jeudi 31 décembre 2015

2015

Un florilège comme chaque année tout dans la facilité et l'absence de finesse, puisque comme chaque année il a été élaboré sur le seul critère de la puissance de l'émotion provoquée. Le poète après tout n'a-t-il pas dit : "We are fucking artists. We're sensitive as shit" ?






Les tubes de l'année :

Creeping "Cold Soil"
The Bottle Doom Lazy Band "Welcome to the Nearest Grave"
Jesus Cry Stalin "Pour quoi ?"
Demon Lung "Mark of Jubilee"
Dopethrone "Scum Fuck Blues"
Steve Von Till "Known but not Named"
Christian Mistress "Eclipse"
Paradise Lost "Beneath Broken Earth"
Torche "Restarter"
Undersmile "Knucklesucker" 



La pochette de l'année :





L'album de 2015 pas de 2015 :





Le morceau de 2015 pas de 2015 :

Type O Negative "Pyretta Blaze"



Une année qui s'est commencée - sur les chapeaux de roue : fin 2014 pour être exact - persuadé - au fer rouge - que ce serait le Cowards qui aurait le titre officieux de vainqueur de ce post, "hands down" ; et achevée en se disant que c'était le Hangman's Chair qui avait toutes les apparences du rôle. Heureusement, le rôle n'existe pas, et puis du coup c'est l'année de la famille, en somme.
De toute façon de grand gagnant de l'année il n'y aura pas, puisque décider qu'il y en ait un, et que ce ne soit pas A Umbra Omega, ou pas Apparitions, serait simplement grotesque. Vous voyez bien qu'on ne va pas s'en sortir.



Puis, à tous seigneurs tout honneur, inaugurons cette année la rubrique "déception de l'année". Pour trois groupes qui ont jadis été particulièrement marquants, et à la singularité digne d'adoration, pour bibi - et qui ont signé cette année des retours respectifs particulièrement inodores et auditivement contractuels. J'ai nommé : Sielwolf, Fetisch Park et November Növelet. Clap ; clap ; clap. Un pour chaque. Merci, les gars ; vraiment, fallait pas.



Et comme tous les ans, il y en a un dont le temps n'a pas eu le temps de dire, si les marques qu'il a apposées sont faites pour donner de belles chéloïdes, ou bien tristement pâlir et s'estomper après quelques mois de purulence. Même si, en l'occurrence, on y croit assez fort.


Sans compter un que j'aurais bien vu quelque part, mais qui suite à un mic-macaroni ne m'a toujours pas été envoyé à ce jour :






Allez : bonne année, enculeurs de mamans.



