samedi 16 avril 2016

Inverloch : Distance | Collapsed

Bien étrange disque de doom-death : à la fois tellement orthodoxe, classique, dans les clous et respectueux de toutes bourgeoises conventions du style, quelque part entre Evoken et Indesinence, avec en apparence aucun des - très relatifs du reste - accès de fantasquerie de ces deux-ci - en un mot : conservateur... Et pourtant, si à côté de la route : on parle d'un disque de doom-death compact de quarante minutes, d'un disque de doom-death semblant émondé, dans ce qui est donné à entendre, de toute réelle référence fantastique, science-fictionnelle, religieuse, une forme de doom-death athée, dépouillé de foi ou de croyance en quoi que ce soit... Et le résultat en est - assez logiquement, au fond - quelque chose d'encore plus épuré dans le sentiment de solitude et d'infini qu'il transmet, un album qui charrie une limpide sensation d'abysse crue, bien plus vertigineuse que quantité de plates choses dans le style ; un album dont certains des moments de plus pétrifiante beauté frigorifique sont les accélérations death metal, la rareté de la chose mérite d'être également signalée... Indesinence, en vérité, voilà peut-être bien le nom le plus pertinent pour situer l'étrangeté d'Inverloch : Distance | Collapsed se trouverait quelque part entre l'austère brutalité du bloc cyclopéen de granit déboulé du fond du cosmos, qu'était Neptunian, et l'austère élégance aristocratique, le luxe discret des matières dont se nourrissait l'errance hautaine de Noctambulism. Deux disques comme lui d'apparences très convenues et dépourvues d'une extravagance qu'on les croirait presque réprouver - et pourtant particulièrement denses en caractère.

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