d'ailleurs, si vous êtes chauds pour remonter encore plus loin, à la base le death c'est du thrash, et ce mordant malsain douloureux au tympan qu'on entend resplendir chez Incantation et Vortex of End, il vient de Slayer, vous savez, ce groupe dont on entend magnifiquement fleurir l'héritage chez cet autre groupe de black/death français, là...
La malveillance, Vortex of End en nourrit son black à le faire dégueuler. Et le nourrit exclusivement de cela. La cruauté. Fvlgvr.Lvx.Terror est un album de black plus cru et nu que je ne peux m'en rappeler d'autre, comme ça, à brûle-pourpoint. On ne peut, certes, s'empêcher de penser vaguement à la violence maniaque d'Anaal Nathrakh ; Anaal est plus ultra-rapide, c'est évident ; plus heavy metal, aussi. Fvlgvr.Lvx.Terror n'a pas besoin de tout ce decorum, de cette pyrotechnie en 3D, de ces hyperboles. Fvlgvr.Lvx.Terror ce n'est pas du punk non plus, non ; juste du métal, noir comme votre champ visuel après avoir été foudroyé par les rayons du sample introductif, le plus tranchant et dur possible, sans blizzard, sans vikings, sans démons cornus, sans sodomies de vierges-mères imaginaires, juste des guitares mates et coupantes, des rafales d'arcs électriques qui vous carbonisent trop instantanément à la racine pour qu'on voie seulement l'éclair, des stroboscopes noir-fonte sur noir-sous-sol, la seule lumière aux vertus discutables venant des susdites sifflantes ; des lames nues, simplement forgées au plus tranchant possible et c'est marre ; et projetées au rythme du nerveux mitraillage du blast le plus sec et hargneux possible. Et je vous dis ça comme quelqu'un qui en général regarde ailleurs et pense à sa liste de courses ou à son rendez-vous chez le podologue lorsqu'il entend du blast, de la même façon que dans une conversation à trois où soudain les deux autres se mettent à discuter avec flamme du championnat de balle-au-pied ; mais c'est ainsi : la batterie vous déchiquette, la guitare vous cisaille le lobe frontal, le chanteur chante de la seule façon possible de chanter lorsqu'on joue du Slayer (ou du Profanator, plus spécifiquement encore) dans le noir complet en se faisant lancer des couteaux dessus ; et la basse - la basse, elle, vous cure les oreilles à la barre à mine comme rarement ni black ni death n'auront fait sonner basse.
Le seul autre groupe dont Vortex of End me semble ici se rapprocher, par cette façon explicite de monter le dragon à cru, aux lèvres un sourire carnassier sans aucune aménité, c'est Alien Deviant Circus. S'étonne-t-on alors vraiment - moi pas en tous les cas - de les voir sur le label qui publie les maléfices de raw-doom de Meilleur Bourreau de France de Cult of Occult, et le raw-doom de racailles des forêts pleines de tiques de Witchthroat Serpent ? Une autre idée du black, oui : la leur ; hors de toute contingence contemporaine ; une idée poursuivie avec une teigne farouche, une haine vénéneuse, envers et contre tout et insoucieusement de l'imbécile versatilité de ce tout. Ça pique un peu les miches, je ne vous le fais pas dire.