mercredi 30 décembre 2015

Morgue : Doors of No Return

Très exactement, excusez du peu, ce qu'on savait, de la foi la plus fervente, pouvoir espérer, chaque fois qu'on entendait un nouveau morceau d'eux sur scène, ces dernières années : Morgue, ce groupe de funambules, de lunaires de la sauvagerie, impossible à épingler en place où que ce soit. Death à l'ancienne AOC grand cru adorateur à perpétuité d'Incantation, mormétal paranormal tectoniquement fluide plus moderne que nature... version evil démoniaque de 400 The Cat ?
Aucun doute, ce sont les mêmes danseurs drunken master style, équilibristes du rythme, et Morgue tout comme 400 The Cat qui désormais sont constitués des exacts mêmes membres, surfent sur l'écoulement du temps, qu'ils matérialisent comme une chose qui tient de la langue de lave et de la griserie des sens la plus effrénée. La batterie est à écouter un scandale permanent à elle toute seule, de gourmandise contagieuse, un carnaval martial, virevoltant et barbare à la fois, la basse dans ses ombres a tout (dans le sens de : tout) le vice discret qui sied à l'usage de l'instrument, sans jamais être en reste sur les autres sbires autour d'elle, et les riffs quant à eux... sont ce qu'on sait depuis The Process to Define the Shape of Self-Loathing : une forme d'intelligence extra-terrestre entièrement constituée de rasoirs diversement biseautés, qui montre la cruauté du death et la causticité effervescente du noisecore.
Comme prévu, le son de Morgue se glisse comme un poisson dans l'eau (un requin-tronçonneuse, plus exactement) dans le contexte actuel du metal extrême. On n'attendait certainement pas de Morgue, aussi, qu'ils choisissent, entre Portal et Dazzlingkillmen, non plus qu'entre classicisme peinard, et furieuse modernité : bien sûr que l'on comptait sur eux pour démontrer ce que l'un peut apporter de plus incisif au propos de l'autre - et cela fonctionne également avec Breach et Aosoth, par exemple sur "Hug and a Stab in the Back". Rendre l'occulte direct, et le direct occulte : sans doute est-ce là ce qu'ils veulent dire par l'opiniâtre allégeance grindcore qu'ils revendiquent : il y a effectivement quelque chose qui tient d'un TxFxDx maléfique (ou d'un Deathspell Omega version grindcore punk si on préfère), dans cette urgence d'une voracité sans aucunes bornes, capable de mouliner ni vu ni connu passez muscade des plans dignes d'un rock'n'roll passé au cyclotron carnivore, d'une sarabande en dérapage offensif permanent, qui se mène la bave aux lèvres et vous la fait monter de même - de fureur autant que d'allégresse, tandis qu'elle glisse encore et encore, à la façon d'une tronçonneuse montée en guise de planche de surf, sur tout ce qui lui aiguise l'appétit, frisant par endroits une version, forcément par-delà le survolté, du black crassou et animal de Hell Militia à l'époque de Last Station on the Road to Death - et je ne dis même pas cela à cause de la voix de Meynac'h, que je n'ai pas nettement reconnue, mais de quelques unes de ces redoutables riffailleries qui filent comme des fusées folles et vous chevillent au corps l'envie de relancer le disque avant même qu'il soit achevé (c'est qu'il est également modeste de proportions et concis, celui-là), et de ne pas laisser le train-fantôme jamais s'arrêter ; continuer encore et encore à écarquiller des yeux émerveillés et des tripes palpitantes devant cette surréelle capacité, à conserver, même au milieu des tempêtes de projections d'hémoglobine et des rafales de barbarie proches de la tétanie, cette ondoyante nonchalance, cette funambule élégance pour laquelle on continuera, encore et toujours, à les adorer.
Vivement entendre tout ça avec ses dents, devant une scène.

samedi 19 décembre 2015

KEN Mode : Success

Il est de retour. Le groupe de noise auteur du fabuleux Mennonite. Success porte mieux que bien son nom puisque son existence et elle seule prouve que la collision du noise rock et du noise core - soit Jesus Lizard et les plus talentueux, chlorhydriques et oxygénés moments de Botch - donne du rock'n'roll. De première bourre. Comme ça, naturellement, sans faire jamais autre chose qu'assumer leur identité, leur vigueur de jeunes Canadiens bien dans leur corps sain et nerveux, sans que cela leur interdise jamais d'étinceler de paillettes de choses bien autrement intellectuelles - nommément Self Defense Family et Peter Kernel - ou d'irradier une subtile, sourde mais certaine amertume - et, tout mis bout à bout, sans que l'irruption au milieu de tout ceci du gros Robinson paraisse rien d'autre que parfaitement logique naturelle, ce qui on l' admettra est rarement le cas.
Pas loin de l'égalité avec Mennonite, rien que ça.

jeudi 17 décembre 2015

Cult Leader : Lightless Walk

Voilà tout ce qu'on demande à un disque, et à un disque de hardcore en particulier. La nudité - l'honnêteté. Voilà un groupe de hardcore moderne qui se rappelle qu'il joue du hardcore ; et ne s'interdit donc la salubre connerie d'aucun passage simien tambouriné sur une corde à vide puisque l'autre poing est obligatoirement occupé à la même chose sur la cage thoracique, ou le museau du voisin tout sourire. Et qui ne s'interdit non plus aucune possiblement embarrassante solennité : plus vont les écoutes et plus on est confondu - on l'est pourtant dès la première - par ce qui auraient pu être des passages obligés - le crépuscule desperado dans un album de hardcore moderne - et n'évoque, en fait d'americana apocalyptique, que le Nick Cave réellement funèbre, le Gira de "Failure", ou à la rigueur les bidasses cabossés et l'amer mysticisme de Cobalt.
Car il y a quelque chose chez le Cult Leader de Lightless Walk que les autres n'ont pas, fussent-ils pseudo-Cursed par centaines ou son direct ancêtre le He is Never Coming Back de Gaza, et ses grelottements de fièvre : ce grand froid, qu'on ne trouve guère que chez Early Graves... et Death Engine. Ce qui donne à certains de leurs déluges punitifs un relief black metal terne et sans démonstration, au contraire des mines démoniaques que prend trop souvent la concurrence, une morosité qui les apparente au maladif Eros | Anteros - et l'effet d'une bonne rossée saine et sans façons.

