samedi 9 avril 2016

Abominor : Opus:Decay

Un groupe qui évoquera forcément Deathspell Omega - la dissonance-signature, de toute évidence, mais également beaucoup les morceaux reptiliens, tant en longueur qu'en sinuation - mais un Deathspell retourné à l'état sauvage et résolu à ne jamais retrouver la captivité d'un salon, moins intellectuel - ce qui ne veut pas dire, de toute évidence dans ce cas précis, moins intelligent : seulement qu'Abominor fait le choix, non contradictoire avec ses deux morceaux-fleuves, de couper court aux questionnements et aux vertiges philosophiques, et toujours avec un acharnement sanguinaire viser la carotide, y planter ses crocs comme des aiguilles, et s'y tenir cramponné tout le temps que la proie rue et cabre, jusqu'à ce qu'elle tombe morte, comme la belette à la gorge du lièvre - sauf qu'avec ma belette me voilà frais, pour trouver un embranchement qui m'emmène à l'Islande, et à la façon dont Opus:Decay évoque lui aussi autant le tranchant impitoyable de la glace (un petit quelque chose de l'âpreté de Jumälhämärä là-dedans) que l'appétit brûlant du volcan, bouche du centre de la Terre - et, par transitivité probablement, chez votre serviteur des images, de grands espaces sévères des confins du monde déserts et menaçants, du film tiré de Jules Verne qu'on aura reconnu (dont la pochette après tout fait une in...sinuation plutôt plausible, tout en suggérant des paysages plus fantastiques encore, où la lumière de la lune est un blanc aveuglant au point de devenir un rayon aussi abrasif que poussiéreux, arrêtez-moi que bientôt je me mets à parler de Sink) ; lui aussi assez chargé niveau taux de sauriens, tiens donc. J'aime lorsque les choses concordent de façon si confondante.

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