jeudi 25 février 2016

Wolfpack 44 : The Scourge

Je vais encore raconter ma vie mais je ne sais même pas pourquoi je le précise : n'est-ce pas ce que je fais chaque fois ? Ma vie de mec qui écoute trop de musique ; le plus souvent possible, uniquement les moments où j'écoute de la musique, mais ça en fait beaucoup ; on le sait, comme le dit Famine, "les mecs se chroniquent eux-mêmes".
Alors voilà, The Electric Hellfire Club, j'ai toujours voulu aimer, jamais réussi. Pour que l'étalage soit intégral, il convient de préciser que je ne me rappelle pas précisément, justement, à quand remonte la dernière tentative, et donc à quoi leurs albums ressemblaient : je ne pourrais donc pas dire ce qui a changé, si ce sont les riffs qui sont ici de meilleure qualité (les riffs dans l'electro-goth-metal sont souvent mauvais, mais en même temps est-ce leur fonction d'être bons, dans une musique à dancefloor ?), ou si c'est mon oreille qui en est plus affamée aujourd'hui, que lorsque j'étais un goth intégriste, donc contre les riffs dans l'electro ?
Ce qui est certain, pour enfin commencer à parler de Wolfpack 44, un peu, c'est que les guitares ici ne sont pas là pour se faire sampler - mais plutôt mater dans toute leur obscène majesté sublimée par l'arrogance belliciste en uniforme fasciste grand teint des beats ; et ces salopes parviennent à la fois à sonner épaissement metal, et farouchement industrielles, tous rivets apparents et imposants ; d'autant que les samples de film, eux sont bien fièrement typés electro-indus ; du coup, dans le genre, on n'avait pas entendu aussi troublant et fusionnel depuis le Nihil de KMFDM, si ce n'est qu'à la cheeserie de ce dernier dans son ensemble on pense, avec Wolfpack 44, surtout à ce qu'il recèle de meilleur : Raymond Watts un peu partout, et avec lui la prédatrice lubricité de Pig (mais vous pouvez ajouter un peu de celle de Bain Wolfkind pour faire bonne mesure).
Sans doute l'astuce est-elle fort simple, et consiste-t-elle à riffer avec la mécanique cruauté un musicien d'electro-indus, y compris cet art de la basse qui tabasse caractéristique de l'aggrotech ricaine de la grande époque, et à faire en sus ce que ne fait aucun musicien d'indus avec une guitare, à savoir solifier et leadifier - mais je n'ai que faire des astuces, car mon affaire est le résultat - et celui-ci est bon ; non plus qu'il ne m'importe de savoir quels sont les morceaux dont la réussite doit loyalement être créditée à la présence de musiciens de ce groupe qui m'assomme, du nom de Dark Funeral : non tant par paresse, d'ailleurs, que parce que l'album est une telle osmose, des talents des uns et des autres sûrement, et de ce que tant l'electro kinky que le black metal non moins kinky ont à offrir, pour un mieux-disant sataniste convenablement chargé en grandiloquente dimension rituelle.
D'ailleurs la référence suivante, qu'il me démange de citer arrivé à ce point, pour situer le niveau de ce type d'extravagance, black dans toute sa fulminance infernale tout en restant graveleusement hard rock et fier comme un braquemard, ne sera rien moins que l'Incipit Satan de Gorgoroth - tandis que pour l'extravagance dark-wave malveillante grade "ogresque", ce seront rien moins que Les Berrtas et les vieux Skinny Puppy : concernant le metal, et cet amour de la brutalité la plus fantasque... le mystère reste entier, pour qui comme bibi n'a jamais entendu une note de Kult of Azazel, dont provient le complice de Ricktor Ravensbrück ; question electro, en revanche, il semblerait qu'il y ait urgence à écouter The Electric Hellfire Club, et à pour ma part cesser des les confondre avec My Life With the Thrill Kill Kult - vu comment The Scourge se hisse carrément au niveau du 666 Nights in Hell des divins Psychopomps, et de sa décadente atmosphère de strip-club cossu dans une uchronique version steampunk bodybuildée de la Seconde Guerre Mondiale. Tout cela sans omettre de signaler que tout le disque paraît cumuler de la façon la plus compacte et focalisée possible la pesanteur de frappe dont son capables les deux genres respectivement. Ni un finale grandiosement sinistre en forme de noces de Foetus et Laibach pour la bande-son d'Urotsukidoji 6 - et d'idéale conclusion à un disque qui est parvenu tout de son long à être aussi égrillard et gaillard qu'il était suffocant et dominateur : à l'image des teintes puissantes de sa couverture, ou d'une partie de galipettes avec un masque à gaz.
Des disques de rock gothique, l'habitude d'en voir sortir de nouveaux aussi marquants que les ancêtres au troisième millénaire, ne s'était jamais perdue ; de dark electro, c'est plus rare, et encore plus des qui donnent envie de s'emballer à les voir en fondateurs de nouvelles sub-divisions flambant neuves : uro-guro-satan ? death body music ? Lâchez les molosses sur la piste de danse.

Aucun commentaire: