jeudi 25 février 2016

Mindrot : Soul

Pour les intolérants au gluten hardcore, voici du Neurosis garanti 100% fabriqué avec des ingrédients métalliques : pas mal de proto-néo - du Chaos A.D, du Fear Factory, du early Korn - du vieux death - les accélérations, les riffs punk, les cris de marcassin enfurié - du World Demise, du Paradise Lost du tout meilleur cru - Icon, what else ? - quelque chose par endroits de l'opalescence miroitante de la basse de Tool, et le laiteux des meilleurs moments de tout l'atmo-doom école The Third and the Mortal ; et pourtant... Tout du long on pense à l'apo-prog-crust des vieux Neurosis et de Wormwood, à tous ces trucs de tragico-crust à relents goth - Agrimonia, Amebix, Atriarch... Peut-être parce que, malgré tout, un des mecs a été dans Dystopia ? Tout du long, cependant, avec toujours le soyeux de cheveux fraîchement après-shampoo-inés, parce qu'on est pas des punks à chiens, putain, on se respecte comme on respecte nos instruments, mon pote. Les dreadlocks c'est de la merde, dude, le meilleur moyen de choper de la vermine et c'est tout. C'est comme je te le dis.
Lequel soyeux toucher résulte, parce que l'album n'est tout de même pas qu'une somme de choses, en une ambiance à la limpidité surréelle, d'abattement distingué et habitant des hautes couches beiges de l'atmosphère. L'ancêtre (néandertalien, attention) d'Atriarch est peut-être bien là au bout du compte.
C'est saisissant, quelquefois limite écœurant - pas forcément les jours où l'on a juste l'impression d'entendre la version néo de Paradise Lost (d'autant que chaque fois qu'on est au bord de dire "néo", ça vire death bien hirsute, et vice-versa), mais certains jours - et néanmoins toujours fascinant : à la façon de beaucoup de ces classiques des nineties qui sont tout autant des OVNI certifiés pur porc.
Et pendant ce temps-là, Relapse réédite... Phantom Limb. Mais si, vous savez bien : l'album-culte de 2007, de Pig Destroyer. On m'explique ?

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