samedi 6 août 2016

Den of Apparition : Uncanny Din

Den of Apparition se montre maître à ouvrager une linéarité dont sont capables bien peu de métalleux, frappés fatalement qu'ils sont de complexe du musicien, doté d'un instrument et incapable de rester quelques secondes sans le tripoter un peu partout pour jouir de la sensation de construire, de composer ou que sais-je encore ; il y a, de toute évidence, du Godflesh chez Den of Apparition - déjà, ce n'est pas ce qu'il y a de plus metal et de caractéristique du complexe que je viens de dire, surtout qu'on parle, plus précisément, presque exclusivement de ce beat typique d'une intro de morceau sur Streetcleaner, celui qui ressemble au halètement ou au pouls impossiblement haché et dératé d'un cauchemar, qui bat comme un tambour de guerre, et à la rigueur quelques unes des filandres de dissonances vagissantes ou glapissantes qui çà et là le traversent comme des spectres malades - et aussi assez probablement du Impetuous Ritual, ou du Antediluvian ; mais il y a surtout beaucoup de Cold Meat, du Mental Destruction, du Archon Satani et du MZ.412, bref du death industrial - voire carrément de l'ambient rituel dans le goût de Cranioclast - qui sait s'étaler comme le mercure, et marteler inlassablement au même endroit, aussi longtemps qu'il y faut pour obtenir l'effet souhaité - la soumission et la dissolution, et certainement pas de composer, croyez moi.
Il s'entend également ici, par-dessus, par-dessous - partout - l'indécent feulement de la bête, un souffle frigorifique plus long et vaste évoquant Mortal Constraint, ce qui dira bien assez combien, si ce n'est pas une découverte (on a bien cité les auteurs de Through the Cervix of Hawwah), du moins c'est un saisissement d'entendre comment d'aucuns peuvent pratiquer le metal comme on fait l'ambient du meilleur tonneau - celui qui s'avère, en dépit des idées reçues sur l'appellation, bien plus mouvementé et périlleux que bien des musiques plus structurées, articulées, que sais-je encore : une course effrénée pour son intégrité mentale à travers les corridors de la plus abjecte panique glacée peut se révéler tellement plus nourrissante pour l'esprit...
Le fait que ceci n'ait pour l'heure qu'une existence digital freine mécaniquement l'enthousiasme ; et pourtant on se retient avec peine qu'on retrouve ici ce qu'on a plus ressenti aussi franchement avec Blut aus Nord depuis pas mal de temps, le réalise-t-on brusquement, ceci dit sans rien enlever au fort capital sympathie de leurs derniers disques : c'est assez dire du potentiel suggéré ici, sur le registre "plongée brusque dans l'outre-monde".

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