vendredi 8 avril 2016

H ø R D : Focus on Light

Des fois qu'on me taxerait de vieille connerie, que je conchiasse avec un systématisme rance toute new-wave ayant le malheur d'être faite de nos jours : c'est faux, voyez-vous.
Voyez H ø R D : voici des jeunes qui sont vachement bien. Il faut admettre qu'ils ne font pas les tantouzes de bon goût, indie, hipster ou que sais-je encore, à la Matthieu Amalric de The Soft Moon : voyez, un peu ? comme ils vont directement chiper, éhontément parce qu'il n'y a pas là de quoi avoir honte, les plans les plus "générique de Champs Élysées" de Leaether Strip, les lacs de synthés cosmiques les plus soyeux et glacés de Der Prager Handgriff, le laqué d'une version outrageusement goth des nuits néonisées de Miami Vice époque télévisée ? Ces jeunes-là sont de la trempe des délicieux Dead, desquels ils sont en quelque sorte le jumeau séparé à la naissance à qui l'on aurait excisé toute trace de rock et de cold wave, toute rage chercheuse de querelle, et vocalement d'ailleurs ils en sont aussi les égaux, en entièreté débridée de la sensibilité frémissante, voilà des gens dont faire du post-punk avec la juste modernité n'est pas le problème, pour qui Dave Gahan et Martin Gore ne sont pas des statues de cire mais des héros qui éternellement fendent le tissu de la nuit, et pour qui le genre d'émotions dans lesquelles on nage ici ainsi qu'on boit la mer, ne sont pas une chose à travestir en une autre plus distinguée et plus supposément raffinée. Non, la musique de H ø R D n'est pas raisonnable et par contagion elle vous draine de toute velléité de l'être, de toute envie autre que les suivre dans leur fougueux vol à travers le bleu satiné du ciel nocturne.

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