mardi 5 juillet 2016

Godlesstate : Godlesstate

Pour faire directement dans le sensationnalisme : un terrain de dialogue entre Memorandum, 69dB, et les musiques venues de pays plus ordinairement associés au terme de "brousse". D'ailleurs, en passant, est-on si éloigné des disques de Cut Hands - l'intention franche de nuire mise à part ?
Patrick nous donne la suite de ses pérégrinations dans les brousses de l'imaginaire, donc, et de Headless/Let the Moon Speak. en terres cette fois quelque peu plus obscures.
L'impression d'être de nouveau dans les années 90, lorsqu'on découvrait Mercantan, Inanna, Memorandum, Deutsch Nepal, lorsque ce qu'on se mit ensuite à appeler les groupes Cold Meat Industry, en levant un peu les yeux au ciel pour partager une complicité un peu embarrassée, ne désignait encore qu'une grosse dizaine de disques tous uniques en leurs genres respectifs, et aussi les Hybryds, Orphx et Sigillum S... Ou presque, puisque rien ici ne sonne comme une répétition du passé mais bien, ainsi qu'accoutumé avec Pat O'Kill, comme un présent vivace, bien aiguisé, haletant, et puis aussi que depuis longtemps Monsieur suit sa propre voie, tissée d'essences assez peu usitées à Linköping, et que son mystérieux indus-rituel (il n'y a qu'à intervertir quelques lettres, après tout, et comme au bon vieux temps industriel et occultisme marchent main dans la main vers l'autel d'ossements) à lui se confond sans jamais aucune couture visible ni surimpression, avec la plus fine et aventureuse ambient-techno - on en chercherait presque des figures de style où placer l'Atlantide et des formes de technologies païennes avancées, ou un truc du genre, si ce n'était légèrement ringard et donc du dernier hors-sujet concernant un disque de Leagas.
Quelque part entre d'autres maîtres qui ont pour nom Dirk Ivens, Bryn Jones, Mikael Stavöstrand, Peter Andersson et Peter Andersson, Patrick Leagas est tout simplement un grand sculpteur sur bruit.

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