mardi 15 décembre 2015

Temple Below : The Dark Goddess

Il existe des constats objectifs à faire sur un disque quel qu'il soit ; c'est une chose incontestable. Par exemple, ce mini album de Temple Below est BEAUCOUP trop court pour la musique qu'il joue ; à tel point que le morceau de dark ambient qui lui sert de conclusion, tout sauf anecdotique, excellent non seulement pour des métalleux mais dans l'absolu, en devient la cible presqu'obligée du reproche que quasi-systématiquement font les vrais durs du metal aux morceaux ambient dans les disques de metal dur : ne sert à rien, interlude, gâchis de temps, piste qui compte pas. Enfin, ce n'est pas entièrement honnête : du fait même de son excellence, il est lui aussi englobé dans l'ignoble sentiment de frustration et de trop grande oxygénation que suscite le disque, alors qu'il aurait été réellement somptueux pour venir clôturer un disque qui eût convenablement étalé sur une durée suffisante de morceaux sa dégoulinante ambiance de grimaces cannibales occultes.
Car ce qui compte avant tout, et que ne viennent que renforcer les constats objectifs, c'est ce qui se passe sur le plan de l'imaginaire. Celui-ci, chacun a le sien bien entendu. Dans la fondation du mien, une chose cruciale à n'en pas douter a été la première lecture, probablement à la pré-adolescence, du mot : "thug". Et dans le panier de crabes mutants du metal occulte moderne, voire du metal occulte tout court, peu sont les groupes à réussir chez moi à pousser leurs bonds de chien de l'enfer assez haut et tordu pour réussir à faire résonner cette timbale-là. Le premier à l'avoir fait étant Weapon, ceci expliquant sans doute pourquoi ils doivent fatalement être cités chaque fois qu'un autre disque me procure la même fulgurante impression ; les autres groupes qui me renvoient à cette sensation initiale (de danger fait d'autant de maladie tropicale que de maladie religieuse, pour tout vous dire) en sont tous obligés de passer en rendre compte d'abord à Weapon, dans ma fantasmatique - quand bien même la chose chez ceux-ci était particulièrement suggérée voire labile, étant même allée jusqu'à s'effilocher de plus en plus au fur et à mesure de leur œuvre... à mon grand regret ; et pourtant, Weapon est un groupe qui me manque ; bref : tout ça pour vous dire que les autres groupes qui parviennent à me renvoyer au même envoûtement inaugural me donnent chaque fois l'impression de faire du Weapon en un peu mieux - pas beaucoup car faire beaucoup mieux que Weapon n'est pas possible, disons-le une bonne fois pour toute - car en plus explicite, plus horriblement certain, moins de l'ordre du mirage et de l'agacement qu'il génère.
Temple Below, puisqu'il s'agit d'eux - ce sera une autre de leurs sanctions bien méritées pour faire des disques trop court - nous propose quelque chose de tout à fait digne d'un Weapon... qui vous emmènerait pour un petit tour d'un quart d'heure-vingt minutes dans la jungle : je vous demande pardon ? Quelle jungle déguste-t-on avec une portion de vingt minutes ? Celle que nous agite sous le nez comme une misérable petite salope Temple Below mérite, de toute l'évidence de sa matière sonore qu'elle nous laisse commodément palper, des dimensions gargantuesques et fantasmagoriques que je ne vois guère mieux comment qualifier que par : "Aosoth" et "Howls of Ebb" ; alors même que le groupe semble vouloir nous prendre pour des jambons et présenter la surface et les benoîts contours thrashy d'un genre de Slayer qui tâche à gober Morbid Angel. D'ailleurs, à force de ronger cet os de disque à en sucer toute la demi-imaginaire moelle, on s'aperçoit peu à peu que ces salauds-là ont également doté leurs morceaux d'intros mouvementées en bonne et due forme, qui dénotent la même épatante maîtrise dark-wave quasi-évocatrice d'Urfaust et guère d'autres - à en recourir une fois n'est pas coutume au parler des jeunes : ces connauds-là maîtrisent leur dark-wave, un truc de malade ! Quand on pense qu'à côté de ça, on autorise des Ah! Cama Sotz à exercer dans la discipline....
Mais ils la dressent en miniatures. Sérieusement, nous servir des miniatures lorsqu'on possède - et démontre, tant vocalement que dans le discret et grouillant art d'enrober les riffs pullulants de vermine mal intentionnée - la même maîtrise des teintes et de leur viscosité que son illustrateur ? C'est se moquer ! Et l'art non moins délicieux de battre la cadence sur les peaux tendues sur des crânes décalottés, alors, je ne vous en parle même pas, et celui de secouer des maracas qui évoquent les plus diaboliques des grillons-vampires, et celui de arpenter tout le sentier de la guerre en s'inondant de bave et en se jouissant dans la fourrure des pattes, d'utiliser sa queue comme fait le serpent à sonnette... De vraies petites ordures, ces types-là ; de la racaille. Thugs, tu peux le dire.

mardi 8 décembre 2015

DHG : A Umbra Omega

Est-ce qu'on décrit un tel disque ? Tant de mois après sa sortie, tout le monde l'a déjà entendu, ou a du moins lu plusieurs chroniques à son sujet. Toutes utilisaient probablement le mot "progressif", mais pour ma part je n'ai gardé le souvenir d'aucune. Sans doute y était-il associé des considérations diversement péremptoires sur le black metal, son essence, sur ce que doit ou ne doit pas DHG...

Ce qui compte vraiment, et uniquement, c'est qu'Aldrahn y prouve, si besoin était, qu'il est la seule personne capable de chanter sur un truc pareil - soit, très grossièrement, quelque chose d'ultra-récitatif qui ressemblerait presque à du Arcturus - sans que ce soit imbuvable, voire au contraire, de sorte que ce soit intolérablement sexuel ; et derrière lui le seul groupe digne d'accompagner, de rendre possible, de déclencher, de faire resplendir sa vineuse démence. Progressif ? C'est bien possible ; autant que peut l'être un opéra. Grotesque, pathétique, grandiose, c'est certain. On est au bord des larmes à plusieurs reprises, de tension autant que de soulagement. La vivace impression d'être en train de rêver, qu'on se retrouve projeté dans un futur cossu, du genre des classieuses salles d'attente des astronefs de 2001, et qu'à travers l'émerveillement ahuri perce la certitude d'être nu comme un ver, et d'avoir pourtant réussi à ramener avec soi pour unique bagage ses vieilles plaies, celles qui ne font que lentement sur-infecter avec l'âge qui rampe, ses vieilles amertumes, celles qui fermentent et madérisent sans fin, ses impasses désespérées aux odeurs de pisse incrustées... et s'apercevoir qu'après tout cet espace où l'on erre ressemble plutôt à la Lune du Münchhausen de Terry Gilliam ; une descente consciente et inéluctable dans la démence ; l'un de ces rêves horribles et dont on a pourtant horreur à se réveiller, et à regarder se désagréger les bribes de brûlants souvenirs, qui refroidissent avec la tristesse des braises d'un feu éteint. Merci, vraiment.

Du coup, bon, vous comprendrez fort bien que je ne vais pas m'étendre : cet album, une merveille de confusion entre Das Ich et Mayhem, l'impossible album qui parvint à suivre 666 International et à lui faire honneur sans le répéter, et bla et bla et bla - est l'une des choses les plus stellairement élégantes du monde qui se subit de la façon la plus obscène du monde, donc en privé chez les gens qui savent se tenir ; un de ces disques qui vous coûtent et s'écoutent (très) rarement, aussi, et je ne vais pas violenter une fréquence d'écoutes qui sera probablement aussi lente que celle attachée à Enemy of the Sun, et me violenter moi-même, pour ajouter des mots aux mots. Les mots sont aussi percutants que des moucherons morts devant certains disques.