vendredi 2 octobre 2015

Temple of Baal : Verses of Fire

On ne va pas refaire encore et encore la querelle : de toutes les manières entretemps j'ai écouté Blaze of Perdition et à présent je le sais, j'aime ce qui est "dévoué", pas l'orthodoxe - vous avez remarqué ? je n'ai pas mis "donc", au milieu ?
Dans Verses of Fire, il y a de puissants airs de famille (la famille blackdeath parisien large au garrot) avec Arkhon Infaustus, beaucoup d'amour de Slayer - et une chose que ne possèdent ni les seconds ni les premiers : de la classe, ou plutôt, comme sur Mysterium, la dignité du servant plus digne que le maître, ce personnage dont Temple of Baal ressuscite superbement tous les mythèmes demi-oubliés mais bien ancrés dans l'inconscient culturel. Il y a, également, des leads heavy tellement belles que c'en est presque du doom - rappelez-moi, déjà, dans quel autre groupe joue Amduscias ? d'ailleurs quand on y pense, foi et trad doom, qu'y a-t-il que de très logique...  ? - il y a des cris en voix claire à vous donner envie de citer seulement Dirge ou des écrivains français du XIXième siècle, dans ce gabarit d'ulcère prométhéen...
Temple of Baal jouent leur sanguinolente et flamboyante partition luciférienne avec la justesse qu'on prête parfois aux acteurs, avec cette juste mesure, juste pile, qui donne envie de parler de sobre emphase, ce qui après tout dit bien quel point d'équilibre fragile et sur le fil c'est, et comme il est admirable de s'y tenir, à cet endroit qui ne devrait réalistement pas être, surtout lorsqu'on est bâti de façon aussi rustre et virile... Mais c'est que, tout comme sur Mysterium quoique dans des formes différentes d'hallucinations et d'apparitions surnaturelles, l'on sent vivement çà où là que les mecs pourraient tout à fait jouer du Deathspell Omega, ou du Ulcerate, ou du Slayer bien mieux que Slayer, même ; ou en somme encore un paquet d'autres choses (on repense à ces patibulaires apparitions de la basse, sur Mysterium, dont une fois en porte-flingue d'un sample non moins patibulaire, le tout prenant de surprenants relents de dégénérescences hardcore parisien du caniveau, type Eibon, Hangman's Chair...) et sont parfaitement au courant de ce qui se passe autour d'eux aujourd'hui ; et que c'est par choix - par foi, en ce qu'ils font, en le Dragon, ce que vous préférez - qu'ils jouent leur musique, à eux, inlassablement, brillamment, invinciblement. Éblouissant.
Le dialogue de l'Homme et du Dragon, vous pouvez me croire, ça remue, c'est quelque chose ; au moins à la hauteur de l'auto-unanime vote d'approbation totale que m'avait inspiré le groupe et la présence de son meneur sur scène, au moins la seconde fois (la première, qui remonte un peu plus loin si je en divague pas et qu'il y a bien eu première, j'avais préféré Arkhon Infaustus, palais grossier que j'étais). Bref : les différences d'avec Mysterium, voulez-vous savoir ? Il y en a. Suffisamment, si la question est celle que je subodore et espère : oui, vous voulez posséder les deux. Vous aurez bien assez de temps devant vous, lorsque vous les aurez, de les noter ces différences, les évidentes, les plus traîtreuses, et de vous émerveiller de la glorieuse toile sanglante qu'ils peignent à eux deux. Tempe of Baal, c'est le groupe qui en deux tomes te fait comprendre, avec une calbote étonnamment élégante vu la corpulence bestiale de qui l'administre, que le blackdeath n'est pas juste cette chose brutale définie par des machins de type Belphegor ou Behemoth, brutaux pour l'amour positiviste seul de la brutalité - plutôt une chose certes brutale (où  a de la gêne...), mais surtout redoutable, redoutablement aristocratique, discrètement raffinée (deux chroniques, et pas un mot sur ce fabuleux batteur, c'est fort de café !), sacré Français... tellement gourmand, en vérité, le blackdeath de Temple of Baal, carnivore, et jouisseur, qu'il en ferait presque passer ces pauvres Arkhon - qui vont finir par avoir l'air de mes têtes de Turcs alors que je les aime bien - pour les geeks coincés de la famille de la décadence parisienne. Bref : on ne va pas attendre de conclusion ici, elle ne veindrait jamais, on n'aurait jamais fini de parler de pareille musique, qui touche au plus intangible : la saveur. Venez fréquenter le Temple de Baal, et faites pas chier.

jeudi 1 octobre 2015

Temple of Baal : Mysterium

La comparaison, disais-je, s'impose, entre ce disque-ci et l'album de VI. Black metal, parisien, sorti chez Agonia, à l'automne 2015. Bien.
J'ai fort bien compris que Temple of Baal ne jouaient pas du black metal "orthodoxe". Ce n'est pas un problème. Ce qui me pose un problème, en revanche, c'est que l'on définisse ce qui appartient à ladite sous-catégorie par la dévotion ; semblant ainsi par rétro-transitivité disqualifier en dévotion tout ce qui ne joue pas le solfège de l'orthodoxie négro-spirituelle - Temple of Baal, par exemple.
A moins, bien sûr, que par "dévotion" l'on entende en fait "tarlouzerie", et prédilection à exprimer sa supposée foi par le bon choix de l'illustrateur de pochette doté de l'agrément ministériel, de l'inspirateur de riffs et du metteur en son. Parce que, pour sûr, Temple of Baal l'a, la foi, et la dévotion - en Satan, et en le hard - car oui, Temple of Baal n'a pas oublié que jouer du black metal, enfin, bon, voilà... à la fin ce sera toujours jouer du hard, quoi ; ça ne veut pas pour autant dire qu'il y a une ballade comme chez Watain et Satyricon, je vous vois venir. Le sentiment religieux de Temple of Baal est plus rustique que celui de VI ou Ascension - d'apparence tout du moins, diable, c'est qu'il y a du thrash et du death là-dedans cette impureté de disque de péquenaud ? et alors ?

