jeudi 3 mars 2016

Howls of Ebb : Cursus Impasse - The Pendlomic Vows


Ah que j'aime Howls of Ebb, ah que je déteste en parler... Comment faire comprendre - "enfin", vu le peu de proies appâtées, à ma connaissance, et de zélotes d'eux en général, hormis ce cher Eugène... - à quel point ce groupe est à la fois d'un abord - de moins en moins, toutefois - relativement orthodoxe, old school, limite encore dans les teintes du proto (-death ou -black, lorsqu'il ne s'agissait encore que de mutations très énervées et toxiques du thrash), et pourtant résident d'une dimension peut-être bien encore plus reculée et étrangère, que celle où se bousculent tous les aliens ostentatoires du metal occulte contemporain ? Comment rendre palpable - car avec Howls of Ebb il y a désir de palper, forcément, le tout est de savoir avec quel appendice - la démence maligne qui l'habite ? Toujours avec la même salve de noms en guise de fétiches : Weapon, Warmarch, Obliteration, Necrovation ? En ajouter encore d'autre à ce chapelet d'osselets profanés, au risque d'approfondir le toujours possible malentendu, qui fait que le monde, peut-être, s'imagine que Howls of Ebb ressemble à qui que ce soit ? Tenter une intersection de la zeuhl suprême, celle de Shub-Niggurath, avec le Mayhem d'Ordo ad Chao ? Ou bien du gluomorphe lépreux de Stargazer avec la voracité effrénée d'Abscess ? Le croisement de Deathspell Omega avec un scorpion sorti de chez Imperial Triumphant ? Trouver l'aneuclidienne trajectoire qui voyage de Mercyless aux vieux Portal à Mynox Layh ? Une sorte d'infernal sabbat deathjazz pleinement digne de trôner pile entre Aluk Todolo et Teitanblood, et pourtant d'humeur plus traîtreuse et changeante qu'aucun des deux ? Oui, Howls of Ebb est chacal à dents de sabre, et aussi anaconda ; et pourtant d'un instant à l'autre il est mante religieuse ; et frelon ; et alcaloïde violent. Et surtout, mieux qu'aucun des disques qui se sont servi chez lui pour faire reluire la devanture, Hieronymus Bosch. Oui, Howls of Ebb est de plus en plus zeuhl... et de plus en plus death metal aussi sensuel que tout en mandibules imbriquées les unes dans les autres. On n'en sort pas.

Se contenter de dire que jamais album n'avait ainsi ressemblé à l'expérience de la piqûre de quelque abominable araignée de la taille d'un gros chat et à la semblance d'une calebasse décorée de grappes de petits yeux comme des baies noires étrangement mal intentionnées, peut-être.
Peu importe que les sots et les fous, après tout, continuent de ne pas écouter Howls of Ebb ; pour moi c'est décidé, c'est l'année où ils cessent d'être ce truc qui te décoiffe les organes mais tellement chelou que tu oublies de le réécouter autant que tu le devrais. Cette année, c'est celle où on reparle de Howls of Ebb à la fin. En ruisselant de bave collante.

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