dimanche 6 décembre 2015

Cober Ord : Le Revers du Soleil

La musique rituelle : voilà bien un genre sur lequel il est compliqué de mettre des phrases ; peut-être encore plus lorsqu'elle est réussie.
Le disque de Cober Ord est particulièrement réussi dans l'épatant équilibre qu'il trouve - en forme d'ambiguïté - entre sensationnalisme et documentaire ; dans le sens par exemple où, du point de vue du moins de mes plus que maigres connaissances ethnologiques, on ne sait trop si le fait de commencer un morceau de dix-sept minutes par cinq bonnes minutes de silence, est le fait d'une stricte observance du rite quel qu'il soit, ou plutôt d'un des bons usages de la tension scénaristique. Dans mon cadre de référence, en tous les cas, un tel généreux usage du silence renvoie nécessairement à l'un des disques de death industrial les plus terrifiants qui soit : In Shelter d'Archon Satani, où son oppression met encore davantage en valeur les rares infiltrations de son - ignobles, au demeurant. Et rien que ça n'est pas rien.
Il en va de même - l'ambiguïté, mère de toutes les terreurs irrésolues - quant au fait que les morceaux, malgré ce en quoi eussent fort bien pu dégénérer leurs murmures, gargouillis et ricanements proto-humains, ne tranchent jamais la question - celle qui importe, fondamentalement, dès lors qu'a été prononcé le mot rituel, dès même avant que soit sous-entendu son redoublement dans le fait qu'il s'agit d'une mise en scène fictionnelle (... ou pas, confer encore une fois cette délicieuse dite ambiguïté, qui fait que le disque jamais ne cesse de flotter, peu importe ses feulements de bête, comme en filigrane de la réalité, sans jamais connaître cette forme de flop de s'incarner, en somme, soit du côté Phurpa soit du côté Portal de l'hypothèse) : celle du fantastique, de l'existence ou non de ce que chacun appellera comme il voudra, le divin, le magique, le Mal, les esprits, l'entropie...
Eh ! on dirait qu'en voilà après tout, des phrases... ou plutôt comme qui dirait ce qui s'appelle faire des phrases : quand je vous disais qu'il serait compliqué de dire quelle saveur sur la langue laisse Le Revers du Soleil ; il le sera de toutes les manières encore le disque une fois écouté, alors pour ce qui est de le partager... Enfin, après, vous êtes majeurs et prévenus (combien de fois ai-je prononcé ce mot, déjà, "ambiguïté" ?), vous saurez bien si vous tenez à chercher à savoir, à vous demander du moins, si ces longues minutes de silence en sont vraiment, et à écarquiller vos yeux dans le noir pour voir de quoi il est fait. C'est tout ce que Cober Ord vous propose : aucune réponse ; simplement de regarder au fond du seau, et de vous donner tout le temps qu'il faut, dans un recueillement comme bien peu hormis Henrikk Nordvargr Bjorkk ont su l'orchestrer au quart de poil de courant d'air, pour voir ce que vous avez à voir.

vendredi 4 décembre 2015

Extreme Noise Terror : Extreme Noise Terror

Évoquer Extreme Noise Terror auprès de gens cultivés, c’est toujours s’exposer: on se sent comme Candy levant la tête de son assiette et découvrant, sous les railleries des autres pensionnaires, qu’elle est la seule du réfectoire à manger le gras de côtelette.
Court sur pattes, tête massive, ENT c’est le camarade encombrant, "pas forcément très intégré", celui qui a passé sa scolarité à coller des mickeys sous les tables avant de devenir à moitié clodo. Tu croyais qu'il avait quitté la ville, tu l’avais presque oublié. Tu l’as revu, sa voix désormais titube entre l’ours de cirque (privé d’hibernation) et la goule glaireuse. Il ressasse toujours les mêmes riffs et tire toujours ses conclusions à l’arme automatique car oui, c’est un peu le bordel dans sa tête.
Il n’a pas énormément changé, alors pourquoi en parler sachant qu’au pire, on provoquera l’indifférence, au mieux, on  se fera "liker" par un nigérian égaré sur la toile ? Et bien parce que, s’il aime le gras de côtelette, le nigérian égaré, foi de Phacoch, il va prendre cher !