vendredi 6 novembre 2015

Electric Wizard : Time to Die

Le pouvoir du riff, c'est comme ça qu'on dit, hein ? C'est à la fois la vérité la plus stricte, et l'idiotie la plus abrupte. Un disque tel que Time to Die le prouve à la façon d'une porte en acier en pleine tronche : ce qu'il faut c'est non pas le riff ultime - de toutes les manières le riff le plus ultime de l'univers le deviendra toujours un peu moins à la quinzième fois qu'il est joué d'affilée, alors je ne vous parle pas de la soixante-troisième, hé, on parle de doom, abruti, t'en veux du riff va falloir avoir l'estomac pour en avaler - mais un riff qui tienne la route, un riff si possible déjà entendu ailleurs et à l'efficacité prouvée par maint état d'ébriété, conduite inappropriée et autres viles satisfactions obtenues conformément aux espérances - on parle de rock'n'roll, tout riff ultime a de toutes façons déjà été découvert ; plusieurs fois - et on le fait tourner ; et ce n'est même pas la durée interminable pendant laquelle on va le faire tourner, qui va faire les choses, et je ne sais quel abrutissement et quel engourdissement de tous les sens : l'abrutissement et l'engourdissement sont des réalités, en effet, du plaisir : des symptômes ; qui ne se produisent que pourvu qu'il y ait ce qu'il faut avant.
Et ce qu'il faut c'est toujours la même chose, seule et unique : l'intention, la sincérité, l'urgence, le présent, l'honnêteté, donnez lui le nom que vous préférez. Le vice que suinte chaque toxique note du présent album, mollusque, imbécile et morbide à en suffoquer - et à suffoquer en premier lieu le disque qui en figure à la perfection son exact inverse, avec sa radicalité qui ne se niche que dans les atours liés à sa technique d'enregistrement et de, tousse-tousse, composition (hurlements de rire) : l'album de With the Dead - de ce disque qui tout comme bien peu mais au moins un autre récemment, vous rappelle de la plus obscène des façons que le doom est une putain de musique extrême. Comme a dit quelqu'un : "extreme music for extreme people". Et pour ça nul besoin n'est de jouer à des cadences non mesurables par le cœur humain ou des fréquences non audibles par le tympan humain. Il suffit juste - juste - de savoir jouer avec la morbide mollusquerie ricanante, d'assumer son tempérament avec l'arrogante obscénité d'Electric Wizard. C'en est à se demander, je vous jure, si en vrai Justin Oborn ne serait pas resté meilleurs copains du monde avec Mark Greening, et n'aurait pas simplement mis en scène tout le saint-frusquin à seule fin de donner au disque l'épaisseur de sale ambiance et de vénéneuse mesquinerie qui convenait pour en faire un grand album réussi (la composition, je vous jure, ce qu'il faut entendre comme conneries...).
D'ailleurs on va faire simple et concis : Time to Die est le meilleur album d'Electric Wizard, à égalité avec We Live ! (vous faites ce que vous voulez de spirituel avec les titres). Dopethrone restant leur album d'anarcho-punk. Rompez, doom what thou wilt, et tout ça.

Aucun commentaire: