mercredi 27 janvier 2016

The Arrival of Satan : Passion Sodomy Terror

Passion Sodomy Terror ce n'est pas tant le black metal, lequel vous a pour le coup des airs nébuleux de concept, que la black métalleux, ce qui est beaucoup plus pathétique et vivant. Cet être qui picole comme un trou (je n'ai pas fait exprès, promis) parce qu'il est metal, mais qui ne s'arrête pas - surtout pas - là où s'arrêterait n'importe quel alcoolique sain, quel que soit son style musical de prédilection, mais continue comme un noyé, comme le désespéré qu'il est, jusqu'à ce que la gorge lui pèle et lui tombe par plaques lépreuses, ainsi que l'évoque le timbre ulcéré, brûlé du chant dans Passion Sodomy Terror, parce que... bien, il est black, quoi ; cela se ressent et ne s'explique pas, ces choses-là.
Passion Sodomy Terror, c'est à la fois son plafond de verre et tout son pouvoir de sidération, est à la fois suffisamment primitif pour être éligible à l'étiquetage pur true black, et respire la dépravation effrénée, le dérèglement désespérément, le chevaleresque amour de la crasse et la débauche typiquement française voire parisienne ; rien que le son mais encore les riffs sont du pur papier de verre tradition, mais ce par choix, et affiné comme par une intelligence élevée, mais cautérisée par tout ce qui explique cette écorchure à vif qu'est le black metal - par différence avec le death, qui est pure sensualité.
Enfin... Passion Sodomy Terror, c'est la sensualité version black metal, quoi ; tout comme les disques de Mortuus peuvent l'être, quoique sur un registre différent. Une chose qui, pour reprendre un terme que les beumeux aiment à employer au sujet du courant dit "orthodoxe", est particulièrement dévouée, et ne ménage pas sa personne, à commencer par son épiderme, qui se voit ici soumis aux pires outrages. Écorché vif, sur terre comme aux cieux, dedans comme dehors, enfin vous voyez le topo. D'un coup, je repense à ce pote fanatique de black parisien autant que de suspensions et autres scarifications - pour se cantonner à ses plus saines déviances - et je le comprends tout soudain comme de l'intérieur. C'est saisissant et pour cela The Arrival of Satan a sorti là un disque dont je connais peu de pairs - seulement les disques qui ont tout à la fois le goût de l'ordure, de la beauté, et le nez plongé dans la vie comme dans un caniveau.

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