dimanche 22 mai 2016

Icarus : Kamikaze

Ne pas dire de vanne sur ce disque d'Aaron Funk, ne pas dire de vanne sur ce disque d'...
Voilà présentement un bijou de jungle à l'ancienne, une suite d'enivrants morceaux tout en planchers qui craquent, en courants d'air glacés et grisants comme une eau-de-vie raffinés, en beats hongrois qu'on dirait, non pas joués par un batteur, ça sonnerait beaucoup trop jazz, mais par une boîte-à-rythmes douée de conscience, et d'une tarabiscotée, rien qu'un brin maniaque.
Quand on voit le destin qu'a connu ce disque, et la place que "l'histoire" a ménagé à ce peigne-cul de Photek, avec ses autoroutes en papier glacé, son minimalisme pauvre, sa nipponophilie digne d'une séance zen chez Jean Reno...
Feutré, onirique, murmurant, et pourtant au rasoir et d'une sécheresse glaçante. Cousin étrange autant de Sleazy Listening, dont il est une sorte de version moins pop-nerw-wave, et de Pantheon of Fiends, qu'il traduit en haiku de ninja psychique. Surnaturel, c'est encore plus flagrant vingt ans après son achat ; déjà alors que je n'écoutais presque que de la jungle et de la techno je sentais nettement qu'une bonne partie du disque m'échappait totalement ; aujourd'hui que je n'en écoute plus que les morts d'évêque, les choses sont bien plus claires, et toutes les saveurs en explosent comme un bouquet poussiéreux et fertile, celui d'un grand disque de musique, que je ne savais pas posséder jusqu'ici. Il faut imaginer Erich Zann heureux.

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