lundi 25 juillet 2016

Mizery : Absolute Light

Chacun voit midi à la porte de sa propre culture : certains vous diront Leeway, d'autres Cro-Mags, d'autres encore Killing Time ; et moi avec ma crasse ignorance je voudrai vous faire entendre ici expansé à bloc le peu que je trouve de bien dans les vieux Biohazard (même si, du peu que je connais de Killing Time, j'irai sûrement pas dire le contraire).
La vérité - ouais moi j'la connais, comme disait Charles - c'est que Mizery jouent du thrash post-nuke, comme Power Trip, sauf que leur badlands à eux se situent notablement plus au Nord, via cette façon de sonorité tellement froide et tellement ferrugineuse qu'elle en dépasse le simple gimmick pour faire "nineties à donf", et se hisse même à la hauteur des meilleurs machins qui se foutaient de la limite avec l'industriel, pendant précisément lesdites années (sérieusement, si le riff du début de "The Hard Goodbye" est pas pile à l'endroit de la SF où thrash et indus ne sont qu'une seule et même acide chose ?) : on frise la thrash-cold par endroits, dans un savoureux entre-deux entre Godflesh et le Therapy? de Judgement Night, ou entre Kill'em All (en v'là un autre, tiens, de disque des badlands post-nucléaires), les vieux Amebix et le premier Faith No More. Froid est le maître-mot ici, tu peux le dire mon cochon. D'ailleurs les vingt-six minutes de l'album paraissent longues, pour peu qu'on le suive un peu de loin - et il s'y prête - tellement chaque note en paraît congelée, dévitalisée par une forme de gangrène ferrugineuse, paumée dans la réverb, désespérée, dissoute dans la limaille geordienne (quoi ? fais pas l'étonné je t'ai prévenu, j'ai dit FNM et j'ai dit Godflesh) des guitares... quasiment du hardcore d'ambiance, t'as tout compris, immersif comme un petit film ; où tout même l'aboiement des molosses a le goût de l'aluminium et la couleur du béton noir de pollution tout pissé de pluie sans fin. Le pied.

Du coup le disque répond à cette grande question, qui j'en suis sûr te taraude la nuit : qu'est-ce que j'aime dans Biohazard ? Le Killing Joke qui s'ignore. War dance, ma gueule.

6 commentaires:

Little-Axe a dit…

Sans hésiter, le premier nom qui me vient c'est Killing time. Pour la voix bien sûr, les breaks thrash ensuite, et ces riffs presque joyeux enfin. En tout cas, j'adore. Biohazard ? ouais, pourquoi pas. Mais le premier alors. Et un peu de Maximum penalty aussi, nan ?

gulo gulo a dit…

Maximum Penalty connais pas, joyeux je sais pas où tu vois ça - ou alors joyeux comme un sourire carnassier de Jaz Coleman. Et Biohazard, les vieux bien sûr, avec leur décor tout en tôle pas peinte.

gulo gulo a dit…

En fait je crois que c'est aussi que le rap - le flow et le timbre râpeux - sur "Mizery" me fait fortement penser à la collab' Biohazard/Onyx, toujours sur Judgement Night ;)

Little-Axe a dit…

Gros soupçon de Crown of thornz aussi, avec le recul. En tout cas je kiffe. Mais je réitère pour le côté joyeux (bon après, la joie de manière générale je suis pas un spécialiste, mes repères sont peut-être faussés).

gulo gulo a dit…

Oui, Crown of Thornz le nom était également cité dans la chronique qui m'a aiguillé sur le bousin, sur Thrashocore, par un gars avec qui tu partages du reste un certain nombre de choses : l'amour du death et du hardcore en parts égales, la paternité récente... mais pas le straight edge, en revanche - j'ai jamais compris, ça, quand on aime le death metal.

Little-Axe a dit…

Ah si, il y a une forme de discipline assez martiale qui confine à la vie monastique. c'est pas si étonnant à bien y regarder.