samedi 3 octobre 2015

Vortex of End : Fvlgvr.Lvx.Terror

Une autre version du black metal ; tout aussi impérieuse que récemment celle de Temple of Baal. Vous me direz, tu m'étonnes  que c'est autre : Temple of Baal, ce groupe qui semble bien parti pour me remettre en selle pour une phase black en règle telle qu'il ne m'en était pas arrivée depuis un moment, c'est du black avec beaucoup de death. Dame ! Et Vortex of End, non ? Le son dur et tranchant de ces riffs est au moins pour autant que la méchanceté de ces obsédantes harmoniques sifflées, dans l'analogie dont je ne peux me défendre entre Fvlgvr.Lvx.Terror et les deux derniers albums de S.A.S. Incantation.
Vortex of End est méchant comme Incantation, voilà l'affaire. Vortex of End est black, à coup sûr, et Vortex of End n'a rien oublié de ce que le black doit à l'ancêtre death - à commencer par Obituary : le respect des parents, c'est important ; d'ailleurs, si vous êtes chauds pour remonter encore plus loin, à la base le death c'est du thrash, et ce mordant malsain douloureux au tympan qu'on entend resplendir chez Incantation et Vortex of End, il vient de Slayer, vous savez, ce groupe dont on entend magnifiquement fleurir l'héritage chez cet autre groupe de black/death français, là...
La malveillance, Vortex of End en nourrit son black à le faire dégueuler. Et le nourrit exclusivement de cela. La cruauté. Fvlgvr.Lvx.Terror est un album de black plus cru et nu que je ne peux m'en rappeler d'autre, comme ça, à brûle-pourpoint. On ne peut, certes, s'empêcher de penser vaguement à la violence maniaque d'Anaal Nathrakh ; Anaal est plus ultra-rapide, c'est évident ; plus heavy metal, aussi. Fvlgvr.Lvx.Terror n'a pas besoin de tout ce decorum, de cette pyrotechnie en 3D, de ces hyperboles. Fvlgvr.Lvx.Terror ce n'est pas du punk non plus, non ; juste du métal, noir comme votre champ visuel après avoir été foudroyé par les rayons du sample introductif, le plus tranchant et dur possible, sans blizzard, sans vikings, sans démons cornus, sans sodomies de vierges-mères imaginaires, juste des guitares mates et coupantes, des rafales d'arcs électriques qui vous carbonisent trop instantanément à la racine pour qu'on voie seulement l'éclair, des stroboscopes noir-fonte sur noir-sous-sol, la seule lumière aux vertus discutables venant des susdites sifflantes ; des lames nues, simplement forgées au plus tranchant possible et c'est marre ; et projetées au rythme du nerveux mitraillage du blast le plus sec et hargneux possible. Et je vous dis ça comme quelqu'un qui en général regarde ailleurs et pense à sa liste de courses ou à son rendez-vous chez le podologue lorsqu'il entend du blast, de la même façon que dans une conversation à trois où soudain les deux autres se mettent à discuter avec flamme du championnat de balle-au-pied ; mais c'est ainsi : la batterie vous déchiquette, la guitare vous cisaille le lobe frontal, le chanteur chante de la seule façon possible de chanter lorsqu'on joue du Slayer (ou du Profanator, plus spécifiquement encore) dans le noir complet en se faisant lancer des couteaux dessus ; et la basse - la basse, elle, vous cure les oreilles à la barre à mine comme rarement ni black ni death n'auront fait sonner basse.
Le seul autre groupe dont Vortex of End me semble ici se rapprocher, par cette façon explicite de monter le dragon à cru, aux lèvres un sourire carnassier sans aucune aménité, c'est Alien Deviant Circus. S'étonne-t-on alors vraiment - moi pas en tous les cas - de les voir sur le label qui publie les maléfices de raw-doom de Meilleur Bourreau de France de Cult of Occult, et le raw-doom de racailles des forêts pleines de tiques de Witchthroat Serpent ? Une autre idée du black, oui : la leur ; hors de toute contingence contemporaine ; une idée poursuivie avec une teigne farouche, une haine vénéneuse, envers et contre tout et insoucieusement de l'imbécile versatilité de ce tout. Ça pique un peu les miches, je ne vous le fais pas dire.

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