vendredi 3 juin 2016

9 Men, 5 Bands, 03/06/16, Black Out, Montpellier

Hag : pas vu, la soirée commençait tôt (voir ci-contre). Dommage, j'avais bien-bien aimé ce qu'il avait fait au Machines à Liver, y a une paire d'années.

Pedro De La Hoya : arrivé à la fin, ne se prononce pas - mais ça avait l'air potentiellement enthousiasmant. La reprise de "The Final Countdown" au trombone faisait bien plaisir.

Binaire : la vérité ? Ils m'avaient manqué.
Pour tout vous dire : suite à un changement de politique informatique au bureau, j'ai dû voilà peu faire l'acquisition de mon premier lecteur mp3 pur. Au moment de, en sus des dossiers courants, le garnir d'un matelas d'indispensables et d'infaillibles à toujours avoir sur soi, j'y ai naturellement fourré Filth Abhors Filth et Idole (pourquoi pas Bête Noire ? je ne sais plus, fichiers introuvables sur le pc probablement) ; et du coup je les ai bientôt réécoutés - ça faisait une paye - un jour en travaillant. Quelle ne fut pas mon horreur tiède, de constater qu'ils ne mettaient apparemment plus dans un état indécent instantanément, que je commençais à avoir quelque chose comme du recul sur Binaire et un regard d'inventaire - à me dire qu'ils avaient raison tout compte fait, ceux que le groupe ne sort pas de leurs gonds, lorsqu'ils disaient que ça vire de plus en plus post-hardcore...
La vérité ? Le doute est balayé. On rentre chez soi, la fête est finie, la place de meilleur groupe du monde n'est toujours pas ouverte à candidature.
Son de guitares ultra-chimique simplement ahurissant - c'est très simple, à les entendre en particulier sur "Ground Z", t'as le zen qui brûle comme si tu venais d'aspirer un mur de ké - rythmique funky acide, boîte à rythmes dont le son de gamelle synthétique caoutchoutée paraît instantanément le seul égal de celle de Godlfesh : vieux comme nouveaux morceaux, c'est le retour du Binaire de la toute première fois - Sister Iodine + Sonic Youth + Big Black + The Horrorist sous hélium - en encore rehaussé de plusieurs crans dans la dinguerie, touche de punk indochinois compris, et les textes toujours plus chlorhydriques et fresh à la fois...Que voulez-vous y faire ? Binaire en concert, y a juste rien d'autre, tu peux pas test, tu t'accroches à tes chaussettes.
Ah les petits bâtards.

Seb and the Rhâââ Dicks : one-man-band du genre qui te fait autant - et dans le même temps la plupart du temps - rire que serrer les mâchoires pour ravaler une discrète boule dans la gorge, vous voyez le genre, et il ne se décrit pas. Mention milles bravos à la chanson sur les revivals - "Je suis excité par le futur... et tu es mon futur", avec la voix du vieux rocker cinquantenaire-Gauloises abonné aux tournées sur toute la Saône-et-Loire.

Ayatollah : dur, aux premières notes qu'ils jouent - et barrissent - après tant de musique caustique et décontractée de sa propre violence, de croire qu'on va réussir à se laisser immerger par une musique paraissant aussi frontalement et belliqueusement s'inscrire dans la longue file des groupes fils de Neurosis voire d'Overmars ; on a peur, très peur...
Sauf que, cela ne semble pas dû seulement au fait qu'ils ne soient que trois sur scène, il s'entend - se percute - ici une radicalité qui finalement ne renvoie qu'à Neurosis seuls, dans cette catégorie-là, où ces derniers sont, eh bien, le seul groupe de hardcore ; et Ayatollah renvoie en dehors de cela et malgré des tempos et des dynamiques majoritairement (quelques jouissives accélérations au simplisme punk, juste çà et là ce qu'il faut) apparentées à l'apo-core susdit, surtout au noise-rock le plus acide et obsessionnel - et à Arkangel.
Arkangel meets Under the Sun (et Godflesh le temps d'un morceau assez ébouriffant), a-t-on envie de dire rien que pour, flagrante sur la longue et délétère première partie du morceau d'ouverture, cette singulière humeur aussi ulcérée que harassée, rincée jusqu'au linéaire mais impeccable d'intensité décapante, qui se tisse entre les riffs de Scotch où l'on reconnaît un peu du bruitisme effronté de Binaire, la batterie qui équarrit largement à la hauteur des attentes - on en réhabiliterait presque l'infâme "comme si sa vie en dépendait" - et la voix, donc, qui fait scintiller des liens entre Baldur et Nicolas Dick.
On a toujours peur - de ce que ça va pouvoir donner tout seul en face de la cassette, cette fois - mais on restera ahuri par le phénomène.

On rentre, toujours un peu triste, tôt et hâtivement parce qu'on avait un train à essayer de prendre - et pourtant un gros sourire agrafé quelque part.


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