jeudi 17 décembre 2015

Cult Leader : Lightless Walk

Voilà tout ce qu'on demande à un disque, et à un disque de hardcore en particulier. La nudité - l'honnêteté. Voilà un groupe de hardcore moderne qui se rappelle qu'il joue du hardcore ; et ne s'interdit donc la salubre connerie d'aucun passage simien tambouriné sur une corde à vide puisque l'autre poing est obligatoirement occupé à la même chose sur la cage thoracique, ou le museau du voisin tout sourire. Et qui ne s'interdit non plus aucune possiblement embarrassante solennité : plus vont les écoutes et plus on est confondu - on l'est pourtant dès la première - par ce qui auraient pu être des passages obligés - le crépuscule desperado dans un album de hardcore moderne - et n'évoque, en fait d'americana apocalyptique, que le Nick Cave réellement funèbre, le Gira de "Failure", ou à la rigueur les bidasses cabossés et l'amer mysticisme de Cobalt.
Car il y a quelque chose chez le Cult Leader de Lightless Walk que les autres n'ont pas, fussent-ils pseudo-Cursed par centaines ou son direct ancêtre le He is Never Coming Back de Gaza, et ses grelottements de fièvre : ce grand froid, qu'on ne trouve guère que chez Early Graves... et Death Engine. Ce qui donne à certains de leurs déluges punitifs un relief black metal terne et sans démonstration, au contraire des mines démoniaques que prend trop souvent la concurrence, une morosité qui les apparente au maladif Eros | Anteros - et l'effet d'une bonne rossée saine et sans façons.

Aucun commentaire: