mercredi 1 juin 2016

Nuisible : Inter Feces et Urinam Nascimur

Between Shit and Piss We are Born : avouez que, sans rien vouloir dénier à la capacité de percussion de la formule (et en mettant de côté le détail que personnellement, j'aurais mis "Urinamque"), ça prend de suite une autre dimension en latin, pas vrai ? Une, surtout, de machin qu'on ne sait pas d'emblée, quel soulagement rare, où situer, death gorish, black dévot, devise médiévale reprise à son compte par un club de hools ?
Parfait donc pour Nuisible qui ne sont : ni trop admirateurs de Kickback comme on le craint à lecture de leur nom, ni énièmes idiots qui n'ont rien compris au plus succulent dans Entombed, comme on le craint pour chaque groupe - sont-ils légion... - qui s'en réclame, ou même se contente de lancer quelques uns de ces riffs si reconnaissables de paternité - et que l'on peut certes entendre fureter de leur gros groin, dans le présent mini-album.
Non, Nuisible ne se laissent mettre à la niche nulle part, montrant, d'Entombed, le respect qui se doit pour les riffs en tuyaux d'échappement noircis de glaires d'orc, mais aussi la juste appréciation des ambiances desperado du cercle polaire, tirant à la limite du Death Breath - lesquelles ambiances, justement, se marient à merveille à leurs propres pulsions black metal à l'ancienne, punkish au point d'en confiner à du Disfear, à bien y regarder... En fait c'est simple, Nuisible ne s'interdit rien, Nuisible n'a pas de limites, c'est même à ça qu'on le reconnaît : solos stellaires (merde, les mecs ! on dirait Mourning Mist...), sifflées, gruiks brutal death, prises d'appel thrashies calibre All Out War, larsens sludge de toute beauté : tout est pitance à leur punk (eh oui, que voulez-vous : encore ! mais c'est que le hardcore dernièrement est devenu une chose tellement guindée, crispée sur son devoir de toujours plus extrême terreur inouïe dans l'histoire de l'humanité bientôt décimée...) metal de la mort, à tel point qu'on n'est guère loin de leur décerner, en maint virage négocié sur la corde, le prestigieux label "glouton" - mustélidé dont le nom anglophone, puisqu'aujourd'hui c'est un peu cours de langues, est... hé, attendez !
C'est simple - ce mot revient, ce ne saurait être fruit du hasard - il y en a tellement ici pour se régaler, qu'on n'a pas même le temps de regretter de ne faire que lointainement reconnaître - la férocité préhistorique, peut-être ? - au palais les saveurs Carnivore annoncées ; tellement de choses... et tout leur ballet grimaçant seulement gouverné par les lois naturistes de l'appétit et du plaisir, pareil à celui d'avec les copains trouver en temps de peste un rat dodu à se partager, bien juteux à déchirer. Comme qui dirait une version qui sourit à belles dents d'Early Graves, débonnaire comme un glaviot de L.G. Petrov, brillante comme un schlass soudain qui jaillit des profondeurs d'un lourd paletot de fourrure crasseuse.
Du Kickback - s'il en faut absolument, et je vous concède avec plaisir que çà et là, on meurt envie d'en placer, tant Nuisible en démontre le même coupable amour de la connarderie et du vieux deathcore - en plus égoïste qui, avant de penser à ruiner les autres et le spectacle, pense avant tout à sa gueule et à se la bourrer : après, on verra pour éventuellement mettre une raclée à ceux qui la demanderont gentiment; d'abord on assume son goût pour les blagues, Transilvanian Hunger, et toutes choses relatives à la régalade.
Avouez, tout de même, les choses sont bien faites : "frais" est justement une qualité majeure à la fois pour le punk et pour le black metal.

1 commentaire:

Ikea a dit…

Early Graves, tout à fait.