...Mais chacun le sait, les intentions de mise au point et de règlement de comptes imaginaires font de très mauvais textes. Et un très bon disque tel que Mysterium ne mérite pas un très mauvais texte. Pas un disque semblant ainsi fait, comme on l'est de sa personne, pour, grosso modo, les fans de black metal tel que le définissent les premiers Gorgoroth - mélodiquement grandiloquent autant qu'il est porté sur la violence effrénée - et qui au bout du compte affole un fan des derniers - avant la désastreuse réanimation, s'entend - ceux où Gaahl et King prirent le pouvoir avec leur extravagance sanguinaire, tout en paraissant dans son éloquence couleur de flots de sang charrier à la fois la rigueur bestiale de Creeping et la ténébreuse bellâtrerie de The House of Capricorn ; un disque qui, si l'on doit le rattacher à quelqu'un dans la famille parisienne, campera plutôt une forme d'étrange jumeau d'Aosoth - le maître, le dandy barbare en proie à la confusion où il se prend peu à peu pour son mâtin, face auquel on voit en Mysterium le molosse se changer en ténébreux voïvode au cœur tourmenté par la violence d'une foi de proportions prométhéennes - Gary Oldman, Harvey Keitel et Tom Sizemore en un seul bonhomme de disque, cousin à la mâle mauvaise humeur du dernier Decline of the I.
Aussi, sûr que là-dessus, sur la dévotion - afin de préserver la paix des chapelles, je m'amputerai d'un membre de phrase provocateur - difficile de faire mieux qu'un disque qui conjugue la foi black et la foi death, laquelle n'a pas grand chose à lui envier, lorsqu'elle est à son heure de splendeur : le black, aux origines, c'est du death, si jamais il fallait le rappeler une énième fois (du death qui proclame sa foi... du death orthodoxe ?). Et voilà en vérité un homme qui parle à Satan, avec volubilité même - et pour qui la réponse importe. Voilà qui est beau. Qui donne envie de s'enflammer avec lui ; ne fût-ce que pour s'exclamer que pareil amalgame du black, du death et du thrash ne pouvait qu'être beau par définition - alors que c'était tout sauf gagné, quand on voit les choses navrantes qu'on se farcit régulièrement en black-death et en thrash-black... Mais Temple of Baal est magique. Et à ce stade vous êtes sensés l'avoir compris. Soyez pas idiots : les laissez pas vous passer à côté aussi longtemps que moi. Ils n'ont pas besoin de vous, eux. Mais ils vous offriront la lumière avec générosité.

Partisan : Partisan

Qui c'est qui qui n'a pas son groupe de "post-punk", qui ?
Allons bon, mêmes les membres de groupes que j'estime qui s'y mettent, à présent, des Rise & Fall et des Oathbreaker cette fois... Bon, c'est même pas franchement mauvais, Partisan (ce qui, si on est juste un peu fin, sous-entend que ce n'est pas franchement bon), c'est même probablement un peu meilleur que le dernier Ceremony, peut-être que je finirais par trouver ça pas mauvais du tout si jamais d'aventure je trouvais - rêvons - la motivation pour l'écouter plusieurs fois, ce machin de post-Times-of-Grace avec une voix à la Interpol... mais ça commence juste un peu pas mal à n'avoir plus aucun fondement ni sens, cette histoire de post-punk, entre ça, Publicist UK (non mais vous êtes sérieux ? Relapse ? Dave Witte ?), le triomphe de cet idiot de Khvost...
On en est au stade de néant absurde que l'on appelle le stade "Plèvre", dans ma langue à moi. Faire ça à ma cold-wave, moi je trouve ça moche, si vous permettez.