jeudi 15 octobre 2015

Ende : The Rebirth of I

La pureté. Telle est la notion qui se dégage  et se ressent le plus au contact de Rebirth of I. La pureté de l'intention, la même que sur leur vieille démo récemment venue au jour et qui pour sa part creusait plutôt du côté vandalisme rustaud de la chose en question - le true black, que croyiez-vous d'autre ?
La pureté est telle chez Ende qu'elle est la même, à vous fendre comme le gel, qu'ils chantent en français, en anglais ou en norvégien - mais oui : lorsque l'intention est pure, les ridicule est quant à lui notion hors de propos. Ende a le true black chevillé au corps, qui lui engourdit les moelles et la fibre musculaire, et vous avec, de sorte que rien n'y est déplacé ni de trop, chaque chose à sa juste place légitime et à la plénitude de son bouquet - les cris des loups, ceux des corbeaux, les mugissements hantés du vent, dégageant toute leur menace et leur beauté, sauvage, originelle....
On lit souvent  et alternativement le beumeu défini comme une forme de punk rock renouvelé et rajeuni dans sa radicalité, de nihilisme profanateur - et une d'exaltation de la nature, de la pureté, de l'innocence. Ende vous prouve que l'alternative entre les deux écoles, au moins par la grâce de son disque le temps qu'il dure, n'a pas lieu d'être, vous montre l'unité entre les deux fibres où s'enracine le genre, vous montre où elles se peuvent joindre à nouveau, loin des chapelles en forme de niches commerciales où il s'est cloîtré depuis - lui qui fondamentalement à tellement à faire, des unes comme de l'autre, chapelles et enfermement bien cloisonné... Plutôt, en vérité, à la source que dans le passé (le temps après tout est un vicelard dont on sait à quel point il faut se fier à ses ophidiens méandres), qu' Ende semble certes atteindre mais sans effort ni fanatisme, par pente uniquement naturelle de sa forme d'esprit, la source où les solides et volubiles charpentes rythmiques et la richesse d'expression n'excluent jamais l'âpreté des riffs et de leurs abruptes bourrasques, où les ataviques accents médiévaux subtilement compassés n'infirment jamais les aboiements gueux de hardos moderne, ni le Silmarillion les 120 Journées de Salo, ni l'aspect documentaire du genre sa fonction rituelle - toutes choses qui, on le voit en le disant, n'ont après tout jamais rien eu d'irréconciliablement contradictoire, pas davantage que l'acide et l'aigre. La sorcellerie et le perfecto. Le rock de chiens errants et le temps d'antan. Ende vit dans un passé à ciel ouvert (et, pour paraphraser Charles M'Bouss, "n'en fait pas tout un boucan", contrairement à d'autres déjà bien assez bruyants tout seuls avec leur saucisson, et qu'il n'est donc pas utile de nommer ici). Allez les y voir, tantôt.

Enfin, depuis le temps, vous savez lire une pochette aussi bien que moi, non ?

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